Archive la catégorie ‘Cinéma’

Brian Selznick (Hugo Cabret) : « Martin Scorsese ? Un gamin dans un magasin de bonbons ! »

Auteur de « L’invention de Hugo Cabret » (éd. Bayard), Brian Selznick voit son oeuvre adaptée à l’écran par… Martin scorsese ! Rencontre avec un écrivain comblé.

Par Joséphine Lebard/Pèlerin

Qu’avez-vous pensé quand vous avez su que Scorsese allait porter votre livre à l’écran ? Un réalisateur comme Spielberg ne semblait-il pas plus légitime pour se glisser dans un univers enfantin ?

En disant cela, vous oubliez une chose. Martin Scorsese a toujours, dans sa filmographie, privilégié l’expérimentation. Il se renouvelle constamment ! Par exemple, après « Taxi Driver », film plutôt noir et violent, il enchaîne avec « New York, New York » qui est une comédie musicale.

Sincèrement, je n’aurais jamais pensé à lui pour porter mon livre à l’écran. Mais quand je l’ai su, je me suis dit « Mais bien sûr ! Cela ne peut être personne d’autre ! » Vous auriez du le voir, en train de manier la 3D. On aurait dit un gamin dans un magasin de bonbons !

D’où vient votre engouement pour Georges Méliès, un des personnages principaux de votre livre ?

Très jeune, j’ai vu « Le voyage dans la lune » dont je suis tombé instantanément amoureux. Pendant des années, j’ai eu envie d’écrire un livre sur Méliès sans bien savoir comment m’y attaquer.

Un jour, j’ai lu qu’alors que son studio périclitait, il avait détruit non seulement des films mais aussi des automates qu’il avait conçus. J’ai alors eu l’image d’un jeune garçon trouvant l’un de ces automates au milieu des ordures.

C’est l’acte de naissance de « L’invention de Hugo Cabret ». Mais pour en revenir à mon amour pour Méliès, j’aimerais vous confier une anecdote. En 2005, je me rends sur sa tombe, au Père-Lachaise, et j’y dépose un dessin reprenant une scène du « Voyage dans la lune ».

Dessus j’avais écrit : « A Georges Méliès, de la part d’un fan ». Il y a quelques jours, au salon du Livre de la jeunesse de Montreuil, je raconte cette histoire. A la fin de ma conférence, une dame vient me voir et me dit qu’elle a ce dessin. Il s’agit de Marie-Hélène, l’arrière-petite-fille de Méliès à qui cet hommage avait beaucoup plus, qui l’a repassé au carbone et encadré chez elle !

Dans votre livre, vous proposez un regard sur le Paris de 1931. Comment avez-vous travaillé pour reconstituer la capitale au début du siècle ?

J’ai fait plusieurs voyages ! Le premier, je me suis contenté de regarder autour de moi, de m’imprégner. Lors de ma deuxième venue, j’ai fait des photos d’endroits spécifiques, capitaux dans le déroulé de l’action. Par exemple, la gare où habite Hugo Cabret emprunte aussi bien à la gare du Nord qu’à la gare de l’Est.

En revanche, les horloges sont celles de la gare d’Orsay. J’ai aussi regardé beaucoup de films français. Notamment ceux de Jean Vigo comme « L’Atalante » ou « Zéro de Conduite ». J’ai aussi visionné les œuvres de René Clair. En fait, j’ai conçu mon livre comme un film.

J’ai commencé en écrivant le texte. Et, à chaque fois qu’il y avait de l’action, j’ai choisi de remplacer les mots par des dessins. Seuls les pensées et le cheminement intellectuel des personnages demeuraient à l’écrit. Je suis ainsi passé d’un texte de 100 pages à un livre de 530 pages ! Heureusement, mon éditeur m’a suivi !

Enfant, quels sont les livres et les films qui vous ont nourri ?

Le livre, c’est indéniablement la série des « Chapardeurs » de Mary Norton. Il s’agit d’une famille de très petits êtres qui habitent les maisons des humains. Plus jeune, je leur bâtissais des lits en espérant qu’ils viendraient s’installer chez moi.

Côté cinéma, j’avoue un faible pour le magicien d’Oz, produit par le cousin de mon grand-père, David O’ Selznick. Petit, je trouvais ça absolument génial de voir mon nom au générique des films !

Inteview vidéo de Brian Selznick.

A l’occasion de la Comédie du Livre de Montpellier en mai 2010, Emile (11 ans) a rencontré Brian Selznick et réalisé avec lui en anglais une interview sur les conditions d’écriture du roman et ses liens avec le projet d’adaptation cinématographique par Martin Scorsese.

La vidéo a été réalisée par Sabine Ternon dans le cadre de l’association Neosphere, association d’éducation par l’image regroupant une quinzaine de jeunes de 10 à 18 ans autour de projets de rencontres-interviews, reportages pour web télés et réalisation de courts-métrages

Source : Bayard éditions.


interview-brian-selznick par Bayard_Editions

Nadine Labaki : « Mon film rend hommage au courage des Libanaises »

Ceux qui ont vu son film « Caramel », sorti en 2007, connaissent le visage de Nadine Labaki. Elle y jouait en effet le rôle de la patronne du salon de beauté « Si Belle », où des femmes de Beyrouth venaient partager leur joies et leurs angoisses.

Dans « Et maintenant on va où ?», la réalisatrice et actrice campe la tenancière de l’unique bistrot d’un village, dont les femmes, chrétiennes et musulmanes, tentent coûte que coûte de freiner les ardeurs belliqueuses de leurs maris.

Drôle et tendre, cette comédie, qui s’est taillé un joli succès au dernier festival de Cannes, transcende magnifiquement un sujet grave, dont l’actualité au Moyen-Orient résonne sans cesse.

Au début de l’été, Nadine Labaki, qui vit au Liban, était à Paris pour défendre son long métrage. Nous l’avons rencontrée.

Par Philippe Royer/Pèlerin

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Michel Ocelot : « J’use de mon pouvoir magique pour faire du bien aux enfants »

Le « papa » de Kirikou revient au cinéma d’animation le 20 juillet avec un nouveau film, « Les contes de la nuit », réalisé à la manière de son charmant « Princes et princesses ». Un joli théâtre d’ombres qui bénéficie des progrès de la 3D.

Pèlerin : Vous aimez vous définir comme un sorcier. Qu’entendez-vous par là ?
Michel Ocelot : J’ai un pouvoir magique, celui de transformer une page blanche en histoire. Tout petit, déjà, j’adorais dessiner. Très jeune, déjà, j’avais créé mon propre théâtre de marionnettes. Vers 12 ou 13 ans, je fabriquais aussi des dessins animés, que mon père projetait avec son appareil à diapositives. J’use de mon pouvoir magique pour faire du bien aux enfants et aux adultes et, je ne m’en cache pas, pour leur transmettre des messages.

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Roschdy Zem : « Omar Raddad n’espère qu’une chose : la vérité »

« Omar m’a tuer » : cette phrase reste à jamais associée à l’un des faits divers les plus marquants des années 1990. Roschdy Zem en a fait le titre de son film qui transpose l’affaire au grand écran. En salles le 22 juin.

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Festival de Cannes 2011 : un palmarès en Or

Une fois n’est pas coutume, le jury, présidé par l’acteur Robert de Niro, a bien fait son travail, si l’on ose dire, en récompensant des œuvres incontestables que le public aura plaisir à découvrir.

Comme attendu … et souhaité, « L’arbre de vie »,  de Terrence Malick, a décroché la Palme d’Or. C’est une chance et une rareté pour la récompense suprême : le public a pu commencer à en goûter la splendeur avant la fin du Festival, l’œuvre étant sortie mercredi dernier. Seul regret, que le réalisateur ne soit pas venu chercher lui-même sa Palme, alimentant cette légende, un peu lassante, du génie invisible …

Pour le reste du palmarès, le jury n’avait que l’embarras du choix, ce que Robert de Niro a indiqué d’entrée, en début de cérémonie. Ce cru 2011 a été en effet assez exceptionnel, reflétant le regain d’inspiration du 7eme art. Avec des films « de cinéma », pleins de sensibilités et de parti pris esthétiques. Dans des genres les plus variés, quoique la forme du conte prenne le pas sur cette veine hyper-réaliste qui a longtemps fait florès. En un sens, c’est tant mieux.

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Pronostics

A quelques heures du palmarès, dévoilé aujourd’hui à partir de 19h15,  en direct et en clair sur Canal+, je me risque à vous livrer mes pronostics. En toute subjectivité.

Palme d’or :
« L’arbre de vie », de l’Américain Terrence Malick.
Pour sa dimension métaphysique et la splendeur de sa réalisation.

Grand prix :
« Le Havre », du Finlandais Aki Kaurismäki.
Pour son originalité et sa grande humanité.

Prix du jury :
« Habemus Papam », de l’Italien Nanni Moretti.
Un regard étonnant et bienveillant sur l’élection d’un pape.

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Le Prix du Jury oecuménique

« This must be the place », de l’Italien Paolo Sorrentino s’est vu décerner le Prix du jury œcuménique. Un choix plus inattendu que ne l’aurait été la fresque de Terrence Malick, « L’arbre de vie », ou « Habemus Papam », de Nanni Moretti, mais pour un film d’une qualité et d’une originalité incontestables.

Le jury l’a justifié ainsi :

« A travers Cheyenne, rockstar déchue et douloureuse, Paolo Sorrentino donne à suivre le voyage intérieur et l’odyssée d’un homme à la recherche de ses racines juives, de la maturité, de la réconciliation et de l’espérance. Drame classique d’une grande richesse et d’une esthétique recherchée, le film ouvre avec grâce des pistes de réflexion graves ».

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Dernière ligne droite

Le Festival touche à sa fin. Aujourd’hui, samedi, les premiers prix vont commencer à tomber (avant le palmarès final, demain soir). Et il y en a des prix ! Presse internationale, France-Cultures, Société des auteurs compositeurs et dramaturges, Prix de la Cinéfondation.  Prix de ceci et prix de cela, sous l’étendard de telle ou telle marque… Et prix du Jury œcuménique, cet après-midi, dont nous vous informerons.

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La Conquête : Podalydès président !

Un président français en exercice incarné au cinéma ! C’est une première. Depuis le 18 mai sur la Croisette et dans les salles, «La conquête» de Xavier Durringer met en scène la marche de Nicolas Sarkozy vers l’Elysée. Sous les traits de Denis Podalydès (à gauche sur la photo).

« Même si quantité de séquences sont tirées de la réalité, j’ai incarné un Nicolas Sarkozy de fiction, à partir d’un scénario. » L’acteur Denis Podalydès tient d’entrée à faire le distinguo. Il n’empêche, le mimétisme est stupéfiant. Podalydès restitue à la perfection le phrasé et les gestes du président de la République.

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Impressions, en vrac

C’est le même constat chaque année. A passer de projection en projection, le temps et les films filent plus vite que le blog Pèlerin ne se remplit.

Voici donc, en guise de modeste rattrapage, quelques considérations sur les œuvres dont vous avez sans doute déjà entendu parler, à la télévision ou à la radio, mais sans savoir ce que votre serviteur en pense.

Gros coup de cœur pour « The artist » (en compétition), de Michel Hazanavicius, l’auteur des deux aventures de « OSS 117 ». Prince du pastiche, le cinéaste réussit là le tour de force de réaliser un film muet, en noir et blanc, tel qu’on les tournait avant l’arrivée du parlant, au tout début des années 1930. C’est ce que raconte ce long métrage, absolument délicieux : la ruine et le déchéance d’une star du muet, que les studios, avides de nouveaux visages et de voix, abandonnent au bord de la route. Les acteurs Jean Dujardin et Bérénice Bejo y sont grandioses. Sortie annoncée pour le 19 octobre.

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Silence ! On médite …

Un « Festival de silence » à Cannes … Il fallait oser, en regard du festival de cinéma, l’événement le plus médiatisé au monde après les Jeux Olympiques, et partant le plus bruyant ! C ‘est un réalisateur de documentaires religieux, Yvon Bertorello, qui en a eu l’idée il y a trois ans. Mais elle se concrétise seulement cette année.

Sous une double forme : une exposition sur le symbole de la palme, réservé jadis des martyrs chrétiens, à l’intérieur de l’église Notre-Dame du voyage, sise en face du Palais des festivals. Elle est ouverte jusqu’au 30 mai.

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Un Arbre foisonnant

Vrai moment de cinéma, ce matin, avec « The Tree of life » ( « L’arbre de vie »), présenté en compétition. Son auteur, l’Américain Terrence Malick a composé un bluffant poème visuel, liant la destinée d’un être humain … et la marche de l’univers. Pas moins !

Le récit, chaotique dans la première demi-heure, comme la création de la Terre à laquelle l’œuvre se réfère abondamment, se précise au fil de la réalisation.

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« Le cinéma est indispensable pour connaître le monde d’aujourd’hui »

Cette année, le Jury du prix œcuménique, 37e du nom, est composé de six membres, protestants et catholiques, venus d’Argentine, de Suisse, de Suède, d’Italie et de France. Tous assistent aux projections des films en compétition, avant de remettre leur prix, l’un des premiers décernés, le samedi 21 mai.

En 2010, le Jury l’a attribué au film Des hommes et des dieux , de Xavier Beauvois. Les années précédentes, à Looking for Eric, de Ken Loach, Babel, de Alejandro Inarritu, ou à Caché, de Michael Haneke.

(Photo six membres du jury œcuménique de gauche à droite : Françoise Lods, Daniel Grivel, Christiane Hofmann, Martin Ernesto Bernal Alonso, Gianluca Arnone, Mikaël Mogren)

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Eloge de la fraternité

Moment de bonheur, hier, à la projection des « Neiges du Kilimandjaro ». Le nouveau film de Robert Guédiguian était présenté dans la section officielle « Un certain regard ».

C’est un « Marius et Jeannette », deux décennies après l’original, qui avait sorti le réalisateur marseillais, ancien compagnon de route du Parti communiste, de la confidentialité et du cinéma purement militant.

 

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Jeanne d’Arc, les pirates et le Talmud


Jeanne captive – Prochainement au cinéma

Pour ce samedi soir, le Festival de Cannes a semé la « fièvre ». Les badauds vont se bousculer au pied des marches pour assister à leur montée par deux des acteurs les plus glamour de cette édition : Johnny Depp et Penelope Cruz !

Ce matin, la presse a pu se régaler du quatrième volet des aventures (en 3D) de « Pirates de Caraïbes », « La fontaine de jouvence », présenté hors compétition, avant sa sortie en salles mercredi prochain, le 18 mai. La formule parvient à peu près à se renouveler. De diaboliques sirènes ont remplacé les armées de squelettes des précédents épisodes. Mais les morceaux de bravoure, souvent drôles, ne gomment pas la relative faiblesse des transitions, et une impression de déjà-vu. Dont un emprunt criant à « La ruée vers l’or », de Chaplin : l’épisode de la maison en équilibre au bord d’une falaise.

Avant et après le samedi soir, Cannes, c’est tout autre chose. Hier, Jeanne d’Arc a hanté la salle de la Quinzaine des réalisateurs. Dans « Jeanne Captive », Philippe Ramos revient sur les derniers mois de la Pucelle. De sa captivité dans le château de Jean de Luxembourg, qui la livre au Anglais, jusqu’au lendemain de sa mort sur le bûcher.

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« Habemus Papam », un grand film !

Nanni Moretti et Michel Piccoli à Cannes © AFP/François Guillot

« Un pape double : d’angoisse et de bonheur de croire en Dieu ». Ainsi, Michel Piccoli a t-il résumé, vendredi matin, le personnage qu’il interprète dans le film « Habemus Papam ,», présenté ce jour en compétition.

Le talent que l’acteur y  déploie, tout de sobriété et de grâce, mérite effectivement une place dans le palmarès final, comme l’espère aussi Maurizio Turrioni, critique cinéma à « Famiglia cristiana »

L’œuvre de Nanni Moretti a été applaudie, à l’issue de la projection réservée à la presse, en début de matinée. Pour qui connaît les usages cannois, les mines ravies de la plupart des journalistes qui en sortaient, et la qualité des échanges ensuite entre une salle comble, le cinéaste et  son équipe, en disait déjà long sur la bonne réception d’ « Habemus Papam ».

Générosité, tendresse… Nanni Moretti offre, dans ce film, un regard bienveillant sur le Vatican. Bienveillant et plein d’humour. Ainsi, le cinéaste n’hésite pas à  transformer une cour intérieure en terrain de volley-ball, où les cardinaux disputent une compétition « inter continents », en attendant que le nouveau pape, élu à l’issue de leur conclave, sorte de son mutisme et se décide à endosser la charge. C’est iconoclaste, mais sans méchanceté.

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Un prix pour Michel Piccoli ?

Sujet audacieux que celui d’un pape tout juste élu et frappé par le doute.Va-t-il se présenter aux fidèles place Saint-Pierre ? En sélection officielle, le nouveau film du cinéaste italien Nanni Moretti, Habemus Papam, a divisé la communauté catholique, lors de sa sortie italienne, le 15 avril.

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Cannes, c’est parti !

« Je déclare ouvert le 64e Festival de Cannes… »

Mercredi 11 mai au soir, l’actrice Mélanie Laurent donnera le clap, avant la projection hors compétition de Midnight in Paris, le dernier opus de Woody Allen, d’ores et déjà dans les salles avec une certaine Carla Bruni…

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Au cinéma, avec les familles des moines de Tibhirine

La consigne était stricte : je ne devais pas chercher à interviewer les familles des moines. Cette séance parisienne leur était réservée, quatre mois avant la sortie en salles du film « Des hommes et des Dieux ».

Je m’assois donc incognito dans la salle, au milieu du public. Des hommes, des femmes de toutes générations. Le réalisateur Xavier Beauvois, accompagné du scénariste Etienne Comar, et de plusieurs comédiens du film, propose de se retrouver après la projection.

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Cannes XIX : Un palmarès équilibré, mais une bien étrange Palme d’or

Le réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul a reçu la Palme d’Or pour son film

Étrange idée que d’avoir décerné la Palme d’or à Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Le moins que l’on puisse dire est que Tim Burton, le président du jury, si tant est que sa voix ait porté sur ce film, aime les grands écarts.

Car rien qui soit plus aux antipodes de son cinéma, que cette histoire d’un homme, au seuil de la mort, retrouvant les fantômes de sa vie passée (son fils, sa femme …).

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Cannes XVIII : nos coups de cœur

Déjà couronné du Prix oecuménique ( voir note précédente), Des hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, semble bien parti pour recevoir la récompense suprême. A Pèlerin, nous lui avons déjà décerné la « Palme du cœur ». Et si, pour une fois, le jury, la presse, et la « rumeur » cannoise se rejoignaient ? L’esprit de Thibirine va t-il souffler sur la Croisette ?

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Cannes XVII : Prix du Jury oecuménique : « Des Hommes et des Dieux »

Le prix du Jury oecuménique 2010 vient d’être décerné au film français « Des Hommes et des Dieux » de Xavier Beauvois.

Un film que Pèlerin a choisi de mettre en « Une » dès l’ouverture du festival de Cannes, le 12 mai dernier.

Le jury présidé par Michèle Debidour (voir notre interview dans notre blog Cannes VI ) a justifié son choix ainsi :

« D’une grande beauté plastique, servi par une interprétation collective remarquable et rythmé par l’alternance des travaux et de la liturgie, ce film dépeint le sacrifice des moines de Tibhirine (Algérie 1996), choisissant de poursuivre leur œuvre de paix malgré la violence déchaînée.
La profonde humanité des moines, leur respect pour l’Islam et leur générosité pour leurs voisins villageois motivent notre choix ».

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Cannes XVI : L’Irak s’invite au festival

Extrait de Fair Games de Doug Liman

L’un est Américain, l’autre est Anglais. Tout deux parlent de l’Irak : Doug Liman, avec Fair Games, et l’inusable Ken Loach, dont le militantisme, à travers le cinéma, semble ne jamais devoir faiblir.

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Cannes XV : Hors-la-loi, sous haute surveillance

Le Palais des Festivals était sous haute surveillance, ce matin, pour la première projection, réservée à la presse, de Hors-la-loi, réalisé par Rachid Bouchareb, et présenté en compétition sous bannière algérienne.

Dans le même temps, plusieurs dizaines de manifestants (anciens d’Afrique du Nord, élus, pieds-noirs …) se sont rassemblées devant le monument aux morts, en face la mairie de Cannes, pour y déposer une gerbe à la mémoire, entre autres, des Français d’Algérie de Sétif, tuées par des autochtones, après qu’une manifestation de nationalistes ait mal tourné, le 8 mai 1945.

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Cannes XIV : Le retour de Pierre Etaix

Le cinéaste Pierre Etaix, le 28 novembre 2008 à Paris. AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Qui l’aurait cru ? Pierre Etaix est l’une des vedettes de Cannes depuis hier. Le réalisateur est là pour annoncer une heureuse nouvelle : la sortie en salles, le 7 juillet, de l’intégralité de son œuvre. Huit films (dont Le soupirant, Yoyo, Tant qu’on a la santé, Le grand amour, et Pays de cocagne) restés invisibles depuis plus de vingt ans, en raison d’un imbroglio juridique qui gelait les droits de Pierre Etaix à disposer de son travail.

C’est un soulagement pour le cinéaste, qui a du, pendant des années,  se battre seul, mais avec le soutien moral du monde du cinéma  – dont celui de la critique, qui ne l’a jamais oublié. Avant que deux fondations (Technicolor et Groupama Gan) ne lui proposent leur aide, décisive. Celles-ci ont aussi pris à leur charge la restauration des films, dont les négatifs s’étaient dégradés.

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Cannes XIII : Business sur la croisette

Cannes est le lieu par excellence où sont finalisés et annoncés les projets de films. Les gazettes professionnelles, publiées chaque jour, en font un large écho.

L’exercice a ses légendes tenaces, qui veut par exemple que Jean-Luc Godard y ait signé un contrat pour la réalisation d’un Roi Lear, avec les frères Weinstein, deux redoutables businessmen américains, sur un coin de nappe dans un restaurant (le film existe, mais il n’est jamais sorti !).

Cannes a aussi ses annonces megalo, où les limites n’existent plus.

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Cannes XII : en guise de bouquet

Les projections se succèdent à toute allure, à tel point que je ne trouve pas le temps de vous détailler ce que je vois, film après film. Voici donc un résumé des dernières 24 heures.

Copie conforme, d’Abbas Kiarostami – Le film, en compétition, sort aujourd’hui en salles- :  c’est le premier long métrage que le cinéaste iranien (Le goût de la cerise, Palme d’or 1997, ; Le vent nous emportera, grand prix du jury à la Mostra de Venise, en 1999 …) tourne en dehors de son pays. Mais il reste en terrain connu. Car dans cette histoire de rencontre, en Toscane, entre un écrivain anglais (le baryton William Shimel, dont c’est le premier rôle au cinéma) et une antiquaire française (Juliette Binoche), on retrouve les dispositifs habituels du cinéaste : de longues déambulations en voiture, où l’on peut longuement discuter.

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Cannes XI : les moines de Tibhirine à l’écran

►A lire :  « Des hommes et des dieux », un film touché par la grâce »

Les dernières images du film « Des hommes et des dieux », qui sortira le 8 septembre 2010, nous laissent juste avant que l’horreur ne commence véritablement, fin mai 1996 : une file indienne de sept moines du monastère de Tibhirine, en Algérie, avec leurs geôliers djihadistes, disparaît sous des frondaisons d’arbres, noyés dans la brume, sur les pentes de l’Atlas.

La conclusion  est, hélas, connue. Les têtes des Cisterciens français seront retrouvés quelques jours plus tard au bord d’une route, sans qu’on sache encore très bien (le dossier a été rouvert l’an dernier, à la suite de révélations) s’il s’agit d’assassinats directement commis par les ravisseurs, ou une bavure de l’armée algérienne, camouflée en acte barbare d’islamistes, pour les mettre encore plus au ban du monde.

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Cannes X : Godard se décommande

Qu’en penser ? Comme annoncé le matin même dans Libération, Jean-Luc Godard a décidé, au dernier moment, de ne pas accompagner sa dernière œuvre, « Film socialisme », à Cannes, où elle était présentée dans la section Un certain regard, sans enjeu de compétition. Grosse déception, évidemment. Car on sait que sa conférence de presse aurait été un régal de formules, Godard étant passé maître dans le maniement  des mots. Son dernier passage à Cannes, qui doit remonter en 2005, est resté dans les mémoires des festivaliers.

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Cannes IX : Nouvelles d’Asie

Le réalisateur chinois Jia Zhangke prend la pose pendant le 63ème festival de Cannes. AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

Hier dimanche, en début d’après-midi, rapide passage de relais avec ma consœur France, avant qu’elle ne file attraper son train pour Paris : oeuvres vues, dernières infos du jour …  J’avale une salade, et me plonge dans le bain sans attendre. Mon premier film, dans la section Un certain regard, est Chinois :  Shang Hai zhuan qi, sous titré « I wish I knew », de Jia Zhangke .  Ce talentueux cinéaste, âgé d’une trentaine d’années, s’est fait connaître en France grâce un film entre le documentaire et la fiction, « Still life », sur les dégâts (villages rasés, population dispersée …) causés par la construction du célèbre barrage des Trois gorges.

Son nouvel et long opus est dans le même esprit. Le réalisateur dresse un portrait doux amère de Shanghai, à travers le regard de dix-huit personnes, dont beaucoup d’ « anciens », partis vivre à Hong Kong, ou à Taïwan après la victoire des Communiste en 1949. Leurs récits, tissés d’anecdotes ténues mais poignantes, ou de vrais drames familiaux, mettent en valeur une ville que le siècle dernier n’a pas épargné, lui imposant plusieurs bouleversements radicaux. Dernier en date, son entrée au pas de charge dans la « modernité », couronnée par l’Exposition universelle. Aussi, les jeunes adultes que le cinéaste interroge, au pied de buildings, paraissent avoir subi un lavage de cerveau. La mémoire rasée,  comme  les vieux quartiers de la ville, qui ont été rasés), aussitôt remplacée par l’envie frénétique de consommer. N’importe quoi, pourvu qu’il y ait l’ivresse.

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