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	<title>Blog Culture Pèlerin</title>
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		<title>Baïbars, le mamelouk qui devient sultan</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Aug 2010 17:50:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est avec une troupe de comédiens et de musiciens venus de différents pays – France, Algérie, Syrie – que le metteur en scène Marcel Bozonnet a choisi de nous conter l&#8217;une des plus célèbres épopées du monde arabe, Baïbars, le mamelouk qui devient sultan.
Personnage réel, Baïbars régna au XIIIe siècle sur l&#8217;Égypte et la Syrie. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/08/Baibars_1_web.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1316" title="Baibars_1_web" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/08/Baibars_1_web-300x136.jpg" alt="" width="300" height="136" /></a>C&#8217;est avec une troupe de comédiens et de musiciens venus de différents pays – France, Algérie, Syrie – que le metteur en scène Marcel Bozonnet a choisi de nous conter l&#8217;une des plus célèbres épopées du monde arabe, <em>Baïbars, le mamelouk qui devient sultan</em>.</p>
<p>Personnage réel, Baïbars régna au XIIIe siècle sur l&#8217;Égypte et la Syrie. Sa vie donna lieu à de multiples récits transmis oralement au cours des siècles, par les conteurs des cafés du Moyen-Orient.</p>
<p>L&#8217;accomplissement de la prophétie, l&#8217;accession au pouvoir de Baïbars né soldat-esclave (mamelouk), sera un long chemin semé d&#8217;embûches, d&#8217;enlèvements, de croisades, et de rencontres cruelles. Les péripéties se succèdent dans différents tableaux reliés par des intermèdes musicaux, tambours djembés et grelots, et les chants envoûtants d&#8217;Houria Aïchi a cappella.</p>
<p>Malgré une première partie un peu lente, en raison d&#8217;une trop grande présence du conteur (Marcel Bozonnet tout en noir et grand livre entre les mains), on se laisse vite emporter par la cascade des événements et les multiples personnages. Le décor évoque un campement dans le désert, fait d&#8217;un bric-à-brac d&#8217;accessoires et de tissus.</p>
<p>Les comédiens se partagent tous les personnages de cette odyssée en changeant de costumes sur scène. La part belle est donnée aux masques, ce qui oblige parfois à une grande attention pour bien entendre le texte.</p>
<p>Le rythme s&#8217;accélère après l&#8217;entracte, grâce notamment au personnage d&#8217;Otman, truand redouté devenu palefrenier de Baïbars, interprété avec entrain par Ghassane El Hakim. Il donne toute la fraîcheur qui sied à un Scapin rusé et retors, à la cour d&#8217;un sultan qui a été capturé puis délivré grâce à l&#8217;expédition d&#8217;une flottille, composée ici de maquettes de bateaux surgissant des coulisses.</p>
<p>Le conte devient aussi une farce qui permet de mettre à distance avec humour la cruauté des règlements de compte, nécessaires à la réalisation de la prophétie.</p>
<p>Un spectacle épique qu&#8217;on aurait aimé plus trépidant et plus envoûtant, mais qui nous renvoie à ces soirées d&#8217;enfance où tout commençait par « Il était une fois&#8230; ».</p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► Les 22 et 24 septembre 2010 au <a href="http://www.theatres.lu/" target="_blank">Grand Théâtre de Luxembourg.</a></p>
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		<title>« Sois gentil », « Fais du vélo », « Mange tes légumes »</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Aug 2010 17:44:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[Pas de piste aux étoiles au Théâtre de la Cité internationale pour Simon Yates, Jo-Ann Lancaster et leurs enfants, juste une scène pour une simple installation de cordes, de filins, avec mât, trapèze et&#8230; plantes vertes !
La nouvelle création de cette drôle de famille australienne, la compagnie Acrobat, est résolument burlesque, ce qui n’exclut pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1310" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/08/propaganda.jpg"><img class="size-medium wp-image-1310" title="apo0668030" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/08/propaganda-300x200.jpg" alt="Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto</p></div>
<p>Pas de piste aux étoiles au Théâtre de la Cité internationale pour Simon Yates, Jo-Ann Lancaster et leurs enfants, juste une scène pour une simple installation de cordes, de filins, avec mât, trapèze et&#8230; plantes vertes !</p>
<p>La nouvelle création de cette drôle de famille australienne, la compagnie Acrobat, est résolument burlesque, ce qui n’exclut pas les prouesses acrobatiques originales.</p>
<p>Le titre du spectacle, <em>Propaganda</em>, annonce la couleur. Le couple est décidé à nous réveiller pour retrouver la simplicité d&#8217;une vie débarrassée de la propagande consumériste, toujours plus mesquine et plus insidieuse. Sous forme de fables placées sous le signe de l’environnement et de l’écologie, se succèdent de mini-séquences accompagnées musicalement, comme au temps du cinéma muet. Il y a du Charles Chaplin et des Temps modernes dans l’air.</p>
<p>C&#8217;est drôle sans être niais, audacieux sans être spectaculaire, militant sans surenchère. Leur talent, mis au service de situations d&#8217;une grande simplicité, dynamite nos comportements quotidiens mécaniques, comme dans ce numéro de funambule mémorable, où Simon Yates se réveille, prend sa douche, petit déjeune avec jus de fruit et céréales, part au bureau, toujours sur une corde, toujours sur LA corde.</p>
<p>Le culte de l&#8217;argent roi, la quête frénétique de bonheurs immédiats et superficiels en prennent aussi pour leur grade, toujours très naïvement et avec l’enthousiasme de la solidarité familiale, chacun aidant l&#8217;autre dans son numéro.</p>
<p>Pour nous convaincre définitivement, ils n’hésitent pas à clore le spectacle en distribuant leurs nouveaux commandements : « Sois gentil », « Fais du vélo », « Mange tes légumes », etc. Un programme à l’image de leurs prestations sympathiques et originales.<br />
<strong><br />
Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► Jusqu’au 15 août au Théâtre de la Cité internationale, 21 boulevard Jourdan 75014 Paris ; <a href="http://www.theatredelacite.com/" target="_blank">www.theatredelacite.com</a>, dans le cadre du festival Paris Quartier d’Été.</p>
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		<title>Vendredi 23 juillet. Un ovni à Avignon</title>
		<link>http://culture.blog.pelerin.info/web/vendredi-23-juillet-un-ovni-a-avignon/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 06:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d'Avignon]]></category>

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		<description><![CDATA[Il s’appelle Yves-Noël Genod, et hier encore, nous ignorions son existence. Quelle honte ! Longiligne, la voix sensuelle et les longs cheveux blonds d’un prince… mais avec quelque chose de subrepticement carnassier dans le sourire et une auto dérision constamment logée dans ses yeux ourlés d’un trait noir gothique : la classe d’un dandy ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1301" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/1le_parc_visu.jpg"><img class="size-full wp-image-1301" title="1le_parc_visu" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/1le_parc_visu.jpg" alt="" width="150" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Yves-Noël Genod</p></div>
<p>Il s’appelle Yves-Noël Genod, et hier encore, nous ignorions son existence. Quelle honte ! Longiligne, la voix sensuelle et les longs cheveux blonds d’un prince… mais avec quelque chose de subrepticement carnassier dans le sourire et une auto dérision constamment logée dans ses yeux ourlés d’un trait noir gothique : la classe d’un dandy ! Il citera d’ailleurs David Bowie désirant que s’accomplisse le miracle de la multiplication des roses pour honorer son public…<br />
<strong></strong></p>
<p><strong>Comédien, plus justement performer, Yves-Noël Genod fait salle comble tous les jours dans la magnifique salle ronde de la Condition des Soies.</strong></p>
<p><strong></strong><br />
Encore un one man show de comique ? Que nenni ! Ce type à la fois d’un autre temps et résolument contemporain captive son auditoire avec la lecture d’un poème de&#8230; Shakespeare, <em>Vénus et Adonis</em>. Il tient le recueil à la main mais connaît en réalité toutes les nuances du texte, qu’il a déjà mis en scène à Paris.</p>
<p>Pendant une heure, Yves-Noël Genod ponctue sa lecture d’explications de texte décalées, de commentaires pleins d’humour sur la rhétorique shakespearienne, et d&#8217;anecdotes autobiographiques où l’on croise les romancières Marguerite Duras et Nathalie Sarraute, le metteur en scène Claude Régy.</p>
<p><strong>Le tout sur un ton d’une hypnotisante douceur, en suspension, et tels les amants du poème de Shakespeare qui glissent de pâmoison en pâmoison, les spectateurs suivent sans hésiter dans les méandres de ses contes ce troubadour qui séduit et guide, nous entraînant à la découverte de sa planète – grand « petit prince » un rien affecté, pour sans doute nous rappeler très légèrement que notre monde trivial n’est pas le sien…</strong></p>
<p>Comme en confidence pour chacun d&#8217;entre nous, Yves-Noël G. – ainsi l’aurait certainement nommé sa chère Marguerite Duras – nous apprend, entre autres, des choses définitives sur la neige et les soleils couchants…</p>
<p>Le public est accueilli avec une coupe de champagne, l’entrée est gratuite et on laisse ce que l’on veut dans le sceau à champagne à la sortie.</p>
<p>Renseignements pris, le phénomène a été élève d’Antoine Vitez, comédien chez Claude Régy, danseur, chorégraphe, et a déjà été programmé dans le festival in. Un extraterrestre passé par les meilleures adresses.</p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► <em>Yves-Noël Genod, Le Parc intérieur</em>, Condition des Soies à 18 heures. Rens. : 04 32 74 16 49 ; <a href="http://www.laconditiondessoies.com" target="_blank">www.laconditiondessoies.com</a></p>
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		<title>Jeudi 22 juillet. Le Roi Denis s&#8217;amuse, la Reine Valérie le détrône</title>
		<link>http://culture.blog.pelerin.info/web/jeudi-22-juillet-le-roi-denis-samuse-la-reine-valerie-le-detrone/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Jul 2010 12:56:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d'Avignon]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce vendredi soir, sur France 2, vous pourrez voir La Tragédie de Richard II , spectacle filmé lors de la représentation à laquelle nous avons assistée hier soir dans la Cour d&#8217;Honneur du Palais des Papes.
Une fois n&#8217;est pas coutume, cette captation est – peut-être – le meilleur moyen d&#8217;apprécier ce spectacle. On y perdra [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1297" class="wp-caption alignleft" style="width: 213px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/RICHARDII-2.gif"><img class="size-full wp-image-1297" title="RICHARDII-2" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/RICHARDII-2.gif" alt="Denis Podalydès dans &quot;Richard&quot; © Michel Gangne/AFP" width="203" height="188" /></a><p class="wp-caption-text">Denis Podalydès dans &quot;Richard II&quot; © Michel Gangne/AFP</p></div>
<p>Ce vendredi soir, sur France 2, vous pourrez voir <em>La Tragédie de Richard II</em> , spectacle filmé lors de la représentation à laquelle nous avons assistée hier soir dans la Cour d&#8217;Honneur du Palais des Papes.</p>
<p>Une fois n&#8217;est pas coutume, cette captation est – peut-être – le meilleur moyen d&#8217;apprécier ce spectacle. On y perdra certainement le très beau travail de lumières sur les murs imposants du Palais, mais on y gagnera certainement en qualité d&#8217;audition pour entendre la nouvelle traduction proposée par Frédéric Boyer.</p>
<p>Datant de la fin du XVIe siècle, cette tragédie de Shakespeare nous conte les derniers jours du règne de Richard II, souverain tyrannique trahi, destitué et assassiné par ses pairs, et l&#8217;accession au trône de son cousin, Bullingbrooke, qui deviendra Henri IV d&#8217;Angleterre.</p>
<p>La scénographie de Jean-Baptiste Sastre est dépouillée, seule une table et une immense poutre barrent la scène, laissant l&#8217;immensité du plateau aux seuls acteurs emmenés par Denis Podalydès dans le rôle-titre, qui compose d&#8217;emblée un roi enfantin un peu loufoque dont les hochets seraient la couronne et le sceptre royal.</p>
<p><strong>Autant le dire tout de suite : aucune surprise dans cette façon de sautiller sur scène et de pratiquer à outrance l&#8217;ahurissement et les accès d&#8217;autorité comme un enfant capricieux, et cela pour aller chercher les rires du public&#8230; </strong></p>
<p>Ce registre est le sien – il l&#8217;utilisait déjà brillamment dans <em>L&#8217;Avare</em> à la Comédie-Française la saison dernière, mais le nuançait alors d&#8217;une noirceur souveraine. Pas de souveraineté ici pour ce roi qui devient caricatural et on a bien du mal à saisir la dimension tragique du personnage.</p>
<p><strong>Sa prestation crée un décalage avec les autres comédiens, chacun donnant le sentiment de jouer dans son coin des partitions différentes plus ou moins réussies. Notons que les prestations de Nathalie Richard et Vincent Dissez sont,  à l&#8217;inverse, des plus convaincantes : ils donnent à leurs personnages une véritable puissance tragique. </strong></p>
<p>Dans le rôle de la reine, Nathalie Richard impose sa présence légère puis bouleversante, alors que Vincent Dissez  (Bullingbrooke, le cousin de Richard II) empreint de fougue son personnage de traître ambitieux qui ne peut se résoudre à l&#8217;exil imposé par le Roi.</p>
<p>Prestation d&#8217;autant plus remarquable quand on sait que le comédien a hérité du rôle il y a trois semaines, à la suite de la défection du comédien initial, Pascal Bongard.</p>
<p><strong>Agréable surprise aussi de retrouver l&#8217;Académicienne Florence Delay (la Jeanne d&#8217;Arc de Robert Bresson), dans le rôle de l&#8217;évêque Carlisle. Toute en retenue, elle est la voix d&#8217;une sagesse que plus personne n&#8217;écoute. </strong></p>
<p>En revanche, Bruno Sermonne vocifère ses prophéties et sa douleur comme s&#8217;il donnait la réplique à Alain Cuny dans une production des années 1940. Les autres courent un peu partout dans la nuit, à la recherche sans doute d&#8217;un metteur en scène.</p>
<p><strong>Car quel est exactement le projet de Jean-Baptiste Sastre ? Tout demeure ici vain et illisible, à l&#8217;image de ce mannequin attablé – représentant une jeune fille blonde – présent pendant toute la représentation. </strong></p>
<p><strong>Qu&#8217;attend-elle, cette fille fantôme, dans la pénombre et l&#8217;immobilité ? Par quoi est-elle pétrifiée ? Par le désastre causé par l&#8217;inhumanité du pouvoir ? Ou par celui de ce qui se passe sur scène ? Une allégorie de l&#8217;ennui, peut-être ? </strong></p>
<p>En se concentrant sur les gros plans d&#8217;acteurs en jeu, le téléspectateur pourra sans doute mieux entendre le texte de Frédéric Boyer. Nerveuse et limpide, sa nouvelle traduction a été un vrai plaisir de lecture. Elle donne à entendre Shakespeare autrement.</p>
<div id="attachment_1291" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/DELIREA2.gif"><img class="size-medium wp-image-1291    " title="DELIREA2" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/DELIREA2-300x168.gif" alt="" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Didier Galas et Valérie Dréville dans &quot;Délire à deux&quot; © Anne-Christine Poujoulat/AFP</p></div>
<p>Vivement que Valérie Dréville réinvestisse de sa démesure la Cour d&#8217;honneur où elle joua sous la direction de l&#8217;un de ses maîtres, Antoine Vitez. C&#8217;est elle qu&#8217;il faut voir ces jours-ci dans une autre proposition du Festival &laquo;&nbsp;in&nbsp;&raquo;, <em>Délire à deux</em>, de Ionesco, mis en scène par Christophe Feutrier.</p>
<p>Accompagnée de Didier Galas, elle anime sans la moindre complaisance psychologique le ring de lumière qui sert d&#8217;espace de jeu.</p>
<p><strong>Une heure de violence et d&#8217;humour noir, d&#8217;échanges prodigieux entre les deux acteurs, pour traduire les affres d&#8217;un couple se déchirant dans le huis clos de son appartement, alors qu&#8217;une guerre dévaste la ville et finit par ravager leur intérieur. </strong></p>
<p>Tout est en jeu ici : la voix dans les multiples possibilités de ces deux comédiens virtuoses, le corps par lequel passent la moindre émotion, les regards qui brillent d&#8217;ironie ou assassinent, avant de s&#8217;adoucir ou de se voiler.</p>
<p><strong>Un duo/duel saisissant où le metteur en scène a l&#8217;intelligence d&#8217;exalter le texte et de mettre au premier plan ses deux acteurs au sommet.</strong></p>
<p>Dans le même lieu, nous avions adoré la semaine dernière le travail de Stanislas Nordey. Nordey, Dréville :  sans battements de tambour, avec la discrétion des plus grands, ils s&#8217;investissent dans leur travail, humbles et généreux  Sans esbroufe.</p>
<p><strong>Les rois, ce sont eux.</strong></p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>►<em> La Tragédie de Richard II</em>, à 22 heures dans la Cour d&#8217;Honneur, jusqu&#8217;au 27 juillet. Tournée en 2011 : Sceaux, Valenciennes, Marseille, Douai, Chalon-sur-Saône, Annecy, Saint-Quentin-en-Yvelines, Amiens, Clermont-Ferrand, Lorient et Nîmes.</p>
<p>► <em>Délire à deux,</em> à 15 heures et/ou 18 heures, salle de Montfavet, jusqu&#8217;au 24 juillet ; Tournée en 2011 / Toulouse, Clermont-Ferrand, Gap, Dunkerque, Évry et Paris.</p>
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		<title>Mercredi 21 juillet. En attendant Richard…</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2010 15:26:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce soir, nous serons dans la Cour d&#8217;honneur pour la troisième représentation de Richard II. Les commentaires, partagés, saisis à la sortie des deux premières aiguisent notre impatience. En attendant voici trois spectacles à voir… ou pas.
Emballé par Je suis Ophélie, présenté par la Compagnie de l&#8217;Astre,  nous avons vu leur deuxième spectacle : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce soir, nous serons dans la Cour d&#8217;honneur pour la troisième représentation de Richard II. Les commentaires, partagés, saisis à la sortie des deux premières aiguisent notre impatience. <strong>En attendant voici trois spectacles à voir… ou pas.</strong></p>
<div id="attachment_1284" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/pourlamourdephedre.gif"><img class="size-medium wp-image-1284" title="pourlamourdephedre" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/pourlamourdephedre-300x225.gif" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Pour l&#39;amour de Phèdre&quot;</p></div>
<p>Emballé par <em>Je suis Ophélie</em>, présenté par la Compagnie de l&#8217;Astre,  nous avons vu leur deuxième spectacle : une pièce de Sarah Kane,<em> <strong>Pour l&#8217;amour de Phèdre</strong></em>. La dramaturge anglaise a transposé dans notre monde contemporain la situation initiale et les personnages principaux du mythe antique.</p>
<p>En l&#8217;absence de Thésée, Phèdre tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte, jeune homme désabusé et cynique. Vient s&#8217;ajouter Strophe, fille de Phèdre, qui a déjà succombé aux charmes de ce héros triste.</p>
<p>Malgré les mises en garde de sa fille, Phèdre se jette littéralement sur Hippolyte qui, sans le moindre affect, lui répète inlassablement que le désir maintenant assouvi ne change rien à ses sentiments : il ne l&#8217;aime pas. D&#8217;ailleurs il n&#8217;aime personne. Phèdre l&#8217;accuse alors de viol avant de se suicider. Hippolyte accepte l&#8217;accusation et sa condamnation à mort.</p>
<p><strong>« La vie est trop longue  », déclare Hippolyte. Sombre constat qui fait écho au destin de Sarah Kane qui se suicida à l&#8217;âge de 28 ans, en laissant derrière elle une œuvre fulgurante qui avait immédiatement choqué et bouleversé la scène théâtrale anglaise. </strong></p>
<p>En faisant du jeune homme le centre de sa pièce, Sarah Kane lui donne l&#8217;apathie mélancolique d&#8217;un adolescent qui ne croit plus en rien. Sur la scène, William Astre ingurgite, jamais rassasié, des bonbons caoutchouteux et les journaux télévisés qui égrainent une litanie de faits divers plus sordides les uns que les autres : meurtres, viols, incestes.</p>
<p>Il est un enfant blasé qui renvoie en miroir au spectateur une inquiétante fascination, doublée paradoxalement d&#8217;indifférence, devant les horreurs du monde. Et s&#8217;il déclare que l&#8217;amour n&#8217;existe pas, pas plus que Dieu, que le plaisir sexuel (auquel il s&#8217;adonne sans émotion) est un leurre, il reste malgré tout une figure de l&#8217;innocence, une victime sans doute de la violence sociale.</p>
<p>Car Hippolyte est le personnage le plus pur de la pièce, acceptant l&#8217;accusation de viol et donnant ainsi l&#8217;occasion à la famille de le sacrifier, comme on le fait d&#8217;un agneau.</p>
<p><strong>William Astre lui donne une candeur concentrée qui ne s&#8217;étonne pourtant plus de rien. Avec un détachement nuancé d&#8217;humour noir, il jette à la face du monde, au-delà de toute révolte, des vérités crues et insupportables. </strong></p>
<p>Le comédien met en scène le spectacle avec Florence Wagner, laquelle sert le rôle de Strophe de sa voix étrangement musicale. Elle entre en scène en dansant le tango avec les murs – drôle de fête qui s&#8217;annonce&#8230;</p>
<p><strong>Ils orchestrent tous deux un spectacle dépouillé qui glisse du réalisme de la situation bourgeoise</strong> – Phèdre est ici une héroïne de feuilleton en tailleur scintillant et l&#8217;émotion accentuée d&#8217;Isabelle David amplifie l&#8217;impression – <strong>vers la fantasmagorie de la scène finale sacrificielle, shakespearienne et baroque.</strong></p>
<p><strong>Ces deux jeunes artistes – et les acteurs qui les accompagnent – prouvent une nouvelle fois leur détermination à proposer avec inventivité un théâtre difficile : souhaitons longue vie à leur compagnie. </strong></p>
<div id="attachment_1285" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/lebouc.gif"><img class="size-full wp-image-1285" title="lebouc" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/lebouc.gif" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Le Bouc&quot;</p></div>
<p>Dans<em> <strong>Le Bouc</strong>,</em> courte pièce écrite en 1969 par Rainer Werner Fassbinder, cinéaste culte des années 1970, un immigré grec va devenir le bouc émissaire, l&#8217;exutoire des fantasmes d&#8217;un groupe de jeunes Allemands désœuvrés et stupides. Le metteur en scène Guillaume Vincent installe d&#8217;emblée une distance entre les acteurs et le public en utilisant un rideau grillagé en bord de scène et en nimbant   les personnages d&#8217;une lumière tamisée. C&#8217;est hiératique et sans humanité.</p>
<p><strong>La mise en scène se résume d&#8217;ailleurs à trois idées répétées en boucle pendant une heure : </strong>une pauvre fille qui se prend une torgnole par son mec à chaque fois qu&#8217;elle rit, des personnages qui allument cigarette sur cigarette et ingurgitent des canettes de bières, des fondus enchaînés – sur des bruits de trains qui passent –  séquencent laborieusement la pièce. <strong>Et j&#8217;oubliais le bouc qui se promène avec des cornes de&#8230; bouc sur la tête. </strong></p>
<p>La scénographie n&#8217;a rien à voir avec les moyens des spectacles des compagnies du « off », la pièce étant produite par la Comédie de Reims, centre dramatique national, et interprétée par sa troupe de jeunes acteurs fraîchement diplômés des grandes écoles de comédiens.</p>
<p><strong>Le professionnalisme n&#8217;exclut pas l&#8217;ennui. Le sentiment de rester sur un quai de gare à regarder passer les trains avec une bière chaude.</strong></p>
<p>Curieusement la présentation de <em>Disparus</em> au théâtre des Doms ne fait pas du tout référence au roman d&#8217;Edmund Goulding, <em>Sa Majesté Les Mouches</em>. La situation est pourtant identique. À cause d&#8217;un accident d&#8217;avion, un groupe d&#8217;enfants se retrouve perdu sur une île déserte et tente de reconstruire un semblant de civilisation en faisant l&#8217;expérience de la solidarité ou de l&#8217;affrontement.</p>
<p>La pièce évacue la lutte pour le pouvoir et la séparation entre les « petits » et les « grands » présents d&#8217;emblée dans le roman. Le mythe de l&#8217;innocence de l&#8217;enfance n&#8217;y est donc pas autant remis en question.</p>
<p>Les neuf comédiens enchaînent les différents tableaux pleins d&#8217;humour et de gags visuels avec conviction. Mais le spectacle, monté et joué pour être abordable par un jeune public, perd en force dramatique même si le groupe doit faire face à la mort de l&#8217;un d&#8217;entre eux avant d&#8217;être sauvé par les adultes.</p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► <em>L&#8217;Amour de Phèdre</em>, à 22 h 15, Théâtre du Bourg Neuf. Rens. : 04 90 85 17 90.</p>
<p>►<em> Le Bouc</em>, à 13 h 30, Caserne des Pompiers. Rens. :  04 90 39 46 37.</p>
<p>►<em> Disparus</em>, à 13 heures, Théâtre des Doms. Rens. : 04 90 14 07 99.</p>
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		<title>Mardi 20 juillet. Yvette Horner et le Big Bang</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 10:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nouvelle salve de créations dans le festival « in » cette semaine. Après Baal hier, c&#8217;est au tour de Big Bang, de Philippe Quesne et, très attendu évidemment, La Tragédie de Richard II, avec Denis Podalydès, dans la Cour d&#8217;honneur du Palais des Papes, sans oublier un Délire à deux de Ionesco avec l&#8217;une de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nouvelle salve de créations dans le festival « in » cette semaine. Après<strong> </strong><em>Baal</em> hier, c&#8217;est au tour de<em> Big Bang,</em> de Philippe Quesne et, très attendu évidemment,<em> La Tragédie de Richard II,</em> avec Denis Podalydès, dans la Cour d&#8217;honneur du Palais des Papes, sans oublier un Délire à deux de Ionesco avec l&#8217;une de nos comédiennes préférées, Valérie Dréville. <strong>De quoi être impatient devant cet alléchant programme. </strong></p>
<p><strong>Apparemment tout le monde ne partage pas mon enthousiasme pour</strong><strong> Baal et mon coup de foudre pour Clotilde Hesme. Quel dommage ! </strong></p>
<p>Espérons simplement que les critiques les plus dures ne cachent pas un mauvais procès d&#8217;intention contre une direction du festival jugée (par certains) trop élitiste depuis sa nomination en 2003.</p>
<p>Le mandat des deux co-directeurs, Vincent Baudriller et Hortense Archambault arrivant à terme l&#8217;an prochain, les rumeurs commencent à circuler sur le non renouvellement de leur mandat et leurs successeurs possibles. Le « petit jeu » risque de se poursuivre dès la rentrée, à Paris, jusqu&#8217;à la prise de décision du ministre de la Culture.</p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<div id="attachment_1276" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><strong><em><strong><em><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/BIGBANG.gif"><img class="size-medium wp-image-1276" title="BIGBANG" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/BIGBANG-300x213.gif" alt="" width="300" height="213" /></a></em></strong></em></strong><p class="wp-caption-text">&quot;Big Bang&quot; © Anne-Christine Poujoulat/AFP</p></div>
<p><strong><em>Big Bang</em> risque, hélas, d&#8217;apporter de l&#8217;eau au moulin des détracteurs du festival. Philippe Quesne, dans sa nouvelle proposition, poursuit son travail de création d&#8217;un théâtre visuel, où les paroles sont réduites à des fragments anodins qui évoquent la création même de l’aventure qui se dessine sous nos yeux.</strong></p>
<p>On retrouve les personnages de son précédent spectacle <em>La Mélancolie des dragons</em>, qui ont laissé dans leurs loges leur chevelure des années 1970.</p>
<p>Dans un paysage désertique de banquise, trône la carcasse d&#8217;une automobile, seule trace d&#8217;une société engloutie. D&#8217;improbables bestioles rampantes et à poils vont surgir et muter progressivement en hommes primitifs devant réinventer le feu pour assurer sa survie.</p>
<p>La scène se transforme ensuite en une immense pataugeoire où les comédiens vont dresser une pyramide de canots pneumatiques. <strong>À l&#8217;évidence, Philippe Quesne est inspiré par  les débats récurrents sur le changement climatique !</strong></p>
<p>Toute « l&#8217;action » se déroule, comme toujours, avec des comédiens se maintenant volontairement à 8 de tension, ce qui peut contribuer à désarçonner le public peu au fait du travail de Philippe Quesne.</p>
<p>Artiste plasticien, il nous  livre un théâtre en apesanteur qui invite à entrer avec douceur dans un monde de songes plein d&#8217;humour et de poésie. Hors de toute convention dans la forme, ce théâtre reste accessible à condition de sortir des préjugés esthétiques. <strong>On adore !</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<div id="attachment_1277" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><strong><strong><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/La_madone_des_dancings_-473.gif"><img class="size-medium wp-image-1277  " title="La_madone_des_dancings_-473" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/La_madone_des_dancings_-473-300x199.gif" alt="" width="300" height="199" /></a></strong></strong><p class="wp-caption-text">&quot;La Madone des dancings&quot; © DR.  Yvette Horner est Antoinette Moya.</p></div>
<p><strong>Choc des cultures, on file dans le « off » entendre un spectacle qui nous raconte la vie d&#8217; Yvette Horner, la reine de l&#8217;accordéon</strong>, <em>La Madone des dancings</em>. Arrêtons-nous sur l&#8217;incroyable parcours de cette sacrée bonne femme se définissant comme <strong>« une religieuse de l&#8217;accordéon »</strong>, elle dont le désir de petite fille était de se consacrer à Dieu.</p>
<p>Née en 1922 quasiment dans le Théâtre des Variétés de Tarbes que dirigeaient ses parents, elle fréquente le conservatoire trois jours par semaine à Toulouse avec des allers-retours épuisant dès l&#8217;âge de 6 ans, pour poursuivre l&#8217;étude du piano.</p>
<p>Puis pratique l&#8217;accordéon à 11 ans, sur ordre de sa mère qui y voit un moyen de se démarquer et de faire carrière. Se dirige rapidement vers l&#8217;animation dans les cafés et les bals de la région. Devient championne de la Coupe du monde d&#8217;accordéon organisée en Suisse.</p>
<p>Rencontre René, un footballeur professionnel, l&#8217;homme de sa vie qui se consacrera exclusivement à elle et à sa carrière.</p>
<p>Enchaîne onze tours de France en onze ans dans la caravane du tour, accordéon dans la voiture, accordéon encore à la remise du maillot jaune, et toujours accordéon le soir en gala dans la ville étape. Connaît une immense popularité dans la France entière où elle se produit sans cesse.</p>
<p><em>The show must go on</em>, même le soir du décès de René : elle ne va pas décevoir les deux mille  spectateurs qui l&#8217;attendent à Charleville-Mézières. Elle enregistre par la suite à Nashville, ville mythique de la musique country.</p>
<p>Puis rencontre et croise des stars pop comme David Bowie et Nina Hagen, avant de devenir une icône dans les années 1980, habillée par Jean-Paul Gautier et participant à des spectacles de Maurice Béjart !</p>
<p><strong>« On t&#8217;aime Yvette !» clamaient même des punks à « crêtes rouges » (sic) lors de fêtes de la musique.</strong></p>
<p>Une vie de dingue qu&#8217;elle a racontée lors d&#8217;entretiens radiophoniques réalisés par France Culture en 2005, lesquels sont à la base de ce spectacle. On est d&#8217;autant plus déçu que le spectacle soit raté, ennuyeux, et interminable, qu&#8217;à l&#8217;évidence il y avait la matière pour en faire un rendez-vous mémorable.</p>
<p>Écriture, mise en scène et interprétation calamiteuse : personne ici ne semble avoir réellement travaillé, contrairement à Yvette qui chaque jour de sa vie – et jusqu&#8217;au dernier, promet-elle – fait ce qu&#8217;elle appelle « sa toilette des doigts », à savoir : au moins quatre heures de gammes et de morceaux divers, avec une humilité et une discipline de débutante.</p>
<p><strong>On va donc guetter une rediffusion des entretiens ou vérifier s&#8217;il n&#8217;existe pas une biographie ou autobiographie de la Reine du musette. À défaut, on se précipitera au grenier pour retrouver les 33 tours et l&#8217;électrophone de papa et de maman !</strong></p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► <em>Big Bang</em>, jusqu&#8217;au 26 juillet, au Gymnase Aubanel ; du 3 au 7 novembre au Centre Georges-Pompidou à Paris ;  les 9 et 10 décembre à Montpellier ; les 6 et 7 janvier à Strasbourg ;  les 10 et 11 février à Reims ; les 5 et 6 mai à Évry ;  du 17 au 19 mai à Nantes ;  les 25 et 26 mai à Poitiers.</p>
<p>► <em>La Madone des dancings</em>, Théâtre des Halles, Rens. : 04 32 76 24 51.</p>
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		<title>Lundi 19 juillet. Baal d&#8217;honneur à Avignon</title>
		<link>http://culture.blog.pelerin.info/web/lundi-19-juillet-baal-dhonneur-a-avignon/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Jul 2010 16:13:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Encore un grand moment de bonheur au Cloître des Célestins avec la création, hier soir, de Baal de Bertolt Brecht.
Baal est un jeune homme qui rêve de gloire littéraire et se perd dans une quête effrénée de tous les plaisirs, une sorte de poète à la Rimbaud, assoiffé de vin, de femmes et d&#8217;étoiles, rejetant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1272" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/pièce-de-théâtre.gif"><img class="size-medium wp-image-1272" title="pièce-de-théâtre" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/pièce-de-théâtre-300x222.gif" alt="" width="300" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">Clotilde Hesme au premier plan, avec Thomas Landbo, Jeanne Tremsal et Mathieu Genet © Anne-Christine Poujoula/AFP</p></div>
<p>Encore un grand moment de bonheur au Cloître des Célestins avec la création, hier soir, de<em> Baal</em> de Bertolt Brecht.</p>
<p>Baal est un jeune homme qui rêve de gloire littéraire et se perd dans une quête effrénée de tous les plaisirs, une sorte de poète à la Rimbaud, assoiffé de vin, de femmes et d&#8217;étoiles, rejetant violemment les codes et les convenances de la vie bourgeoise.</p>
<p>Dès lors que, fonctionnaire à la ville, il est renvoyé de son petit travail d&#8217;écritures, sa vie bascule dans une vaine fuite en avant où tous les excès sont possibles, jusqu&#8217;au meurtre de son meilleur ami – et sans doute faut-il y voir une forme de suicide.</p>
<p>Écrite au lendemain du chaos de la Première Guerre mondiale, <strong>cette pièce de jeunesse de Brecht est ancrée résolument et avec justesse dans notre monde contemporain par le metteur en scène François Orsoni. </strong></p>
<p>Il privilégie la direction d&#8217;acteurs, dont les corps – chantant, dansant, éructant ou livrés à l&#8217;amour – ont la première place.</p>
<p>Lors de la tournée à venir, il manquera bien sûr  une dimension essentielle, la représentation à ciel ouvert dans le décor naturel du cloître et la très grande proximité de jeu avec le public.</p>
<p><strong>C&#8217;est aussi cela, le meilleur d&#8217;Avignon, des créations uniques dans des lieux uniques.</strong> Lorsque Baal évoque le ciel violet ou son goût dangereux pour la contemplation des étoiles parce qu&#8217;elles rendent fragile, il entre en correspondance émouvante avec le ciel d&#8217;été au-dessus du public.</p>
<p>Dans un décor qui ne s&#8217;embarrasse pas d&#8217;un symbolisme pesant, François Orsoni met en relief de manière ludique tout l&#8217;apport de Brecht au théâtre contemporain : loin d&#8217;être de simples illustrations, les chansons et intermèdes musicaux rock deviennent des éléments dramatiques à part entière.</p>
<p>De même, la fameuse distanciation brechtienne est notamment accentuée ici par l&#8217;incarnation du protagoniste par une actrice.</p>
<p>Et lorsqu&#8217;un personnage de cabaret chante une romance espagnole entendue dans un film d&#8217;Almodovar, se révèle encore davantage le chaos régnant en maître sur les identités. D&#8217;autant plus que les comédiens incarnent ici plusieurs rôles.</p>
<p><strong>Le rapport trouble entre virilité et féminité, présent dans l&#8217;œuvre de Brecht, est souligné par Orsini qui réduit à des repères stéréotypés la mère de Baal – autoritaire et désemparée devant la vie dissolue de son fils – ou les diverses femmes-objets rejetées dès les désirs de Baal assouvis.</strong></p>
<p>Cependant, le centre de ce spectacle est paradoxalement une femme, puisque le héros est, en effet, interprété par la comédienne Clotilde Hesme. Présente de la première à la dernière scène, Clotilde Hesme donne toute sa vitalité et sa jeunesse à la démesure fébrile de Baal.</p>
<p>Elle parvient avec la plus précise subtilité à doubler son corps évidemment féminin d&#8217;une allure de garçon à la vie de bohème – ce qui ajoute une dimension supplémentaire aux scènes de débauche – comme si l&#8217;habitait le fantôme d&#8217;un vagabond de romans picaresques.</p>
<p>Elle vient aussi planter régulièrement son regard d&#8217;acier dans celui du public, livrant son ironie et sa détresse, pour des monologues fulgurants à l&#8217;image du destin de ce héros déchiré.</p>
<p><strong>Clotilde Hesme orchestre magnifiquement cette création et entre dans cette constellation des grands acteurs qui ont marqué le Festival d’Avignon</strong>, telle une de ces étoiles dont parle Baal, de celles qui rendent fragile certes, mais surtout admiratif et reconnaissant.</p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► <em>Baal</em>,  au Cloître des Célestins, à 22 heures, jusqu&#8217;au 25 juillet, du 11 au 13 octobre à Nantes ;  du 15 au 22 octobre à la Comédie de Reims, les 4 et 5 novembre à Arles, du 8 au 10 novembre à Lorient, le 17 novembre à Corte, le 19 novembre à Bastia ; le 22 novembre à Ajaccio ; et du 30 novembre au 22 décembre au Théâtre de la Bastille à Paris.</p>
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		<title>Samedi 17 juillet. Le théâtre autobiographique de Lagarce</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 16:45:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean-Luc Lagarce, décédé en 1995, est l&#8217;auteur contemporain le plus joué sur les scènes françaises. Il est entré au répertoire de la Comédie-Française, il y a deux ans, avec Juste la fin du monde, et ses textes sont aussi servis par les acteurs les plus en vue, comme Fanny Ardant qui n&#8217;hésita pas dernièrement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Luc Lagarce, décédé en 1995, est l&#8217;auteur contemporain le plus joué sur les scènes françaises. <strong>Il est entré au répertoire de la Comédie-Française, il y a deux ans, avec <em>Juste la fin du monde</em>, et ses textes sont aussi servis par les acteurs les plus en vue, comme Fanny Ardant qui n&#8217;hésita pas dernièrement à endosser le rôle de l&#8217;actrice vieillissante et ratée de <em>Music Hall</em>. </strong></p>
<p>Cette saison, Laurent Poitrenaux (à l&#8217;affiche des pièces d&#8217;Olivier Cadiot dans le in) reprenait avec succès <em>Ébauche d&#8217;un portrait</em>, d&#8217;après le journal de Lagarce, témoignage palpitant d&#8217;un jeune homme des années 1980. C&#8217;est donc tout naturel de le retrouver à l&#8217;affiche de différents théâtres du festival off.</p>
<p>On ne s&#8217;étendra pas sur le (très) jeune acteur qui interprète le monologue <em>Le Bain</em>. En l&#8217;absence de véritable metteur en scène et malgré un texte émouvant, <strong>le potentiel du jeune comédien reste à révéler</strong>.</p>
<div id="attachment_1267" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/theatre.gif"><img class="size-medium wp-image-1267" title="theatre" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/theatre-300x238.gif" alt="Alain Macé dans &quot;L'Apprentissage&quot;" width="300" height="238" /></a><p class="wp-caption-text">Alain Macé dans &quot;L&#39;Apprentissage&quot;</p></div>
<p>Peut-être qu&#8217;un jour, ayant acquis de l&#8217;expérience et fait les bonnes rencontres, parviendra t-il au niveau d&#8217;Alain Macé ? Dirigé par Sylvain Maurice, le comédien donne à entendre un autre monologue autobiographique de Jean-Luc Lagarce, <em>L&#8217;Apprentissage</em>.</p>
<p>Entubé et perfusé de toutes parts, ligoté sur son lit d&#8217;hôpital et incapable de communiquer avec son entourage, le personnage fait un retour progressif à la vie après une période de coma. C&#8217;est sa conscience qui s&#8217;adresse à nous, spectateurs, et qui nous fait partager son long éveil, des premiers battements de paupières à la première marche en dehors de l&#8217;hôpital.</p>
<p>Pas du genre à donner dans le pathos, Lagarce est constamment sur le registre de l&#8217;humour noir et d&#8217;une féroce lucidité à l&#8217;égard son entourage. Des infirmières infantilisantes et autoritaires à la famille haïe, tout le monde en prend pour son grade ! Cependant, reste  près de lui la présence mystérieuse et fascinante de celui qu&#8217;il nomme A.</p>
<p>L&#8217;écriture de Lagarce est toujours pleine de circonvolutions, de reformulations, pour traduire sa quête et sa difficulté à rendre compte, avec la plus grande précision, des situations et des émotions.</p>
<p><strong>Alain Macé donne corps à cette voix enfermée, à la fois clown triste et mime ligoté, tout en évitant le pathétique et l&#8217;excès de dérision. </strong>Sachant rester dans la mesure pour éviter le numéro d&#8217;acteur, <strong> il sert magnifiquement toutes les nuances et la sensibilité du très beau texte de Lagarce et de la comédie humaine qu&#8217;il observe.<br />
</strong><br />
Sans décor, sans accessoire, le metteur en scène choisit simplement de rythmer le monologue par des extraits de chansons interprétées par Marlène Dietrich à différents moments de sa vie, de sa voix de jeune débutante à sa voix grave de fumeuse incorrigible.</p>
<p>Le spectacle, joué en tournée depuis plusieurs années, rencontre un succès jamais démenti.  Le plus déchirant : le succès <em>post mortem </em>de l&#8217;auteur.</p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>►<em> L&#8217;Apprentissage</em>, à 20 heures, Théâtre La Luna. Rens. : 04 90 86 96 28. Tous les textes de Jean-Luc Lagarce sont publiés aux éditions Les Solitaires intempestifs.</p>
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		<title>Vendredi 16 juillet. Fosse d&#8217;orchestre</title>
		<link>http://culture.blog.pelerin.info/web/vendredi-16-juillet-fosse-dorchestre/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 09:59:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d'Avignon 2010]]></category>

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		<description><![CDATA[« Quand il y a autant de retard un jour de première, c&#8217;est pas bon signe », me souffle ma voisine dans la file d&#8217;attente. Cassandre avait raison&#8230;
Un metteur en scène – Christophe Huysman, également auteur et comédien dans son spectacle L&#8217;Orchestre perdu – travaille-t-il à ce point en autarcie pour ne pas anticiper un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Quand il y a autant de retard un jour de première, c&#8217;est pas bon signe », me souffle ma voisine dans la file d&#8217;attente. Cassandre avait raison&#8230;</p>
<p>Un metteur en scène – <strong>Christophe Huysman</strong>, également auteur et comédien dans son spectacle <em>L&#8217;Orchestre perdu</em> – <strong>travaille-t-il à ce point en autarcie pour ne pas anticiper un tel désastre ?</strong> Jamais le spectateur ne se sent concerné, à l&#8217;image du sentiment donné aussi par les comédiens. L&#8217;hémorragie du public est constante.</p>
<p>Les applaudissements sont froidement polis. Articulé péniblement autour de quatre séquences, la pièce navigue à vue entre le cabaret, le drame, le vaudeville et du théâtre qui se veut visuel en nous assénant des propos pseudo poétiques.</p>
<p>Est-ce bien le même Christophe Huysman qui nous avait surpris et ébloui en jonglant savoureusement avec la langue dans ses fameux <em>Repas HYC ?</em>  « L&#8217;épilogue, <em>La Chaîne des dormeurs</em>, sera une surprise », nous promettait l&#8217;auteur.</p>
<p>Épilogue donc : un lit s&#8217;élève laborieusement dans les airs, lesté de deux comédiens endormis. C&#8217;est la séquence <em>Bonne nuit les petits,</em> entamée une heure quarante plus tôt, mais sans le secours du marchand de sable.</p>
<p><strong>Sans maestro, L&#8217;Orchestre est bel et bien perdu.</strong></p>
<div id="attachment_1262" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/JESUISOPHELIE.jpg"><img class="size-medium wp-image-1262" title="JESUISOPHELIE" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/JESUISOPHELIE-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Je suis Ophélie&quot;</p></div>
<p>La Compagnie de l&#8217;Astre n&#8217;a pas froid aux yeux. Elle s&#8217;empare de deux textes légendaires, <em>Hamlet</em> de Shakespeare et <em>Hamlet-Machine</em> d&#8217;Heiner Müller, pour nous en proposer une adaptation baptisée <em>Je suis Ophélie</em>.</p>
<p>Une troupe se confronte au mythique héros danois et rencontre de multiples problèmes, de la distribution des rôles aux choix d&#8217;interprétation possible. Mise en abyme du théâtre dans le théâtre donc,<strong> le spectacle est ponctué de didascalies absurdes et de dialogues hors tragédie qui font mouche, devenant rapidement joyeusement explosif.</strong></p>
<p>L&#8217;engagement des quatre comédiens y est total. La mise en scène parvient, en utilisant avec intelligence les moyens du bord, à transformer la précarité inhérente à une jeune compagnie théâtrale en une expérience à l&#8217;énergie débridée mais sous contrôle, ingrédients assez rares dans les spectacles du off (et parfois du in).</p>
<p><strong>Notons également le courage de William Astre et Florence Wagner</strong> – les metteurs en scène/acteurs de la compagnie – et de leurs acolytes : en se détournant de choix consensuels pour explorer la langue d’Heiner Müller et celle de Sarah Kane (nous reviendrons prochainement sur cette deuxième proposition car, audace supplémentaire, il ont deux spectacles en alternance à Avignon), <strong>ils concourent à donner aux festivaliers autre chose que de l&#8217;attendu&#8230;</strong></p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► <em>L&#8217;Orchestre perdu</em>, jusqu&#8217;au 19 juillet, salle de spectacle de Vedène à Valenciennes, les 25 et 26 mars 2011 ; à Armentières, le 5 avril ;  à La Roche-sur-Yon, les 19 et 20 avril.</p>
<p>► <em>Je suis Ophélie</em>, à 22 h 15 les jours pairs, Théâtre du Bourg Neuf. Rens. : 04 90 85 17 90 ; <a href="http://www.bourg-neuf.com">www.bourg-neuf.com</a></p>
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		<title>Jeudi 15 juillet. Stanislas le Grand</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 13:31:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d'Avignon]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils sont rares ces moments au théâtre où un spectacle vous donne un sentiment de plénitude, un sentiment de total abandon, un moment de grâce. Chaque année, on les traque, on tente de les découvrir dans les programmes foisonnants des théâtres.
On dissèque les programmations, on surfe sur Internet pour se renseigner sur tel auteur qu&#8217;on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1307" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/stanislas.jpg"><img class="size-medium wp-image-1307" title="stanislas" src="http://culture.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2010/07/stanislas-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Stanislas Nordey © Vincent Pontet/wikispectacle</p></div>
<p>Ils sont rares ces moments au théâtre où un spectacle vous donne un sentiment de plénitude, un sentiment de total abandon, un moment de grâce. Chaque année, on les traque, on tente de les découvrir dans les programmes foisonnants des théâtres.</p>
<p>On dissèque les programmations, on surfe sur Internet pour se renseigner sur tel auteur qu&#8217;on ne connaît pas, on retient ce jeune metteur en scène prometteur, on ne manquerait pas ce comédien qui mène une brillante carrière.</p>
<p><strong>Avouons-le, les rendez-vous qu&#8217;on anticipe ne sont pas toujours, ne sont pas forcément les meilleurs.</strong> Trop d&#8217;attentes misées sur une distribution alléchante, déception pour un spectacle qui ne tient pas ses promesses. Ou simplement, son propre état de spectateur qui n&#8217;est pas disponible ce soir-là, trop de fatigue qui nous rend indisponible à une bonne réception du projet.<br />
<strong><br />
Sans crier gare, hier soir était un de ces moments forts, inattendu car pas du tout anticipé</strong>, total car toutes les conditions étaient réunies. Un texte, <em>a priori </em>pas du tout théâtral puisqu&#8217;il s&#8217;agit des fragments d&#8217;un journal, une mise en scène simple, sans esbroufe, un comédien dans une tension extrême qui vous saisit dès les premières minutes et qui ne vous lâchera pas jusqu&#8217;au salut final deux heures plus tard.</p>
<p>Stanislas Nordey, comédien et co-metteur en scène avec l&#8217;auteur allemand Falk Richter du spectacle <em>My Secret Garden</em>, est <strong>époustouflant de bout en bout</strong>. Seul en scène la première heure dans un face à face saisissant avec le public, il donne vie à cette autofiction avec une intensité enfiévrée qu&#8217;on lit sur son visage quasiment christique.</p>
<p>Laurent Sauvage et Anne Tismer, eux aussi éblouissants, le rejoignent à mi-parcours, mais ce n&#8217;est que progressivement et subtilement qu&#8217;ils s&#8217;uniront dans le jeu.</p>
<p>Le spectacle bascule alors dans une vision kaléidoscopique où se confondent auteur et comédiens (par mise en abyme, le texte cite avec humour Stanislas Nordey lui-même), en crescendo jusqu&#8217;au final où le décor mystérieux prend tout son sens dans la dernière partie de la représentation.</p>
<p><strong>Le texte, journal intime de Falk Richter, est d&#8217;une richesse exceptionnelle</strong>, passant de ses souvenirs de jeunesse (on n&#8217;envie pas la mère qu&#8217;il a dû supporter), à sa vie professionnelle (quel boulot pour trouver un titre à un spectacle), sans oublier sa vie amoureuse (quelle abnégation il faut pour aimer un artiste), ses fantasmes (mais tous les fantasmes ne sont pas faits pour être vécus), ses réactions à l&#8217;actualité (la crise bancaire a aussi sévi en Allemagne), la fascination stéréotypée des artistes allemands pour la France accueillante (Romy Schneider, Fassbinder) – en opposition avec l&#8217;Allemagne, pays irrémédiablement entaché depuis le nazisme –  même si les hommages à la culture française sont parfois parodiques (Godard, <em>Le Mépris</em>).</p>
<p>En sortant, on veut se précipiter sur le texte. Frustration, il n&#8217;est pas (encore) édité. On se console en prenant date pour une nouvelle représentation quand le spectacle sera joué en décembre à Ivry.</p>
<p><strong>Luc Reyrolle</strong></p>
<p>► <em>My Secret Garden</em>, salle de Montfavet, jusqu&#8217;au 17 juillet ; à la Comédie de Reims, les 3 et 4 décembre et au Théâtre des Quartiers d&#8217;Ivry, du 8 au 18 décembre.</p>
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