Archive la catégorie ‘Musique’

Juan Cedrón : Oh mon tango…

Jusqu’à dimanche, le charmant théâtre des Déchargeurs, à Paris, accueille le Cuarteto Cedron, le groupe argentin mythique fondé en 1964. Sur la petite scène, Juan Cedrón, le chanteur (et fondateur) met en musique les textes de poètes argentins, sur des rythmes de tango et de milonga… « même si je n’ai jamais bien saisi les différences », s’amuse l’intéressé qui entre deux titres discute, en français (il a vécu 30 ans à Paris), avec le public.

(suite…)

Chartres fête Pâques, en musique

60 concerts et spectacles, 25 000 visiteurs attendus au pied de la cathédrale et dans les rues de la ville : le Festival de Pâques, à Chartres (Eure-et-Loir) s’est imposé, depuis huit ans, comme un rendez-vous majeur de la scène musicale chrétienne, et réunit des artistes venus de toute l’Europe.

Sont attendus, entre autres, cette année : les chanteurs Aldebert et Gregory Turpin, l’ensemble polyphonique des Chœurs georgiens, les groupes de pop louange « Glorious » et « Invasion », le gospel entraînant des Light singers, mais aussi Betraying the Martyrs, une formation davantage tournée vers le death metal.

Pièces de théâtre, projection de films, spectacles de danse, ateliers, viennent compléter une programmation qui veut interroger les rapports entre culture et foi, art et sacré, dans une ambiance festive.

Les 3, 4 et 5 avril. Rens. Et tarifs : www.festivaldepaques.org ou 02 37 21 03 77

Alice Le Dréau

L’Evangile de Jean, selon Abed Azrié

Chanteur et compositeur d’origine syrienne, installé en France depuis une quarantaine d’années, Abed Azrié a mis en musique l’Evangile de Jean. Le CD, fruit de ce travail,  enregistré en public à l’Opéra de Marseille, est sorti fin 2009.

Abed Azrié n’en est pas à son coup d’essai. Compositeur pour des orchestres mixtes, avec des musiciens d’Orient et d’Occident, il a déjà écrit une partition pour « L’Epopée de Gilgamesh », ce récit légendaire de la Mésopotamie, et magnifiquement mis en musique les grands poètes persans et arabo-andalous. « Pour moi, l’Evangile de Jean est le plus mystique et le plus beau des quatre », confiait-il à Pèlerin en juin dernier, quelques jours avant la première représentation de son œuvre en France, dans le cadre des Festivals de musique sacrée, en Provence Côte d’Azur.

C’est avec l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée qu’Abed Azrié a travaillé, sous la direction d’Alain Joutard, soutenu par des musiciens et des chanteurs orientaux de l’Institut supérieur de Damas, en Syrie. Ce pays co-produisait d’ailleurs pour la première fois une œuvre de cette ampleur avec la France.

(suite…)

Jean-Loup Dabadie : « La chanson est la voix du peuple »

Pensez-vous comme François Truffaut que « Les chansons disent la vérité » ?

Jean-Loup Dabadie : Truffaut adorait les chansons. La chanson doit être populaire, donc elle doit être le reflet de la vérité, avec les mots les plus simples.  

J’ai écrit « Femmes je vous aime », une chanson d’amour pour les femmes. Julien Clerc était intimidé à l ‘idée de la chanter. Il avait peur qu’on le prenne pour un Dom Juan qui fait des claquettes (j’exagère un peu).

Le public ne s’y est pas trompé, il a compris tout de suite l’hommage profond à toutes les femmes, les mères, les filles, les épouses… « Vous êtes ma mère, je vous ressemble et tout ensemble mon enfant… ». Est-ce que cette chanson dit la vérité ? En tout cas, elle est la « vox populi », la voix du peuple.

Recueilli par France Lebreton.

Charles Aznavour : « J’ai foi en mes petits enfants »

aznavour-1971

Toujours super-actif Charles Aznavour sort coup sur coup un livre et un nouvel album. Sur le mode du « confessional », il se livre sur le blog culture de Pèlerin.

Votre principale qualité ?
L’obstination.

Votre principal défaut ?
L’obstination.

Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
Il y a deux secondes.

Votre péché mignon ?
Les marrons glacés.

(suite…)

Exposition : We want Miles

we_want_milesSoixante ans après sa première venue en France à la salle Pleyel, le musée de la Musique consacre une rétrospective d’envergure à l’un des grands créateurs de la jazz du xxe siècle : le trompettiste Miles Davis (1926-1991).  Cette exposition retrace le parcours du musicien, de la ville de son enfance, à St. Louis, jusqu’au concert rétrospectif qu’il donna sur le site même de La Villette à Paris, à quelques semaines seulement de sa disparition. Notre reporter est allée sur place pour y recueillir l’ambiance et l’impression des visiteurs…


 Cité de la musique
221 avenue Jean-Jaurès
75019 PARIS

Métro : 5, Porte de Pantin
Bus : 75, 151, PC, Arrêt Porte de Pantin.
Route : Périphérique sortie Porte de Pantin

Tarif de base – Adulte plein tarif : 10€

Plus d’infos : www.cite-musique.fr

Malika Bellaribi-le Moal chante ‘Samson et Dalila’

Vous ne connaissez pas l’opéra ? L’art lyrique vous intrigue mais vous n’avez jamais osé y goûter ? Alors foncez au « Passage vers les étoiles », un très charmant petit théâtre niché au fond d’une impasse parisienne. La mezzo-soprano Malika Bellaribi-Le Moal, ses solistes et son chœur de chevronnés amateurs y donnent « Samson et Dalila » chaque week-end jusqu’au 13 décembre.

(suite…)

Michael Jackson est mort

Le 13 juillet prochain, Michael Jackson allait tenter un incroyable coup de poker : revenir à la musique après des années d’absence, de tourments, de scandale et de solitude. Voulant ainsi rappeler à son public, à l’occasion d’une série de concerts prévue à Londres cet été et qui avait fait vendre près de 750 000 billets en quelques heures, qu’il avait été (et restait pour beaucoup) un grand de la pop music. On sait, depuis quelques heures, que ce retour ne se fera jamais. Retrouvé inanimé à son domicile de Los Angeles, le chanteur a été déclaré mort d’une crise cardiaque… Un choc dans le monde entier, mais peu de surprise au final, Michael Jackson ayant martyrisé son corps en lui faisant subir un nombre inimaginable d’opérations de chirurgie « esthétiques ».

Au fil de ces dernières années, cette métamorphose physique – et mentale – avait fait la curiosité des médias, fascinés par les excentricités de l’artiste. Les plus anecdotiques parfois, quand il s’agissait d’évoquer sa luxueuse propriété de Los Angeles, baptisée Neverland en clin d’œil à Peter Pan et à son monde imaginaire… Les plus navrantes, également, lorsqu’il s’agissait de se pencher sur son éternelle obsession à se blanchir la peau ou de faire écho à un retentissant procès en pédophilie. En 2005, Michael Jackson avait échappé de peu à la prison.

La sortie phénoménale de l’album « Thriller » en 1982, « We are the world » pour l’Afrique, une photo des Jackson Five où l’enfant prodige figurait avec ses frères, la dernière conférence de presse londonienne… Chacun gardera de Michael Jackson un souvenir ou une image. Ce matin, notre nouveau ministre de la culture, Frédéric Mitterrand se livrait avec brio à l’exercice de l’éloge funèbre sur l’antenne d’Europe I. Le destin de cet « éternel adolescent » s’y prêtait, comme celui d’un Elvis Presley ou d’une Marilyn Monroe tombés dans l’enfer des médicaments et du désespoir… Plus grande sera la chute.

Estelle Warin

 

Le grand cri d’amour de Johnny

Johnny en scène !

Johnny en scène !

Peut-être y étiez-vous, ce samedi ? Au milieu des 80 000 spectacteurs du stade de France ou parmi les 5,4 millions de personnes installées devant TF1, le concert de la dernière tournée de Johnny Hallyday, ça ne se rate pas. Pour tous, il y avait beaucoup (trop?) d’attente sur ce concert de la tournée des adieux. Alors au début, c’était pas ça. La voix du vieux rocker résonnait dans le vide et certains spectateurs, sans doute était-ce l’effet stade de France, scandaient johnny, johnny, johnny Hallyday, comme en juillet 1998, on est, on est, on est en finale.

Il a fallu attendre que la nuit tombe sur Paris pour que la chaleur monte sur le stade. Diego, libre dans sa tête, derrière sa fenêtre, s’endort peut-être. Alors que le chanteur crie « je t’aime » à Michel Berger, son ami disparu, l’arêne s’embrase enfin.A cet instant (si vous y étiez, cela ne vous a pas échappé) les titres, soigneusement choisi dans 50 ans de répertoire, ne s’enchaînent plus que pour former un grand cri d’amour.

Chanson après chanson, l’homme pudique n’en finit plus d’ouvrir son coeur à tous ceux qu’il aime comme pour s’excuser de ne pas l’avoir fait assez durant toutes ces années. Chaque mot prend valeur de symbole.  » Oh Marie, j’attendrai qu’au ciel tu viennes me retrouver / Gabriel, dix ans de chaînes, c’était ma peine forçat de l’amour. » Et enfin, il s’adresse aussi à son public:  » Mon histoire te ressemble, dans ces chansons qui nous rassemblent, même si je pars, je ne te quitte pas. »

L’émotion est à son comble. Tout le monde pleure en écoutant ces adieux. De notre côté de l’écran, l’émotion aussi est palpable. Et l’on se demande comment notre johnny national va tenir durant les quelques mois que doit encore durer sa tournée, tant il semble se consumer sur scène. Tandis qu’il disparaît sous terre (encore un symbole?), par une trappe sur la scène, le vieux rocker a l’air bien fatigué.

Marie-Eve Gualbert