Archive la catégorie ‘Théâtre’

Théâtre : « Bidules, truc », une gourmandise pour petits ogres

Un piano, trois comédiens et quelques figurines-marionnettes. C’est avec minimalisme que se déroulent les contes-spectacles de Pierre Notte mis en scène par Sylvain Maurice. L’auteur et le metteur en scène misent donc sur l’imaginaire du public – enfants et adultes, car malgré un dispositif très simple, le propos est assez subversif pour tous les séduire – comme partenaire de jeu.

Toute mièvrerie est ici évitée, grâce au dynamitage des codes et des repères traditionnels du genre : la princesse tête à claques finit par préférer un crapaud au prince charmant, le loup se fait dévorer par un enfant, le chat philosophe contre le pouvoir policier, la Reine (Marie-Antoinette) tricote pendant que Louis XVI palabre lâchement avec un lapin échappé d’Alice au pays des merveilles, la Fée « marraine » avale sa filleule… avant d’être contrainte de la « rendre », comme disent les enfants…

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Théâtre du Rond-Point (Paris) : une médaille bien frappée

Deux ans après son travail d’adaptation théâtrale des films de Raymond Depardon, documentaires en hôpital psychiatrique et dans un commissariat, c’est au monde du travail, à l’usine, que s’attaque littéralement Zabou Breitman en adaptant le roman de Lydie Salvayre, La Médaille .

La pièce se déroule lors d’une cérémonie de remise de médailles à quatre salariés, après trente-deux ans de bons et loyaux services au sein de l’entreprise automobile Buisson. Les cadres dirigeants profitent de cette sympathique petite fête pour louer les valeurs de l’entreprise, de cette grande « famille » où les travailleurs sont au fond remerciés pour leur abnégation et leur servitude.

Chaque récipiendaire est invité à prendre la parole. Maladroitement, avec hésitations, fous rires, ils nous livrent leurs tranches de vie sans fard, sans fausse pudeur. Se succèdent Auguste dit Gus, père et mari violent, Geneviève dont la vie sans la compagnie de son chien serait désespérée, la veuve Duchêne, qui reçoit la médaille de son mari à titre posthume et ne nous épargne rien de la curieuse maladie de son époux : il change peu à peu de couleur et devient noir… Quant au quatrième, il envoie une lettre brève mais crue sur les raisons de son absence.

Parallèlement à cette « gentille » réunion, un atelier se met en « mouvement ». L’inquiétude et la nervosité gagnent progressivement la direction. La petite musique bien ordonnée de ce rituel devient vite cacophonie, un cauchemar pour la direction.

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Théâtre de la Madeleine (Paris) : Nono n’est pas Nana !

Sur les colonnes Morris, c’est l’une des affiches les plus séduisantes de la rentrée théâtrale des salles privées parisiennes : Julie Depardieu y apparaît en déshabillé vaporeux dans une esthétique très Belle Époque. Après avoir monté la saison dernière Maison de Poupée avec Audrey Tautou, Michel Fau retrouve la scène du Théâtre de la Madeleine pour Nono de Sacha Guitry, première pièce de l’auteur écrite à 20 ans en 1905.

Jacques (Xavier Gallais), jeune homme fougueux, est l’amant de Nono (Julie Depardieu), cocotte inculte et insouciante. Exilé par son père, il confie sa maîtresse aux soins de son meilleur ami Robert (Michel Fau), poète raté et excédé par la présence envahissante de sa maîtresse jalouse, Madame Weiss (Brigitte Catillon).

Aucune surprise ou rebondissement spectaculaire dans cette comédie de boulevard qui mêle amour, désir et porte-monnaie. Les personnages sont caricaturaux, les situations sont minces. Tout repose sur des dialogues dans lesquels s’exprime déjà l’humour vachard de Sacha Guitry sur les femmes. Mais plus qu’une réelle aversion pour le genre féminin, la misogynie légendaire de l’auteur apparaît aujourd’hui comme un exercice de style, un prétexte bon enfant pour aligner jeux de mots et calembours.

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Baïbars, le mamelouk qui devient sultan

C’est avec une troupe de comédiens et de musiciens venus de différents pays – France, Algérie, Syrie – que le metteur en scène Marcel Bozonnet a choisi de nous conter l’une des plus célèbres épopées du monde arabe, Baïbars, le mamelouk qui devient sultan.

Personnage réel, Baïbars régna au XIIIe siècle sur l’Égypte et la Syrie. Sa vie donna lieu à de multiples récits transmis oralement au cours des siècles, par les conteurs des cafés du Moyen-Orient.

L’accomplissement de la prophétie, l’accession au pouvoir de Baïbars né soldat-esclave (mamelouk), sera un long chemin semé d’embûches, d’enlèvements, de croisades, et de rencontres cruelles. Les péripéties se succèdent dans différents tableaux reliés par des intermèdes musicaux, tambours djembés et grelots, et les chants envoûtants d’Houria Aïchi a cappella.

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« Sois gentil », « Fais du vélo », « Mange tes légumes »

Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto

Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto

Pas de piste aux étoiles au Théâtre de la Cité internationale pour Simon Yates, Jo-Ann Lancaster et leurs enfants, juste une scène pour une simple installation de cordes, de filins, avec mât, trapèze et… plantes vertes !

La nouvelle création de cette drôle de famille australienne, la compagnie Acrobat, est résolument burlesque, ce qui n’exclut pas les prouesses acrobatiques originales.

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Voyageurs immobiles au théâtre du Rond Point

Photo : Pacôme Poirier/Wikispectacle

Tout est illusion et magie dans les spectacles de Philippe Genty et ces « Voyageurs immobiles » ne dérogent pas à la règle. Dans une succession de tableaux visuels surréalistes, les compagnons de cette odyssée embarqués dans une barque de pacotille vont affronter l’enfer d’un océan déchainé. Engloutis par les flots, ils seront rejetés dans un paysage lunaire où ils n’échapperont pas à une recréation d’un monde toujours dominé par le travail, la finance, la guerre.

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D’éblouissantes Trois Soeurs à la Comédie-Française

Photo © Pacome POIRIER/WikiSpectacle

Perdues dans une petite ville au fin fond de la province russe, Olga, Macha et Irina, trompent leur ennui en tenant table ouverte pour les militaires de la garnison. Elles ont perdu leur père, le Général Prozorov, il y a tout juste un an et vivent entourées de domestiques dévoués, avec comme seul espoir commun, le rêve de retourner vivre à Moscou. Elles comblent leur solitude en créant artificiellement un joyeux tourbillon d’allées et venues dans leur maison bourgeoise.

Les années s’écoulent sans bouleversement capital pour la vie des trois héroïnes, spectatrices nostalgiques de leur propre existence. Cependant, loin de tomber dans les clichés mélancoliques de l’âme russe, le jeu des actrices – Florence Viala (Olga), Elsa Lepoivre (Macha), Georgia Scalliet (Irina), creuse avec intensité chaque variation d’humeur, assumant les rires comme les crises de nerfs, soulignant ainsi toutes leurs frustrations, cibles privilégiées de l’humour grinçant de Tchékhov. Ce trio est complété par Coraly Zahonero, la belle-sœur, seul personnage à s’inscrire dans un mouvement, en prenant le pouvoir sur la famille.

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Paris : offrez-vous une soirée chez Maxim’s !

Le célèbre restaurant Maxim’s ouvre ses salons tous les lundis soirs (jour de fermeture !). Au menu, point de repas fastueux, mais « Feyd’O Fenbach » un spectacle composé d’une pièce en un acte de Georges Feydeau, « Feu la mère de madame », puis, après l’entracte, d’une opérette de poche d’Offenbach, « Le petit groom de chez Maxim’s », accompagné au piano.

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Comédie Française : « L’Avare » revisité

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Fini L’Avare vieillissant, maugréant, sans séduction aucune. Denis Podalydès-Harpagon court, virevolte et frappe, tel un enfant gâté et odieux qui vivrait dans la peur paranoïaque qu’on lui subtilise ses jouets ! Cette nouvelle mise en scène est à l’affiche à la Comédie Française, à Paris, jusqu’au 21 février 2010. (suite…)

Marionnettes : le rideau du festival mondial est retombé

Au moment où j’écris ces lignes, dans le train de retour, la place ducale de Charleville-Mézières (Ardennes) a retrouvé son calme. Pendant ces dix jours de Festival mondial des théâtre de marionnettes, la ville a vécu une effervescence sans pareille, difficile à imaginer pour qui ne l’a pas vécu.

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La beauté des marionnettes iraniennes et sud-africaines

Durant ce festival mondial du théâtre de marionnettes,  j’ai décidé de remonter un peu aux sources de la marionnette moderne.

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Marionnettes : un festival tchèque et norvégien !

Comme chaque jour, je commence ma journée par une déambulation au Festival Mondial du Théâtre de marionnettes sans idée préconçue. Je vais à la découverte, sans programme, et je suis rarement déçu.

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Les marionnettes déchaînent le public !

Journée faste à tout point de vue pour le festival de Charleville. D’abord, le temps est au beau fixe, à peine légèrement brumeux le matin et c’est un vrai plaisir de déambuler dans la ville d’un spectacle de rue à l’autre. Spectacles modestes, sans trucages compliqués, sans vidéo ni informatique et pourtant souvent parfaitement réussis.

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Avec les marionnettes, l’art contemporain est amusant !

Le concert des Souliers d'Arno Fabre - France2
18/09 : le concert des Souliers d’Arno Fabre – Ma-Tvideo France2

J’inaugure mon premier weekend de ce XVe festival des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières (Ardennes) en beauté. Voici quatre spectacles et un artiste qui ont retenu mon attention ce week-end.

Par Maxime Lubliner

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Ouverture du XVe Festival mondial des théâtres de marionnettes

L'affiche officielle du festival

Maxime Lubliner, ancien journaliste à Pèlerin, est passionné par les marionnettes : il les confectionne, il organise des spectacles… Maxime est notre envoyé spécial au festival mondial des théâtre de marionnettes, qui se déroule du samedi 18 au dimanche 27 septembre 2009 à Charleville-Mézières (Ardennes).

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La verve de Jacques Weber

Si vous restez à Paris ou passez par la capitale cet été, et qu’une envie de théâtre vous titille, précipitez-vous pour assister au spectacle de Jacques Weber.

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Festival d’Avignon : « Libres sont les papillons », « L’Amour plus fort que la mort » et « Ciels »

Dernier épisode des tribulations de Sabine Harreau au festival d’Avignon. Dans ce billet, notre chroniqueuse évoque trois pièces : « Libres sont les papillons » une comédie de Léonard Gershe, « L’Amour plus fort que la mort » inspirée de la vie de Sœur Emmanuelle et « Ciels » de Wadji Mouawad , artiste associé du festival 2009.

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Théâtre Festival d’Avignon : « The Barber Shop Quartet », « Le livre d’or de Jan » et « Ce Soir dans votre Ville »

affichebarbershopwebEn direct du 63e Festival d’Avignon, Sabine Harreau évoque pour nous « The Barber Shop Quartet », la pièce d’Hubert Colas « Le livre d’or de Jan », le one man show intitulé « Ce Soir dans votre Ville » de Warren Zavatta.

Hier, la température a dégringolé en l’espace d’une nuit.  La journée s’annonce fraîche en Avignon, il pleut même quelques gouttes  dans l’après-midi. 10 degrés de moins, un ciel gris…. Une bonne dose de « Barber Shop Quartet » me remontera le moral !

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Festival d’Avignon : un coup de coeur, une tiédeur et un haut le coeur

Différents duos différents : les applaudissements fusent et l’émotion est palpable

Différents duos différents" : les applaudissements fusent et l’émotion est palpable

Chroniques du festival d’Avignon. Sabine Harreau nous partage son coup de coeur pour « Différents duos différents », avec Pascal Duquenne, l’acteur trisomique. Elle est moins touchée par « Comme d’habitude », une pièce inspirée du texte de chansons françaises. Et elle ne cache pas son décontenancement devant la sulfureuse pièce « Orgie de la tolérance »…

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Festival d’Avignon : Carmen, Photo-Romance et l’Atelier d’écriture

Chroniques du festival d’Avignon. Sabine Harreau nous parle de « Une Carmen » au théâtre du Petit Louvre ; « Photo-Romance », conçue et interprétée par deux Libanais : Lina Saneh et Rabih Mroué et  » L’atelier d’écriture »», première pièce de théâtre de l’auteur britannique David Lodge.

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En direct du festival d’Avignon

Sabine Harreau, notre journaliste, est à Avignon pour le festival, où elle nous fait partager ses coups de coeur théâtraux. Elle chronique ici, côté off, « Le jour des corneilles », au théâtre des Carmes et « Sur le fil » de Sophie Forte. Et côté in : « La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres », du cinéaste israélien Amos Gitai.

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