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La Conquête : Podalydès président !

Un président français en exercice incarné au cinéma ! C’est une première. Depuis le 18 mai sur la Croisette et dans les salles, «La conquête» de Xavier Durringer met en scène la marche de Nicolas Sarkozy vers l’Elysée. Sous les traits de Denis Podalydès (à gauche sur la photo).

« Même si quantité de séquences sont tirées de la réalité, j’ai incarné un Nicolas Sarkozy de fiction, à partir d’un scénario. » L’acteur Denis Podalydès tient d’entrée à faire le distinguo. Il n’empêche, le mimétisme est stupéfiant. Podalydès restitue à la perfection le phrasé et les gestes du président de la République.

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Alain Cavalier for President

Deux présidents de la République, coup sur coup, sur les écrans de Cannes. Le premier est vrai : Nicolas Sarkozy, dans « La conquête ». Un film de Xavier Durringer, sur la marche impétueuse de l’ancien maire de Neuilly, de 2002 jusqu’à son élection à la fonction suprême, en 2007. Le second est une pure invention, née dans l’esprit fécond et sensible du cinéaste Alain Cavalier, qui l’interprète lui-même.

Si « La conquête » a été normalement applaudi, comme le sont ici les films réussis, « Pater », d’Alain Cavalier a été accueilli, hier, par un « standing ovation » d’un quart d’heure. Ce qui arrive très rarement à Cannes. Alain Cavalier et Vincent Lindon, son acteur, en avaient les larmes aux yeux. Il y avait de quoi !

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Enfances maltraitées

Les enfants ne sont pas à la fête dans la programmation cannoise. Jeudi, on a déjà pu en juger dans le film « Polisse » (police, en écriture enfantine), réalisé par Maïwenn. C’est l’un des quatre films français en lice pour une Palme.

La réalisatrice (« Pardonnez-moi », « Le bal des actrices ») a reconstitué le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs, la BPM, à Paris. Celle qui traque les pédophiles, ou les parents maltraitants.

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Yamina Benguigui : « Aïcha est une Shéhérazade des temps modernes »

Elle reçoit au bar de l’hôtel où elle écrit habituellement. Mais son autre « bureau » se situe… dans un salon de coiffure non loin de cet établissement cossu. C’est là, entre autre, que la réalisatrice Yamina Benguigui a élaboré l’histoire d’ « Aïcha », une jeune Française d’origine algérienne, issue de la banlieue. Après un premier épisode, succès historique de France 2, « Aïcha » revient mercredi 2 mars à 20h35 pour une nouvelle aventure dans le monde du travail. Rencontre avec la « maman » de cette héroïne terriblement attachante.

Pouvez-vous nous raconter la naissance du personnage d’Aïcha ?
Quand j’ai réalisé mon premier long-métrage « Inch’ Allah dimanche », la productrice Dominique Lancelot m’a proposé de travailler autour d’un personnage de femme, dans le cadre d’une série télévisée. Après réflexion, j’ai pensé aux jeunes filles rencontrées lors de mes documentaires. A mon époque, l’enjeu pour les jeunes Maghrébines était de sortir du carcan familial. Pour les filles d’aujourd’hui, il s’agit de s’éloigner d’un autre carcan : celui de la cité. Un défi d’ailleurs compliqué…

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Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch

Un tantinet timides, les ados de Pina Bausch, la grande dame de la danse disparue en 2009. Parfois gênés, mais toujours volontaires, prêts à tous les efforts. Surtout sincères, sensibles.

Ils 15 ou16 ans, ne connaissent rien à la danse et répètent Kontakthof, l’un de ses ballets les plus renommés, à Wuppertal, en Allemagne, sous la direction de deux anciennes danseuses de la compagnie de Pina : Jo Ann Endicott et Bénédicte Billiet. Le spectacle, qui a pour thème la difficile séduction entre hommes et femmes, avait été créé en 1978, puis repris en 2001 avec des sexagénaires.

En 2008, la chorégraphe allemande imagine une version ado, aussi drôle et émouvante. La caméra les suit pendant leurs répétitions, capte les instants de grâce, regards, mains qui se frôlent, clins d’œil et larmes, aussi légère et tendre qu’une plume dans le vent.

Moments magiques : les apparitions de Pina Bausch, qui encourage, précise, remercie. C’est embué de larmes que nous quittons ces jeunes gens transfigurés ainsi que leurs trois fées, qui les ont menés au bout d’eux-mêmes. Avec l’ardent désir de voir ou de revoir sur scène les merveilleux pas dansants de la chorégraphe virtuose.

Muriel Fauriat

Documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Sortie : 13 octobre

Vendredi 23 juillet. Un ovni à Avignon

Yves-Noël Genod

Il s’appelle Yves-Noël Genod, et hier encore, nous ignorions son existence. Quelle honte ! Longiligne, la voix sensuelle et les longs cheveux blonds d’un prince… mais avec quelque chose de subrepticement carnassier dans le sourire et une auto dérision constamment logée dans ses yeux ourlés d’un trait noir gothique : la classe d’un dandy ! Il citera d’ailleurs David Bowie désirant que s’accomplisse le miracle de la multiplication des roses pour honorer son public…

Comédien, plus justement performer, Yves-Noël Genod fait salle comble tous les jours dans la magnifique salle ronde de la Condition des Soies.

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Jeudi 22 juillet. Le Roi Denis s’amuse, la Reine Valérie le détrône

Denis Podalydès dans "Richard" © Michel Gangne/AFP

Denis Podalydès dans "Richard II" © Michel Gangne/AFP

Ce vendredi soir, sur France 2, vous pourrez voir La Tragédie de Richard II , spectacle filmé lors de la représentation à laquelle nous avons assistée hier soir dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes.

Une fois n’est pas coutume, cette captation est – peut-être – le meilleur moyen d’apprécier ce spectacle. On y perdra certainement le très beau travail de lumières sur les murs imposants du Palais, mais on y gagnera certainement en qualité d’audition pour entendre la nouvelle traduction proposée par Frédéric Boyer.

Datant de la fin du XVIe siècle, cette tragédie de Shakespeare nous conte les derniers jours du règne de Richard II, souverain tyrannique trahi, destitué et assassiné par ses pairs, et l’accession au trône de son cousin, Bullingbrooke, qui deviendra Henri IV d’Angleterre.

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Mercredi 21 juillet. En attendant Richard…

Ce soir, nous serons dans la Cour d’honneur pour la troisième représentation de Richard II. Les commentaires, partagés, saisis à la sortie des deux premières aiguisent notre impatience. En attendant voici trois spectacles à voir… ou pas.

"Pour l'amour de Phèdre"

Emballé par Je suis Ophélie, présenté par la Compagnie de l’Astre, nous avons vu leur deuxième spectacle : une pièce de Sarah Kane, Pour l’amour de Phèdre. La dramaturge anglaise a transposé dans notre monde contemporain la situation initiale et les personnages principaux du mythe antique.

En l’absence de Thésée, Phèdre tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte, jeune homme désabusé et cynique. Vient s’ajouter Strophe, fille de Phèdre, qui a déjà succombé aux charmes de ce héros triste.

Malgré les mises en garde de sa fille, Phèdre se jette littéralement sur Hippolyte qui, sans le moindre affect, lui répète inlassablement que le désir maintenant assouvi ne change rien à ses sentiments : il ne l’aime pas. D’ailleurs il n’aime personne. Phèdre l’accuse alors de viol avant de se suicider. Hippolyte accepte l’accusation et sa condamnation à mort.

« La vie est trop longue  », déclare Hippolyte. Sombre constat qui fait écho au destin de Sarah Kane qui se suicida à l’âge de 28 ans, en laissant derrière elle une œuvre fulgurante qui avait immédiatement choqué et bouleversé la scène théâtrale anglaise.

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Mardi 20 juillet. Yvette Horner et le Big Bang

Nouvelle salve de créations dans le festival « in » cette semaine. Après Baal hier, c’est au tour de Big Bang, de Philippe Quesne et, très attendu évidemment, La Tragédie de Richard II, avec Denis Podalydès, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, sans oublier un Délire à deux de Ionesco avec l’une de nos comédiennes préférées, Valérie Dréville. De quoi être impatient devant cet alléchant programme.

Apparemment tout le monde ne partage pas mon enthousiasme pour Baal et mon coup de foudre pour Clotilde Hesme. Quel dommage !

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Lundi 19 juillet. Baal d’honneur à Avignon

Clotilde Hesme au premier plan, avec Thomas Landbo, Jeanne Tremsal et Mathieu Genet © Anne-Christine Poujoula/AFP

Encore un grand moment de bonheur au Cloître des Célestins avec la création, hier soir, de Baal de Bertolt Brecht.

Baal est un jeune homme qui rêve de gloire littéraire et se perd dans une quête effrénée de tous les plaisirs, une sorte de poète à la Rimbaud, assoiffé de vin, de femmes et d’étoiles, rejetant violemment les codes et les convenances de la vie bourgeoise.

Dès lors que, fonctionnaire à la ville, il est renvoyé de son petit travail d’écritures, sa vie bascule dans une vaine fuite en avant où tous les excès sont possibles, jusqu’au meurtre de son meilleur ami – et sans doute faut-il y voir une forme de suicide.

Écrite au lendemain du chaos de la Première Guerre mondiale, cette pièce de jeunesse de Brecht est ancrée résolument et avec justesse dans notre monde contemporain par le metteur en scène François Orsoni.

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Samedi 17 juillet. Le théâtre autobiographique de Lagarce

Jean-Luc Lagarce, décédé en 1995, est l’auteur contemporain le plus joué sur les scènes françaises. Il est entré au répertoire de la Comédie-Française, il y a deux ans, avec Juste la fin du monde, et ses textes sont aussi servis par les acteurs les plus en vue, comme Fanny Ardant qui n’hésita pas dernièrement à endosser le rôle de l’actrice vieillissante et ratée de Music Hall.

Cette saison, Laurent Poitrenaux (à l’affiche des pièces d’Olivier Cadiot dans le in) reprenait avec succès Ébauche d’un portrait, d’après le journal de Lagarce, témoignage palpitant d’un jeune homme des années 1980. C’est donc tout naturel de le retrouver à l’affiche de différents théâtres du festival off.

On ne s’étendra pas sur le (très) jeune acteur qui interprète le monologue Le Bain. En l’absence de véritable metteur en scène et malgré un texte émouvant, le potentiel du jeune comédien reste à révéler.

Alain Macé dans "L'Apprentissage"

Alain Macé dans "L'Apprentissage"

Peut-être qu’un jour, ayant acquis de l’expérience et fait les bonnes rencontres, parviendra t-il au niveau d’Alain Macé ? Dirigé par Sylvain Maurice, le comédien donne à entendre un autre monologue autobiographique de Jean-Luc Lagarce, L’Apprentissage.

Entubé et perfusé de toutes parts, ligoté sur son lit d’hôpital et incapable de communiquer avec son entourage, le personnage fait un retour progressif à la vie après une période de coma. C’est sa conscience qui s’adresse à nous, spectateurs, et qui nous fait partager son long éveil, des premiers battements de paupières à la première marche en dehors de l’hôpital.

Pas du genre à donner dans le pathos, Lagarce est constamment sur le registre de l’humour noir et d’une féroce lucidité à l’égard son entourage. Des infirmières infantilisantes et autoritaires à la famille haïe, tout le monde en prend pour son grade ! Cependant, reste  près de lui la présence mystérieuse et fascinante de celui qu’il nomme A.

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Vendredi 16 juillet. Fosse d’orchestre

« Quand il y a autant de retard un jour de première, c’est pas bon signe », me souffle ma voisine dans la file d’attente. Cassandre avait raison…

Un metteur en scène – Christophe Huysman, également auteur et comédien dans son spectacle L’Orchestre perdutravaille-t-il à ce point en autarcie pour ne pas anticiper un tel désastre ? Jamais le spectateur ne se sent concerné, à l’image du sentiment donné aussi par les comédiens. L’hémorragie du public est constante.

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Jeudi 15 juillet. Stanislas le Grand

Stanislas Nordey © Vincent Pontet/wikispectacle

Ils sont rares ces moments au théâtre où un spectacle vous donne un sentiment de plénitude, un sentiment de total abandon, un moment de grâce. Chaque année, on les traque, on tente de les découvrir dans les programmes foisonnants des théâtres.

On dissèque les programmations, on surfe sur Internet pour se renseigner sur tel auteur qu’on ne connaît pas, on retient ce jeune metteur en scène prometteur, on ne manquerait pas ce comédien qui mène une brillante carrière.

Avouons-le, les rendez-vous qu’on anticipe ne sont pas toujours, ne sont pas forcément les meilleurs. Trop d’attentes misées sur une distribution alléchante, déception pour un spectacle qui ne tient pas ses promesses. Ou simplement, son propre état de spectateur qui n’est pas disponible ce soir-là, trop de fatigue qui nous rend indisponible à une bonne réception du projet.

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Mercredi 14 juillet. Un ours fatigué et trois vieilles en surchauffe !

"Trois vieilles"

Le bruit court par les rues d’Avignon : le 14 juillet est la date à partir de laquelle ça commence vraiment pour les spectacles du off ! Le public vient toujours après cette date. On y croit dur comme fer : le public viendra !

Les troupes ravivent ainsi leur courage, un peu altéré par la canicule et la fatigue – voire, déjà, la déception – des premiers jours survoltés. Alors on tracte et tracte encore, forçant l’enthousiasme, cette énergie des dieux…

Et d’aucuns avancent naïvement, lors de l’argumentaire plus ou moins ludique à l’adresse du festivalier plus ou moins attentif, les noms de Molière, Shakespeare ou Tchekhov comme garanties…

Tchekhov, justement. Des tapis poussiéreux, des guéridons de bois passé, un sofa – on échappe de justesse au samovar… Du vieux théâtre, donc, pour cette représentation d’ Ours suivie de La Folle Nuit et La Demande en mariage, trois comédies en un acte, dans une mise en scène de Benoît Lavigne.

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Mardi 13 juillet. Un falafel pour Phèdre

En guise de programme, la recette du falafel, lequel sera avec Menschel et Romanska, le héros du spectacle d’Olivier Balazuc pour la mise en scène et de Daniel Kenigsberg pour l’interprétation.

Le falafel, plat désespérément national selon le narrateur de la nouvelle de Hanokh Levin, cristallise les sentiments féroces d’un couple déchiré avant même d’être uni ! Les frustrations alternent avec les mesquineries cachant mal des solitudes douloureuses et exacerbées. On y rit beaucoup de la causticité de l’auteur porté par un acteur tout en nuances et en ruptures.

"La revue tragique" © Frédéric Cheli

Ruptures et contrastes également dans La Revue tragique mise en scène avec audace et maîtrise par Vincent Dussart. Les grandes figures de la tragédie grecque, échappées de textes de Sénèque, sont convoquées dans un décor de cabaret décadent à la Fassbinder.

Une meneuse de revue fait entrer en scène Hécube, Médée, Phèdre, Œdipe, quatre héros marqués par la fatalité du crime et de l’inceste. Chacun vient faire brillamment son numéro de tragédie dans des monologues à hauteur des Dieux, et régulièrement illustrés par des chansons sentimentales. Ce court-circuit unit avec pertinence la tragédie et la culture populaire.

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Lundi 12 juillet. Simon, Judith et les Acrobates

"Les 7 jours de Simon Labrosse"

« Il y a quelqu’un qui crie dans mon pancréas. » La confidence de Nathalie en dit long sur sa richesse intérieure ! En compagnie de Léo, poète incapable de prononcer le moindre mot positif, elle accompagne le quotidien de Simon Labrosse, héros de la dramaturge québécoise Carole Fréchette. Pour faire face à sa situation précaire dans un monde toujours plus dur, Simon va s’inventer quotidiennement des métiers improbables (finisseur de phrases, flatteur d’égo, etc.).

Le traitement décalé et poétique d’une réalité pesante est magnifiquement servi par la présence des trois comédiens. Leur virtuosité pour passer d’une situation délirante à l’autre est d’une efficacité redoutable. Ève Rouvière (Nathalie) est particulièrement remarquable en imposant des compositions brillantes et définitives de ses différents personnages.

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Dimanche 11 juillet. Patrick Juvet et des Papes

"Papperlapapp" © Anne-Christine Poujoulat/AFP

« On ne fait pas le vin en pichet. Uniquement en bouteille à cause de l’hépatite A. » Ça c’est de la réplique, mais pas au théâtre… Ce que nous apprend d’ailleurs le théâtre, c’est que le théâtre est partout. D’abord dans les familles.

Dans  Les Langues Paternelles David Serge (alias Daniel Schneidermann ancien journaliste du Monde, aujourd’hui chroniqueur à Libération) dresse avec lucidité et tendresse le portrait de son père et de son éducation juive. Le texte est porté par un trio exceptionnel de comédiens belges (Hervé Piron, Vincent Sornaga, Renaud Van Camp). La mise en scène y est d’abord une circulation endiablée de la parole d’un personnage à l’autre interprété alternativement par tous les comédiens. Une partition pleine d’humour et d’émotions. C’est au Théâtre des Doms, qui confirme, cette année encore, la qualité de sa programmation dans le festival off.

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Luc Reyrolle fait son festival à Avignon

Régulièrement, Luc Reyrolle, chef du service photo à Pèlerin, va nous faire part de ses impressions  à l’occasion de la 64e édition du festival d’Avignon, qui se déroule du 7 au 27 juillet.

Samedi 10 juillet.

Un éléphant et Catherine Deneuve

« Denis Polyades (sic) dans Richard III (resic), c’est trop moderne », assure péremptoire un jeune homme en terrasse.

Hé oui, tout le monde n’est pas fan de théâtre à Avignon ! Il y a même des cinéphiles, telle Edith Le Merdy, qui vante son spectacle Oh my god (mes hommages au cinéma) en jouant devant mes pâtes au pesto, un extrait de son spectacle, un dialogue en VO d’un film du japonais Ozu…

Pourquoi s’étonner quand, devant le Palais des Papes, un éléphant fait le poirier sur sa trompe ? (une oeuvre de Miquel Barcelo, photo)

« Pour Catherine Deneuve, entrez ». Non, la star n’en n’est pas encore à se produire dans le festival off. C’est juste l’auteur Pierre Notte qui se prend pour elle. Sa pièce Moi aussi je suis Catherine Deneuve est interprétée par une compagnie bordelaise. Ce sera mon premier spectacle (vite oublié…) de cette nouvelle édition qui s’annonce décidément loufoque.

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Les coulisses du music-hall « Tournée » de Mathieu Amalric

Elles ont électrisé l’ambiance de la Croisette : Mimi Le Meaux, Dirty Martini, Julie Atlas Muz… Ces incroyables artistes américaines, fausses blondes et vraies séductrices, aux formes plus qu’arrondies, vedettes du quatrième film de Mathieu Amalric, prix de la mise en scène au  Festival de Cannes.

Le réalisateur s’y donne le rôle de Joachim Zand, un ex- producteur de télé qui a tout plaqué pour tenter sa chance aux Etats-Unis. Il revient en France, accompagné d’une troupe de strip-teaseuses, pour la tournée d’un spectacle de « nouveau cabaret burlesque ». De ville en ville, côté zone industrielle, dans des hôtels aseptisés et des salles un peu ringardes, les danseuses se donnent corps et âme, parfois crûment.

Le regard amoureux posé sur ces femmes généreuses (dans tous les sens du terme !), authentiques, affranchies de la dictature de l’apparence, est la grande réussite de ce film. Moins convaincants, les déboires du manager Joachim, incapable de se réconcilier avec son passé, et surtout – et c’est le moment le plus caricatural- pitoyable dans son rôle de père maladroit.
France Lebreton
Sortie le 30 juin. A partir de 14 ans .

Histoire d’imposture: Le caméléon, de Jean-Paul Salomé

Bien que les noms aient été modifiés, c’est bien de l’affaire Frédéric Bourdin et de ses usurpations d’identités dont s’inspire ce film attendu de Jean-Paul Salomé.

En 2000, un imposteur (Marc-André Grondin) prétend s’appeler Nicholas Mark Randall et avoir été enlevé quatre ans plus tôt par les membres d’une secte. Bizarrement, à son retour aux États-Unis, et malgré les soupçons de la police, sa mère et sa sœur affirment le reconnaître…

Ce drame aux accents de polar parvient à préserver l’opacité du personnage. Trop de scènes d’interrogatoire convenues, néanmoins, et des seconds rôles parfois caricaturaux.

L. D.

Le 23 juin. À partir de 13 ans.

Connaissez-vous les cathédrales ?

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Le grand reportage à l’honneur, au Touquet

La 17e édition du Figra, le Festival International du grand reportage d’actualité et du documentaire de société, s’est achevée dimanche, au Touquet. Pendant 5 jours, spectateurs (et professionnels) ont pu découvrir une sélection de 80 films, dont certains inédits. « Le métier de journalisme est de porter la plume dans la plaie » disait Albert Londres. Au lieu de stylo, les lauréats récompensés samedi soir, lors de la cérémonie de clôture ont une caméra, et savent s’en servir. Leurs enquêtes, rigoureuses, parfois de vrais chocs, racontent le monde, dénoncent ses dysfonctionnements et éveillent les consciences. (suite…)

Quiz : connaissez-vous le Vatican ?

Les bonnes réponses : (suite…)

Nine

Nine rend un hommage musical au conte surréaliste «Huit et demi», chef-d’œuvre du cinéma italien signé Federico Fellini. Le film suit les affres d’un réalisateur (Daniel Day Lewis) qui évoque à l’évidence le génial cinéaste. En panne d’inspiration, tiraillé entre plusieurs femmes, l’artiste se laisse submerger par un flot incontrôlé de rêves et d’hallucinations. Chacun de ses fantasmes donne lieu à un numéro chanté et dansé par les plus grandes stars féminines actuelles, de Penélope Cruz à Nicole Kidman. Malheureusement, la musique, quelconque, a du mal à provoquer l’engouement. Et Rob Marshall, auteur du réjouissant «Chicago», grand succès de la comédie musicale, confond trop souvent glamour avec vulgarité. Un spectacle inégal auquel Marion Cotillard parvient néanmoins à insuffler un peu d’émotion.
Sorti depuis le 3 mars. À partir de 15 ans.
Laurent Djan

« Mystérieux Mr Dahl »

Cela fait quelques jours que ce renard élégant, en veste de velours côtelé, nous toise de son air rusé.  « Fantastic Mr Fox »  c’est lui ! Un personnage créé de tout poils par Roald Dahl, l’écrivain à qui l’on doit « Charlie et la chocolaterie », « James et la grosse pêche », « Matilda », « Sacrées sorcières »…  Parmi ces titres, il y en forcément un que vous connaissez, avez lu à vos enfants, ou vu au cinéma, la plupart ayant été adaptés au grand écran.  Pourtant, la vie de cet auteur gallois, l’une des plus grandes plumes de la littérature jeunesse, est peu connue. Raison de plus, à l’occasion de la sortie d’un des films les plus audacieux de l’année, pour se pencher sur la biographie de Mr Dahl, mort il y a tout juste vingt ans.

Né en 1916 au pays de Galles de parents norvégiens, Roald Dahl  connaît une enfance difficile. A l’âge de 3 ans, il perd sa sœur année, puis son père, emporté par une pneumonie. Sa mère élève seule ses quatre enfants, ainsi que deux beaux-enfants. «Elle était une bonne conteuse » disait d’elle Roald Dahl nourri et réconforté par les histoires de trolls, mais aussi par Dickens, Ambrose Bierce et Frederick Marryat. Dès l’âge de 8 ans, il tient son journal intime, soigneusement caché sur la haute branche d’un arbre où il se réfugie pour écrire. Peu attiré par l’école, mais passionné par… tout le reste, de la peinture au jardinage, des animaux à la cuisine. Pendant la Seconde Guerre Mondiale,  il est pilote de chasse dans la Royal Air Force. En mission aux Etats-Unis il fait la connaissance de l’écrivain britannique Cecil Scott Forester qui l’encourage à écrire. Durant une quinzaine d’années,  il publie des nouvelles pour adultes. A partir de 1961 il se lance dans la littérature jeunesse, tout simplement en racontant des histoires le soir à ses cinq enfants.

C’est à Great Missenden, dans le Buckingamshire (sud-est de l’Angleterre) que sont nés la plupart de ses romans, dont « Fantastique Maître Renard » (1970). Roald Dahl écrivait, en pleine nature, dans une cabane au fond du jardin. Felicity Dahl, veuve de l’auteur, vit toujours à « Gipsy House » (la maison gitane). Elle a ouvert les portes de la propriété familiale au réalisateur Wes Anderson qui, inspiré par ce lieu magique, y a écrit le scénario de « Fantastic Mr Fox ».  A l’évidence, l’esprit du maître est passé entre les lignes de cette géniale adaptation….

France Lebreton

En salles depuis le 17 février. A partir de 7 ans.

Valentine’s day

Julia Roberts, Patrick Dempsey, Jamie Foxx, Shirley MacLaine, Anne Hathaway, Kathy Bates… : la plupart du gotha hollywoodien s’est donné rendez-vous dans cette comédie romantique. En ce jour si spécial de la Saint-Valentin, l’amour flotte dans les airs et alimente toutes les discussions. Il y a ceux, comme Reed, qui profite de l’occasion pour demander leur fiancée en mariage, et ceux, comme Sean, que la perspective d’une soirée en solo n’enchante guère. Reprenant le principe de Love actually, où de multiples intrigues s’entrecroisaient, le récit a la bonne idée de réunir toutes les générations. Il s’intéresse autant aux premiers émois adolescents qu’à un couple du troisième âge. Si Garry Marshall (Pretty woman) n’évite pas les situations attendues et déjà-vu, il les enrobe toutefois avec talent. Un divertissement sans prétention… à voir en amoureux.  Laurent Djian

Sortie le 17 février
A partir de 10 ans

Yona, la légende de l’oiseau-sans-aile

Un film de Rintaro

Yona est une adorable fillette, vêtue d’un drôle manteau qui lui donne l’allure d’un pingouin. Elle espère arriver à voler, un jour, dans le ciel, comme son père le lui avait jadis promis. Le papa n’est plus, mais le rêve est toujours là, bien vivant dans le cœur de Yona. Une rencontre, pas si fortuite, avec Chaley, un gobelin (petit personnage de légende) lui donne l’occasion de pénétrer un monde imaginaire et de mettre son courage à l’épreuve. Pour aider Chaley à sauver son peuple, l’intrépide héroïne doit combattre l’affreux Bouca-Bouh qui tire sa force d’un petit ange déchu. L’amitié, le goût de l’effort, l’entraide, la persévérance… ces valeurs ont la cote dans ce séduisant  film d’animation franco-japonais. On se laisse transporter, béat d’admiration, dans de luxuriants décors, au fil des péripéties de ce voyage initiatique et poétique. Un rêve éveillé à partager en famille.

France Lebreton

A partir de 6 ans
Sortie le 3 février

Jean-René Lemoine: « Haïti, terre de force et de douleur »

Dans un mail adressé à la rédaction de « Pèlerin », le dramaturge  Jean-René Lemoine, né en 1959, à Haïti, évoque la catastrophe qui a frappé l’île, le 12 janvier dernier.

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Mère courage en Corée

Mother de Bong Joon-Ho

On n’oubliera pas de sitôt le regard de cette mère aimante sur son grand fils de 27 ans, simple d’esprit, accusé du meurtre d’une lycéenne. Une enquête bâclée, un avocat incompétent, et la communauté d’un village en colère : au risque de l’erreur judiciaire, le coupable est tout trouvé. C’est sans compter l’énergie de cette femme seule, déterminée à prouver l’innocence de sa progéniture. A la recherche du moindre indice, elle s’acharne à trouver une vérité : la sienne. Présenté au festival de Cannes 2009, dans la section Un certain Regard, ce film sud-coréen beau et puissant, est aussi très dérangeant. Il sème le trouble, remet en cause nos certitudes et nous laisse entrevoir les tréfonds de l’âme humaine. Enfin, saluons la superbe interprétation de Kim Hye-ja, 70 ans, une actrice très populaire en Corée, dans un contre-emploi vertigineux.
France Lebreton

Frère Thierry et l’abbaye de Maredsous

Moine dessinateur à l’abbaye bénédictine de Maredsous, en Belgique, Frère Thierry de Béthune évoque la vie monastique dans Pèlerin du 28 janvier. « Par le dessin, je cherche à transmettre ma foi », explique-t-il. Durant le festival de la BD d’Angoulême, il expose ses oeuvres à la cathédrale de la cité charentaise.

Caméra à l’épaule, notre reporter l’a filmé dans son quotidien, à Maredsous. (suite…)