Archive la catégorie ‘Théâtre’

Baïbars, le mamelouk qui devient sultan

C’est avec une troupe de comédiens et de musiciens venus de différents pays – France, Algérie, Syrie – que le metteur en scène Marcel Bozonnet a choisi de nous conter l’une des plus célèbres épopées du monde arabe, Baïbars, le mamelouk qui devient sultan.

Personnage réel, Baïbars régna au XIIIe siècle sur l’Égypte et la Syrie. Sa vie donna lieu à de multiples récits transmis oralement au cours des siècles, par les conteurs des cafés du Moyen-Orient.

L’accomplissement de la prophétie, l’accession au pouvoir de Baïbars né soldat-esclave (mamelouk), sera un long chemin semé d’embûches, d’enlèvements, de croisades, et de rencontres cruelles. Les péripéties se succèdent dans différents tableaux reliés par des intermèdes musicaux, tambours djembés et grelots, et les chants envoûtants d’Houria Aïchi a cappella.

Malgré une première partie un peu lente, en raison d’une trop grande présence du conteur (Marcel Bozonnet tout en noir et grand livre entre les mains), on se laisse vite emporter par la cascade des événements et les multiples personnages. Le décor évoque un campement dans le désert, fait d’un bric-à-brac d’accessoires et de tissus.

Les comédiens se partagent tous les personnages de cette odyssée en changeant de costumes sur scène. La part belle est donnée aux masques, ce qui oblige parfois à une grande attention pour bien entendre le texte.

Le rythme s’accélère après l’entracte, grâce notamment au personnage d’Otman, truand redouté devenu palefrenier de Baïbars, interprété avec entrain par Ghassane El Hakim. Il donne toute la fraîcheur qui sied à un Scapin rusé et retors, à la cour d’un sultan qui a été capturé puis délivré grâce à l’expédition d’une flottille, composée ici de maquettes de bateaux surgissant des coulisses.

Le conte devient aussi une farce qui permet de mettre à distance avec humour la cruauté des règlements de compte, nécessaires à la réalisation de la prophétie.

Un spectacle épique qu’on aurait aimé plus trépidant et plus envoûtant, mais qui nous renvoie à ces soirées d’enfance où tout commençait par « Il était une fois… ».

Luc Reyrolle

► Les 22 et 24 septembre 2010 au Grand Théâtre de Luxembourg.

« Sois gentil », « Fais du vélo », « Mange tes légumes »

Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto

Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto

Pas de piste aux étoiles au Théâtre de la Cité internationale pour Simon Yates, Jo-Ann Lancaster et leurs enfants, juste une scène pour une simple installation de cordes, de filins, avec mât, trapèze et… plantes vertes !

La nouvelle création de cette drôle de famille australienne, la compagnie Acrobat, est résolument burlesque, ce qui n’exclut pas les prouesses acrobatiques originales.

Le titre du spectacle, Propaganda, annonce la couleur. Le couple est décidé à nous réveiller pour retrouver la simplicité d’une vie débarrassée de la propagande consumériste, toujours plus mesquine et plus insidieuse. Sous forme de fables placées sous le signe de l’environnement et de l’écologie, se succèdent de mini-séquences accompagnées musicalement, comme au temps du cinéma muet. Il y a du Charles Chaplin et des Temps modernes dans l’air.

C’est drôle sans être niais, audacieux sans être spectaculaire, militant sans surenchère. Leur talent, mis au service de situations d’une grande simplicité, dynamite nos comportements quotidiens mécaniques, comme dans ce numéro de funambule mémorable, où Simon Yates se réveille, prend sa douche, petit déjeune avec jus de fruit et céréales, part au bureau, toujours sur une corde, toujours sur LA corde.

Le culte de l’argent roi, la quête frénétique de bonheurs immédiats et superficiels en prennent aussi pour leur grade, toujours très naïvement et avec l’enthousiasme de la solidarité familiale, chacun aidant l’autre dans son numéro.

Pour nous convaincre définitivement, ils n’hésitent pas à clore le spectacle en distribuant leurs nouveaux commandements : « Sois gentil », « Fais du vélo », « Mange tes légumes », etc. Un programme à l’image de leurs prestations sympathiques et originales.

Luc Reyrolle

► Jusqu’au 15 août au Théâtre de la Cité internationale, 21 boulevard Jourdan 75014 Paris ; www.theatredelacite.com, dans le cadre du festival Paris Quartier d’Été.

Voyageurs immobiles au théâtre du Rond Point

Photo : Pacôme Poirier/Wikispectacle

Tout est illusion et magie dans les spectacles de Philippe Genty et ces « Voyageurs immobiles » ne dérogent pas à la règle. Dans une succession de tableaux visuels surréalistes, les compagnons de cette odyssée embarqués dans une barque de pacotille vont affronter l’enfer d’un océan déchainé. Engloutis par les flots, ils seront rejetés dans un paysage lunaire où ils n’échapperont pas à une recréation d’un monde toujours dominé par le travail, la finance, la guerre.

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D’éblouissantes Trois Soeurs à la Comédie-Française

Photo © Pacome POIRIER/WikiSpectacle

Perdues dans une petite ville au fin fond de la province russe, Olga, Macha et Irina, trompent leur ennui en tenant table ouverte pour les militaires de la garnison. Elles ont perdu leur père, le Général Prozorov, il y a tout juste un an et vivent entourées de domestiques dévoués, avec comme seul espoir commun, le rêve de retourner vivre à Moscou. Elles comblent leur solitude en créant artificiellement un joyeux tourbillon d’allées et venues dans leur maison bourgeoise.

Les années s’écoulent sans bouleversement capital pour la vie des trois héroïnes, spectatrices nostalgiques de leur propre existence. Cependant, loin de tomber dans les clichés mélancoliques de l’âme russe, le jeu des actrices – Florence Viala (Olga), Elsa Lepoivre (Macha), Georgia Scalliet (Irina), creuse avec intensité chaque variation d’humeur, assumant les rires comme les crises de nerfs, soulignant ainsi toutes leurs frustrations, cibles privilégiées de l’humour grinçant de Tchékhov. Ce trio est complété par Coraly Zahonero, la belle-sœur, seul personnage à s’inscrire dans un mouvement, en prenant le pouvoir sur la famille.

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Paris : offrez-vous une soirée chez Maxim’s !

Le célèbre restaurant Maxim’s ouvre ses salons tous les lundis soirs (jour de fermeture !). Au menu, point de repas fastueux, mais « Feyd’O Fenbach » un spectacle composé d’une pièce en un acte de Georges Feydeau, « Feu la mère de madame », puis, après l’entracte, d’une opérette de poche d’Offenbach, « Le petit groom de chez Maxim’s », accompagné au piano.

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Comédie Française : « L’Avare » revisité

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Fini L’Avare vieillissant, maugréant, sans séduction aucune. Denis Podalydès-Harpagon court, virevolte et frappe, tel un enfant gâté et odieux qui vivrait dans la peur paranoïaque qu’on lui subtilise ses jouets ! Cette nouvelle mise en scène est à l’affiche à la Comédie Française, à Paris, jusqu’au 21 février 2010. (Lire la suite…)

Marionnettes : le rideau du festival mondial est retombé

Au moment où j’écris ces lignes, dans le train de retour, la place ducale de Charleville-Mézières (Ardennes) a retrouvé son calme. Pendant ces dix jours de Festival mondial des théâtre de marionnettes, la ville a vécu une effervescence sans pareille, difficile à imaginer pour qui ne l’a pas vécu.

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La beauté des marionnettes iraniennes et sud-africaines

Durant ce festival mondial du théâtre de marionnettes,  j’ai décidé de remonter un peu aux sources de la marionnette moderne.

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Marionnettes : un festival tchèque et norvégien !

Comme chaque jour, je commence ma journée par une déambulation au Festival Mondial du Théâtre de marionnettes sans idée préconçue. Je vais à la découverte, sans programme, et je suis rarement déçu.

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Les marionnettes déchaînent le public !

Journée faste à tout point de vue pour le festival de Charleville. D’abord, le temps est au beau fixe, à peine légèrement brumeux le matin et c’est un vrai plaisir de déambuler dans la ville d’un spectacle de rue à l’autre. Spectacles modestes, sans trucages compliqués, sans vidéo ni informatique et pourtant souvent parfaitement réussis.

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