Blog Culture Pèlerin http://culture.blog.pelerin.info Un blog utilisant WordPress Tue, 12 Aug 2014 12:44:54 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.6 Brian Selznick (Hugo Cabret) : « Martin Scorsese ? Un gamin dans un magasin de bonbons ! » http://culture.blog.pelerin.info/2011/12/brian-selznick-hugo-cabret-%c2%ab-martin-scorsese-un-gamin-dans-un-magasin-de-bonbons-%c2%bb/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/12/brian-selznick-hugo-cabret-%c2%ab-martin-scorsese-un-gamin-dans-un-magasin-de-bonbons-%c2%bb/#comments Wed, 14 Dec 2011 09:57:31 +0000 Josephine http://culture.blog.pelerin.info/?p=1675

Auteur de « L’invention de Hugo Cabret » (éd. Bayard), Brian Selznick voit son oeuvre adaptée à l’écran par… Martin scorsese ! Rencontre avec un écrivain comblé.

Par Joséphine Lebard/Pèlerin

Qu’avez-vous pensé quand vous avez su que Scorsese allait porter votre livre à l’écran ? Un réalisateur comme Spielberg ne semblait-il pas plus légitime pour se glisser dans un univers enfantin ?

En disant cela, vous oubliez une chose. Martin Scorsese a toujours, dans sa filmographie, privilégié l’expérimentation. Il se renouvelle constamment ! Par exemple, après « Taxi Driver », film plutôt noir et violent, il enchaîne avec « New York, New York » qui est une comédie musicale.

Sincèrement, je n’aurais jamais pensé à lui pour porter mon livre à l’écran. Mais quand je l’ai su, je me suis dit « Mais bien sûr ! Cela ne peut être personne d’autre ! » Vous auriez du le voir, en train de manier la 3D. On aurait dit un gamin dans un magasin de bonbons !

D’où vient votre engouement pour Georges Méliès, un des personnages principaux de votre livre ?

Très jeune, j’ai vu « Le voyage dans la lune » dont je suis tombé instantanément amoureux. Pendant des années, j’ai eu envie d’écrire un livre sur Méliès sans bien savoir comment m’y attaquer.

Un jour, j’ai lu qu’alors que son studio périclitait, il avait détruit non seulement des films mais aussi des automates qu’il avait conçus. J’ai alors eu l’image d’un jeune garçon trouvant l’un de ces automates au milieu des ordures.

C’est l’acte de naissance de « L’invention de Hugo Cabret ». Mais pour en revenir à mon amour pour Méliès, j’aimerais vous confier une anecdote. En 2005, je me rends sur sa tombe, au Père-Lachaise, et j’y dépose un dessin reprenant une scène du « Voyage dans la lune ».

Dessus j’avais écrit : « A Georges Méliès, de la part d’un fan ». Il y a quelques jours, au salon du Livre de la jeunesse de Montreuil, je raconte cette histoire. A la fin de ma conférence, une dame vient me voir et me dit qu’elle a ce dessin. Il s’agit de Marie-Hélène, l’arrière-petite-fille de Méliès à qui cet hommage avait beaucoup plus, qui l’a repassé au carbone et encadré chez elle !

Dans votre livre, vous proposez un regard sur le Paris de 1931. Comment avez-vous travaillé pour reconstituer la capitale au début du siècle ?

J’ai fait plusieurs voyages ! Le premier, je me suis contenté de regarder autour de moi, de m’imprégner. Lors de ma deuxième venue, j’ai fait des photos d’endroits spécifiques, capitaux dans le déroulé de l’action. Par exemple, la gare où habite Hugo Cabret emprunte aussi bien à la gare du Nord qu’à la gare de l’Est.

En revanche, les horloges sont celles de la gare d’Orsay. J’ai aussi regardé beaucoup de films français. Notamment ceux de Jean Vigo comme « L’Atalante » ou « Zéro de Conduite ». J’ai aussi visionné les œuvres de René Clair. En fait, j’ai conçu mon livre comme un film.

J’ai commencé en écrivant le texte. Et, à chaque fois qu’il y avait de l’action, j’ai choisi de remplacer les mots par des dessins. Seuls les pensées et le cheminement intellectuel des personnages demeuraient à l’écrit. Je suis ainsi passé d’un texte de 100 pages à un livre de 530 pages ! Heureusement, mon éditeur m’a suivi !

Enfant, quels sont les livres et les films qui vous ont nourri ?

Le livre, c’est indéniablement la série des « Chapardeurs » de Mary Norton. Il s’agit d’une famille de très petits êtres qui habitent les maisons des humains. Plus jeune, je leur bâtissais des lits en espérant qu’ils viendraient s’installer chez moi.

Côté cinéma, j’avoue un faible pour le magicien d’Oz, produit par le cousin de mon grand-père, David O’ Selznick. Petit, je trouvais ça absolument génial de voir mon nom au générique des films !

Inteview vidéo de Brian Selznick.

A l’occasion de la Comédie du Livre de Montpellier en mai 2010, Emile (11 ans) a rencontré Brian Selznick et réalisé avec lui en anglais une interview sur les conditions d’écriture du roman et ses liens avec le projet d’adaptation cinématographique par Martin Scorsese.

La vidéo a été réalisée par Sabine Ternon dans le cadre de l’association Neosphere, association d’éducation par l’image regroupant une quinzaine de jeunes de 10 à 18 ans autour de projets de rencontres-interviews, reportages pour web télés et réalisation de courts-métrages

Source : Bayard éditions.


interview-brian-selznick par Bayard_Editions

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L’écrivain Delphine de Vigan : « Dans ma famille, la foi et la solidarité ont permis de traverser les plus grands drames » http://culture.blog.pelerin.info/2011/11/lecrivain-delphine-de-vigan-dans-ma-famille-la-foi-et-la-solidarite-ont-permis-de-traverser-les-plus-grands-drames/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/11/lecrivain-delphine-de-vigan-dans-ma-famille-la-foi-et-la-solidarite-ont-permis-de-traverser-les-plus-grands-drames/#comments Mon, 14 Nov 2011 09:12:25 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1669

 

Nous avions adoré Rien ne s’oppose à la nuit roman sur sa mère Lucile, atteinte de folie bipolaire, suicidée à 61 ans. Nous en avons parlé avec Delphine de Vigan, étonnée et heureuse du succès public de son livre (couronné du prix du roman Fnac, du prix roman France Télévisions et du prix Renaudot des lycéens).

 

Pèlerin : Votre roman est LE best-seller de la rentrée. Votre réaction ?
Delphine de Vigan : Je n’imaginais pas que ce livre rencontrerait un public aussi large ! J’avais même plutôt la crainte inverse : qu’il reste confidentiel. Beaucoup de lecteurs me parlent de la façon dont ils ont été touchés. Certains ont fait le lien avec leur propre histoire familiale. D’autres, qui n’ont rien vécu de tout cela, y ont trouvé malgré tout un écho à leur vie et aux failles que chacun porte en lui. Quand j’ai rencontré des jeunes pour le Goncourt des lycéens, les profs m’ont expliqué que leurs élèves pouvaient se retrouver dans mon livre parce qu’il parle aussi de la manière dont on se construit par rapport à son milieu d’origine.

L’histoire racontée est celle de votre famille. Pourquoi avoir appelé cela « roman » ?
Dès lors qu’il y a une reconstruction, on est dans un roman, parce qu’on est obligé de choisir une version plutôt qu’une autre. D’une certaine manière tout est vrai mais les faits sont vus à travers mon prisme. Par ailleurs certaines scènes comme chez le glacier ou à l’école, quand Lucile doit monter à la corde, sont totalement inventées pour révéler le rapport de Lucile à elle-même et aux autres.

Ce qui frappe dans votre livre, c’est aussi la gaieté qui s’en dégage. Il y a des moments très drôles…
Merci de l’avoir remarqué ! Pour moi, il y a effectivement des choses drôles et rire dans les épisodes les plus noirs a été une manière de survivre. J’espère que cela transparaît dans le roman, notamment quand je raconte mon adolescence et mes rêves conformistes d’une belle maison…

Ce portrait de Lucile est aussi un portrait de famille. Vous fait la part belle aux personnages lumineux comme celui de votre grand-mère, Liane…
Il est vrai que dans ma famille la foi et la solidarité ont permis de traverser les plus grands drames. Je ne suis pas croyante et je le regrette, mais il y a en moi cette vitalité que ma transmis ma grand-mère. Sa foi était humaniste. Par exemple quand elle nous disait que l’enfer n’existait pas, que ce n’était pas possible ! Chez ma mère, on pouvait aussi déceler des traces de cette force : dans sa volonté d’aller de l’avant, son courage et une aspiration spirituelle très profonde, qui n’a pas trouvé où se placer.

Après ce livre, reviendrez vous à la fiction ?
Oui. J’ai déjà une idée mais j’ai envie de prendre mon temps sur ce projet. De toutes les façons je suis incapable d’enchaîner les livres, j’ai besoin d’un temps de pause. Pour la promotion de « Rien ne s’oppose à la nuit » j’ai déjà averti que j’arrêterai assez vite car je veux continuer à en parler de façon authentique. Fin décembre j’arrête tout !

Propos recueillis par Anne-Claire Ordas

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Juan Cedrón : Oh mon tango… http://culture.blog.pelerin.info/2011/10/oh-mon-tango/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/10/oh-mon-tango/#comments Fri, 28 Oct 2011 15:54:08 +0000 Alice http://culture.blog.pelerin.info/?p=1660

Jusqu’à dimanche, le charmant théâtre des Déchargeurs, à Paris, accueille le Cuarteto Cedron, le groupe argentin mythique fondé en 1964. Sur la petite scène, Juan Cedrón, le chanteur (et fondateur) met en musique les textes de poètes argentins, sur des rythmes de tango et de milonga… « même si je n’ai jamais bien saisi les différences », s’amuse l’intéressé qui entre deux titres discute, en français (il a vécu 30 ans à Paris), avec le public.

Une guitare, une contrebasse, un violon, les lamentations d’un bandoneon… et nous voilà transportés au coeur des faubourgs de Buenos Aires. Dans les accords joués par le quartet et dans la voix de Juan Cedron transparaît tout l’amour de la formation pour sa ville…et son imaginaire. Une soirée envoûtante.
Alice Le Dréau

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L’écrivain haïtien Lyonel Trouillot « se bonifie, grâce à l’autre » http://culture.blog.pelerin.info/2011/09/lecrivain-haitien-lyonel-trouillot-se-bonifie-grace-a-lautre/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/09/lecrivain-haitien-lyonel-trouillot-se-bonifie-grace-a-lautre/#comments Tue, 27 Sep 2011 16:43:54 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1651 L’écrivain, natif de Port-au-Prince, est l’une des figures de la société haïtienne. Il vient de publier « La belle amour humaine », aux Editions Actes Sud ; 176 p.

La quête d’identité d’une jeune femme qui se rend en Haïti sur les traces de son père pour tenter de comprendre qui il était.

Très engagé dans la reconstruction de sa ville depuis le séisme de 2010, il nous confie ses émotions et ses convictions.

La dernière fois que vous avez ri ?
Hier, après-midi, lorsque ma fille a fait le pitre. C’est sa façon de se montrer généreuse.

La dernière fois que vous avez pleuré ?
Je ne me rappelle pas la dernière fois. En revanche, je me souviens très bien de mes larmes, le jour de la mort du poète haïtien René Philoctète, en 1995. Il comptait beaucoup pour moi.

Votre principale qualité ?
La disponibilité. C’est essentiel de donner du temps aux autres.

Votre principal défaut ?
Face à l’indifférence, je deviens acerbe.

Votre péché mignon ?
Ma fascination pour la beauté qui peut m’entraîner très loin.

Une raison d’espérer ?
L’amour. Parfois, on a besoin de bras, de tendresse et d’intelligence pour avoir envie d’être encore là le lendemain matin.

Un regret ?
Ne pas avoir pu travailler plus longtemps avec René Théodore, l’ancien secrétaire général du Parti unifié des communistes haïtiens. Il a été emporté par un cancer en 2003.

Qui voyez-vous au paradis ?
Les gens qui me sont chers, malgré leurs défauts…

Pour vous l’enfer, c’est quoi ?
Etre incompris.

Un geste d’amour ?
Le faire, déjà.

Ce qui vous rend meilleur ?
Je crois en la capacité de l’homme à se bonifier, mais pas tout seul. Alors je dirais l’autre, qui peut vous comprendre, partager des moments avec vous, vous faire changer aussi.

Ce qui vous met en colère ?
La bêtise humaine, lorsqu’on ne fait pas un bon usage de sa présence au monde. C’est d’ailleurs le sujet de mon dernier livre.

La dernière fois que vous avez demandé pardon ?
Parce que j’avais mal agi. Il m’est même arrivé d’écrire pour demander pardon. A travers « Le livre de ma vie » (non publié en France), je m’excuse auprès d’une femme dont je n’avais pas compris la décision de ne pas avoir d’enfants

Un souhait, un vœu ?
Participer à une grande fête où chacun aurait à manger en abondance et serait heureux.

Recueilli par Faustine Prévot

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Nadine Labaki : « Mon film rend hommage au courage des Libanaises » http://culture.blog.pelerin.info/2011/09/nadine-labaki-mon-film-rend-hommage-au-courage-des-libanaises/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/09/nadine-labaki-mon-film-rend-hommage-au-courage-des-libanaises/#comments Tue, 20 Sep 2011 08:58:07 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1643

Ceux qui ont vu son film « Caramel », sorti en 2007, connaissent le visage de Nadine Labaki. Elle y jouait en effet le rôle de la patronne du salon de beauté « Si Belle », où des femmes de Beyrouth venaient partager leur joies et leurs angoisses.

Dans « Et maintenant on va où ?», la réalisatrice et actrice campe la tenancière de l’unique bistrot d’un village, dont les femmes, chrétiennes et musulmanes, tentent coûte que coûte de freiner les ardeurs belliqueuses de leurs maris.

Drôle et tendre, cette comédie, qui s’est taillé un joli succès au dernier festival de Cannes, transcende magnifiquement un sujet grave, dont l’actualité au Moyen-Orient résonne sans cesse.

Au début de l’été, Nadine Labaki, qui vit au Liban, était à Paris pour défendre son long métrage. Nous l’avons rencontrée.

Par Philippe Royer/Pèlerin

Comment est né votre film ?

En mars 2008, après deux années d’une paix relative, avec la fin de la guerre du Sud Liban, mon pays a replongé du jour au lendemain dans un conflit interconfessionnel. Prenant prétexte du pouvoir grandissant du Hezbollah, chrétiens, chiites et sunnites ont brutalement repris les armes.

La situation était absurde. J’ai vu des voisins cohabitant jusque là en paix, devenir en un jour les pires ennemis. Beyrouth a vécu une terrible bataille de rues.

Quelques semaines plus tôt, j’avais appris que j’étais enceinte. Face à ce regain de haine, et je me suis demandé jusqu’où je pourrais aller, si j’avais un grand fils, pour l’empêcher de participer aux combats.

C’est ainsi qu’est née l’histoire de « Maintenant on va où ? » : les femmes d’un village font tout pour empêcher leurs hommes de se faire la guerre.

Le Liban n’est jamais cité dans votre film. Votre village existe t-il réellement ?

On en trouve beaucoup au Liban qui lui ressemblent, où la mosquée a été construite à côté de l’église.

Même si j’ai adopté le ton du conte, je tenais à un ancrage dans la réalité géopolitique de mon pays. Cela étant, mon film parle de la guerre en général. Pas d’une en particulier.

Ces femmes hurlent leur désespoir dans la rue … Est-ce une réalité au Liban ?  

Je ne connais pas une seule Libanaise qui n’ai vécu un drame – la perte d’un enfant, d’un mari, ou d’un être cher – directement lié à la guerre.  Sans autres moyens pour exprimer leurs souffrances, qu’en retournant contre elles la violence et l’injustice qu’on leurs avait infligées.

J’en ai vu s’arracher les cheveux par poignées, déchirer leurs vêtements, se rouler par terre, ou se cogner la tête contre un mur… Je suis obsédée par ces images.

En un sens, mon film rend hommage à leur courage. Je ne sais pas comment elles ont fait pour continuer à vivre. Aucune idéologie ne justifie qu’on tue un fils, un mari. Pas plus que je ne comprends ces femmes, et il y en a, qui  poussent au contraire les hommes à s’engager dans une guerre.

J’ai transposé ces souffrances à ma manière, certes un peu naïve et innocente. Comme un enfant confronté à une situation absurde, et qui rêve à une autre réalité.

Vous-êtes vous inspirée de femmes en particulier ?

Non, j’écris instinctivement. C’est après coup que je me rends compte de ce qui a nourri mon inspiration : une tante que j’ai admiré, une femme rencontrée un jour, une cousine éloignée …

Ces similitudes avec mes personnages de fiction me sautent aux yeux lors des grandes réunions de famille et d’amis. La nature humaine en général me fascine. J’observe beaucoup. Je me mets dans un petit coin, et je regarde…

Pourquoi avez-vous joué la carte de la comédie musicale ?  

J’adore la musique et la danse. C’est mon mari, Khaled Mouzanar, qui a composé la musique. C’est une sorte d’hommage à tous les films musicaux que j’ai aimé.

« Caramel », votre précédent film, a connu un succès international …

« Caramel » a été vendu dans plus de 60 pays ! Le Liban est une petite nation, sans industrie du cinéma  rapportant de l’argent. Mais il y a régulièrement des films comme « Caramel » qui sortent du lot.

Le cinéma aurait-il  remplacé la littérature, florissante autrefois au Liban ?

C’est vrai que le cinéma est un art plus distrayant, et donc plus attractif. Mais la littérature libanaise n’a pas dit son dernier mot.

Prenez l’écrivain Amin Maalouf. Nous sommes très fiers qu’il soit entré à l’Académie Française.

Le fait est que « Caramel » est devenu une sorte d’ambassadeur de notre cinéma à travers le monde.

Quand les Libanais partent en voyage, ils glissent toujours un DVD de mon film dans leurs bagages, pour l’offrir à leur amis à l’étranger. « Caramel » est devenu une fierté national. Cela me touche beaucoup, et m’encourage. Je me sens investie d’une sorte de mission.

A vrai dire, une oeuvre ou une personne ayant réussi à l’étranger nous rend fiers. C’est comme une revanche sur l’adversité. Nous ne sommes que quatre millions à vivre au Liban, un pays tout sauf facile. Contre une diaspora de 12 millions Libanais !

« Et maintenant on va où » ?

Je ne sais toujours pas ! Nous vivons au jour le jour depuis si longtemps ! Nous avons pris la mauvaise habitude de ne jamais faire de projets, car on ne sait pas si la guerre ne va pas reprendre le lendemain et tout anéantir.

Recueillis par Philippe Royer

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Visa pour l’image 2011 : notre hommage à trois femmes photoreporters http://culture.blog.pelerin.info/2011/09/visa-pour-limage-2011-notre-hommage-a-trois-femmes-photoreporters/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/09/visa-pour-limage-2011-notre-hommage-a-trois-femmes-photoreporters/#comments Mon, 05 Sep 2011 16:34:21 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1633

Lauren devient religieuse à 21 ans. Un reportage de Toni Greaves dans Pèlerin cette semaine

Par Catherine Lalanne, rédactrice en chef, membre du jury du Prix Canon de la Femme Photojournaliste décerné par l’Association des Femmes Journalistes.

Un 23ème festival de photo reportage sous le signe du printemps arabe et la catastrophe de Fukushima … C’était à prévoir ! Logique, les prix suivent le mouvement et récompensent les reporters qui ont couvert les évènements qui ont fait trembler le monde ces derniers mois.

Le Visa d’or catégorie News du 23e festival Visa pour l’ Image a été décerné au photographe russe Youri Kozirefpour son travail sur « Les chemins de la révolution ». Spécialiste des conflits dans le monde, Youri Kozyrev a suivi les mouvements de contestation en Egypte, au Bahrein et en Libye. Et a ramené des clichés d’une force incroyable.

C’est un français, Olivier Jobard, qui a reçu le Visa d’or catégorie Magazine. Son reportage « Zarsis-Lampedusa, l’odyssée de l’espoir » met en scène l’exode des Tunisiens, à bord de chalutiers, vers les côtes italiennes. Le périple de la dernière chance !

Shiho Fukada a remporté le Visa d’Or Presse Quotidienne pour sa couverture des conséquences du tsunami sur les populations civiles dans la région de Fukushima. Des images bouleversantes du quotidien des japonais après le séisme.

Trois femmes formidables sont aussi à l’honneur cette année. Je tiens à leur rendre un hommage appuyé.

Catalina Martin Chico a emporté le Visa d’or « humanitaire »du Comité international de la Croix Rouge ( CICR) pour son reportage sur la révolution yéménite. Catalina a commencé la photo « sur le tard » à 41 ans et s’est donnée pour mission de témoigner du quotidien des populations dont on ne parle pas. Elle y réussit avec une sensibilité et une empathie qui vont droit au coeur.

Ilvy Njiokiktjien est la lauréate du Prix Canon de la Femme Photojournaliste décerné par l’Association des Femmes Journalistes. Je m’attarde volontairement sur elle car je suis membre de ce jury depuis neuf ans déjà.

J’ai un faible, je dois l’avouer, pour cette bourse qui soutient les rares femmes reporters dans une profession majoritairement masculine. Ilvy Njiokiktjien a reçu 8000 euros pour son projet sur les adolescents afrikaners en Afrique du Sud.

Depuis la fin de l’apartheid en 1994, la population blanche a du mal à trouver sa place. L’insécurité et le taux de criminalité en augmentation incitent certaines familles à envoyer leurs enfants faire des stagesd’ auto-défense, sous la houlette d’anciens militaires de l’apartheid. Les jeunes entrent au camp en croyant encore au changement, avec du respect pour l’ancien Président Mandela. Ils en sortent avec un fort sentiment nationaliste afrikaner et la certitude de ne pas appartenir à l’Afrique du Sud.

Ilvy va rejoindre un camp qui les fait tirer à armes réelles et suivre ces jeunes dans leurs familles qui, parfois, ont prévu de rejoindre le maquis quand Nelson Mandela mourra… Elle repart en octobre. Je vous donnerai de ses nouvelles. Son travail sera exposé à Perpignan en septembre prochain.

La troisième femme n’a reçu aucune récompense. Nous avons pourtant consacré six page à son travail dans le Pèlerin de cette semaine (disponible chez les marchands de journaux jusqu’au mercredi 7 septembre). Toni Greaves, a suivi trois années durant une novice de 21 ans, Lauren Frankho, dans son monastère dominicain de Summit dans le New Jersey (USA)

Je vous laisse découvrir la grâce et le talent de cette photographe qui croit à la force du divin. Ses clichés sur Lauren, projetés jeudi dernier à Perpignan dans le cloître médiéval du Campo Santo, ont suscité une émotion réelle. La joie lumineuse des novices crevait l’immense écran, dans la nuit catalane.

Je peux vous en parler, j’y étais. Pour le ressentir par vous même, je vous invite à plonger dans notre édition de la semaine. Rendez-vous p 31 !

 

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Michel Ocelot : « J’use de mon pouvoir magique pour faire du bien aux enfants » http://culture.blog.pelerin.info/2011/07/michel-ocelot-%c2%ab-j%e2%80%99use-de-mon-pouvoir-magique-pour-faire-du-bien-aux-enfants-%c2%bb/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/07/michel-ocelot-%c2%ab-j%e2%80%99use-de-mon-pouvoir-magique-pour-faire-du-bien-aux-enfants-%c2%bb/#comments Wed, 20 Jul 2011 07:21:21 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1623 Le « papa » de Kirikou revient au cinéma d’animation le 20 juillet avec un nouveau film, « Les contes de la nuit », réalisé à la manière de son charmant « Princes et princesses ». Un joli théâtre d’ombres qui bénéficie des progrès de la 3D.

Pèlerin : Vous aimez vous définir comme un sorcier. Qu’entendez-vous par là ?
Michel Ocelot : J’ai un pouvoir magique, celui de transformer une page blanche en histoire. Tout petit, déjà, j’adorais dessiner. Très jeune, déjà, j’avais créé mon propre théâtre de marionnettes. Vers 12 ou 13 ans, je fabriquais aussi des dessins animés, que mon père projetait avec son appareil à diapositives. J’use de mon pouvoir magique pour faire du bien aux enfants et aux adultes et, je ne m’en cache pas, pour leur transmettre des messages.

Quel genre de messages ?
L’humanité m’épuise. Toutes ces guerres, tout ce racisme… J’ai envie de donner de l’espoir aux gens, de traiter ces sujets, mais de manière décontractée, optimiste. Par exemple, Azur et Asmar prône la tolérance et le mélange des cultures. Dans Les contes de la nuit, mon dernier film, il y a autant de thèmes abordés que de contes. J’ai horreur du mensonge, et je le dis dans Le garçon qui ne mentait jamais. Dans Le loup garou, je parle de la différence à travers cette princesse qui aime ce beau chevalier condamné à se transformer en loup quand tombe la nuit…

Les contes de la nuit compte six histoires différentes. Pourquoi avez-vous privilégié les histoires courtes ?
Avant de connaître le succès grâce à Kirikou, j’ai souvent travaillé sur des formats courts. Ce format me semble idéal pour l’animation, où il faut tout contrôler au vingt-quatrième de seconde. Un sculpteur ne réfléchit pas au poids de sa sculpture, il pense à la cohérence de son œuvre. C’est pareil pour moi. Le prochain Kirikou sera d’ailleurs lui aussi divisé en cinq volets bien distincts.

Vous travaillez déjà dessus ?
Oui, il sortira le 12 décembre 2012. Je ne voulais pas nécessairement remettre le couvert, mais comme pour le deuxième opus, je me suis laissé convaincre par les producteurs. Et aussi et surtout par les spectateurs. Je reçois des lettres des quatre coins du monde, d’Asie, du Brésil. Et même d’Alaska, où un père m’a raconté que ses enfants, pourtant emmitouflés de fourrure, se prenaient pour Kirikou. Souvent, on m’a dit : “Vous n’avez pas le droit d’arrêter !” Je n’ai fait qu’obéir. (rires)

Revenons-en aux Contes de la nuit. D’où viennent vos histoires ?
J’en ai écrites certaines, comme Garçon tam-tam. Sinon, je reprends des contes traditionnels existants, que je modifie bien souvent. L’élue de la ville d’or est notamment un conte africain que j’ai situé dans l’Amérique aztèque.

Pourquoi avez-vous utilisé la 3D relief ?
Difficile aujourd’hui, d’un point de vue commercial, de sortir un film d’animation qui ne soit pas en relief. Cette technique, que j’ai utilisée comme un jouet, m’a toutefois renvoyé à mes débuts, quand je n’avais pas d’argent et que je fabriquais des images en relief, avec des découpages, des collages.

Que représente pour vous le fait de prendre, en guise de fil conducteur, deux enfants et un adulte qui se déguisent, qui fabriquent eux-mêmes leurs vêtements pour raconter une histoire ?
Je vais avouer un secret : si mon film pouvait donner aux enfants l’envie de créer, de prendre des crayons et des ciseaux, d’aller fouiller dans les livres pour mieux connaître les us et coutumes d’autres civilisations, je serai le plus heureux des hommes.

La critique du film Le conte de la nuit :
C’est un cinéma de quartier. De ceux qui se font dévorer, au fil des ans, par les multiplexes. Lui survit, au milieu des immeubles d’une mégalopole. Mais, d’ailleurs, qui dit qu’il est encore vraiment ouvert ? Car c’est seulement tard le soir, dans l’indifférence de la grande ville, que la salle semble s’animer.

Un jeune garçon, une jeune fille et un projectionniste s’amusent alors à mettre en images, sur l’écran, les contes auxquels ils rêvent. Grâce à une incroyable machine, ils se fabriquent leurs costumes et deviennent les héros de leurs films : princesse, chevalier et même… victime d’un sacrifice aztèque.

Si Michel Ocelot ( Kirikou et la sorcière, Azur et Asmar…) revient au théâtre d’ombres utilisé dans son charmant Princes et Princesses, il choisit, cette fois, d’y adjoindre les progrès de la 3D. D’un côté les ombres chinoises, qui nous ramènent aux lanternes magiques et aux balbutiements du cinéma. De l’autre, la trois dimensions, une des expressions les plus modernes du 7e art.

L’union fonctionne parfaitement. Mais la réussite des Contes de la Nuit ne tient pas à une simple prouesse esthétique. Par le choix de ces contes, comme Ti-Jean et la Belle sans connaître ou Le garçon Tam-Tam, Michel Ocelot montre aux petits (et aux grands), que chacun est capable d’écrire son propre destin.

Ses petits héros refusent ainsi d’incarner certains personnages ou n’hésitent pas à apporter leurs propres aménagements à une histoire déjà écrite. Un appel à la liberté qui prend sa source aux quatre coins du monde, des Antilles à l’Amérique du Sud, en passant par la France médiévale.

► Sur Allocine.fr, découvrez la bande-annonce du film Les Contes de la nuit.

Propos recueillis par Laurent Djian.

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Roschdy Zem : « Omar Raddad n’espère qu’une chose : la vérité » http://culture.blog.pelerin.info/2011/06/roschdy-zem-omar-raddad-n%e2%80%99espere-qu%e2%80%99une-chose-la-verite/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/06/roschdy-zem-omar-raddad-n%e2%80%99espere-qu%e2%80%99une-chose-la-verite/#comments Wed, 22 Jun 2011 16:52:17 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1616

« Omar m’a tuer » : cette phrase reste à jamais associée à l’un des faits divers les plus marquants des années 1990. Roschdy Zem en a fait le titre de son film qui transpose l’affaire au grand écran. En salles le 22 juin.

Pèlerin : comment est né le projet d’Omar m’a tuer ?

Roschdy Zem : Il y a quatre ans, Rachid Bouchareb m’a contacté pour tenir le rôle d’Omar Raddad dans un film qu’il préparait. J’ai lu le séquencier. L’idée m’a plu, mais davantage en tant que metteur en scène qu’en tant qu’acteur.

Extrêmement sollicité après la sortie d’Indigènes, Rachid a alors gentiment accepté de me laisser reprendre les rênes de son projet.

J’en ai ensuite parlé à Sami Bouajila, je ne voyais que lui dans le rôle d’Omar. Il a une sensibilité que peu d’acteurs possèdent. Moi y compris.

Tout en restant objectif, votre film démontre qu’Omar n’a visiblement pas “tuer”…

Au tout début, je pensais retracer le parcours d’un condamné. Je n’éprouvais aucun sentiment particulier envers Omar Raddad.

Mais mon regard a évolué. L’enquêteur que je suis devenu a été surpris, puis scandalisé par les incohérences et les absences de preuve. Que reproche-t-on au juste au jardinier ? Son nom, écrit en lettres de sang, sur la porte de la cave. Omar dépensait son argent au casino, en cachette de sa famille. On l’a donc accusé d’avoir tué Ghislaine Marchal pour rembourser ses dettes. C’est à peu près tout.

J’ai eu accès au dossier que j’ai très largement épluché. J’ai rencontré les multiples acteurs de cette affaire : avocats, procureur, proches de l’accusé ou de la victime. Et force est de constater qu’il existe bien plus d’éléments à décharge que d’éléments à charge. Le dossier est truffé de zones d’ombre.

Pourquoi a-t-il malgré tout été condamné ?

La justice française est orgueilleuse. Mais je garde foi en elle même si elle n’accepte que très rarement de faire machine arrière. Précisons d’ailleurs qu’un pareil crime perpétré au moyen de quinze coups de couteau et de trois coups de chevron – le tout pour une modique somme d’argent -, cela s’appelle un crime crapuleux, puni, normalement, par une peine de trente ans de prison.

Or la partie civile a condamné Omar à passer dix-huit ans derrière les barreaux. On peut y voir un aveu de faiblesse ou de tort…

Vous avez rencontré Omar Raddad. Quelle image gardez-vous de lui ?

J’ai senti en lui une grande dignité. Il conçoit très bien qu’une personne puisse encore le considérer comme coupable. Mais ne s’apitoie pas sur son sort. Il a appris le code civil, qu’il connaît aujourd’hui sur le bout des doigts. C’est un véritable combattant.

En 1996, le Président Jacques Chirac lui a accordé une grâce partielle qui lui a permis d’être libéré deux ans plus tard. Toutefois, même s’il est physiquement sorti de prison, il y demeure dans sa tête. Le fait que l’administration le considère toujours « officiellement » comme un meurtrier l’empêche de se sentir totalement libre.

Comment a-t-il réagi en apprenant que le cinéma s’intéressait à son histoire ?

Omar Raddad m’a vivement encouragé à mener ce projet à bien. Sa plus grande crainte, c’est que les gens l’oublient… Il n’espère qu’une chose : la vérité.

Propos recueillis par Laurent Djian

L’avis de Pèlerin : Dans son film, Roschdy Zem défend la thèse de l’erreur judiciaire et insiste sur les zones d’ombre entourant l’enquête. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre à quel point ce sujet lui tient à cœur. Le réalisateur (qui ne joue pas dans son film) veut tout raconter. Trop peut-être. Habité par son sujet, il reste souvent prisonnier d’une mise en scène linéaire, qui freine l’émotion.

► A partir de 13 ans

 

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« Le mystère des centenaires », un documentaire sur leur quotidien http://culture.blog.pelerin.info/2011/06/le-mystere-des-centenaires-un-documentaire-sur-leur-quotidien/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/06/le-mystere-des-centenaires-un-documentaire-sur-leur-quotidien/#comments Fri, 10 Jun 2011 07:51:21 +0000 Gilles http://culture.blog.pelerin.info/?p=1604 Le documentaire Le mystère des centenaires sera diffusé le 12 juin, à 22h55, sur France 3. Comment vit-on lorsqu’on a cent ans ? Que sait-on réellement d’eux ? Quel regard portent-ils sur le monde actuel ? Le réalisateur Emmanuel Roblin s’est intéressé à ce sujet en partant à la rencontre de plusieurs centenaires en France, au Japon, aux États-Unis et en Sardaigne. Interview.

Photo : Odette Dallas, 102 ans avec sa fille.

Pèlerin : Pourquoi vous êtes vous intéressé aux centenaires dans votre documentaire ?
Emmanuel Roblin : Il y a eu un centenaire dans ma famille. Le grand-père de ma femme a vécu jusqu’à 101 ans. Il nous racontait toujours des histoires fascinantes. Des histoires qui s’étaient parfois passées 80 ou 90 ans plus tôt ! Il se souvenait par exemple avoir assisté à un meeting aérien au Bourget, au tout début du siècle. L’avion avait peiné à décoller, s’était élevé sur quelques mètres et était retombé à terre.

Il nous parlait aussi de l’arrivée de la première télé, de la première radio, du progrès technique. De ses récits est né un questionnement. Comment ces centenaires vivent-ils dans notre monde ? Comment s’adaptent-ils à la modernité ? Comment gère t-on les pépins quotidiens lorsque l’on a 100 ans ? A-t-on envie de vivre ? Pour nous, tout est simple, mais pour eux ?

Vous êtes partis en Sardaigne, aux États-Unis et au Japon. Qu’est ce qui vous a poussé à partir aux 4 coins du monde ?
Dans ces pays, les études scientifiques menées sur les centenaires sont plus nombreuses qu’en France. Dans notre pays, on se pose moins la question de savoir qu’est ce qui sur le plan de la génétique ou de l’environnement favorise cette longévité. Je voulais avoir des regards de chercheurs et de scientifiques sur des cas un peu à part.
Au Japon par exemple, la longévité exceptionnelle établie à Okinawa pose questions.

C’est aussi le pays où l’on vit le plus vieux au monde. En Sardaigne, je voulais percer un petit mystère : dans ces régions montagneuses, il y a beaucoup de centenaires, en majorité des hommes alors que la plupart des centenaires sont des femmes. Enfin, le cas des américains était intéressant car ça ne va pas fort aux États-Unis du point de vue de la santé et de l’espérance de vie. Pourtant en suivant les préceptes de leur Église, ce groupe d’adventistes du 7e jour vivent plus longtemps que les autres.

Un des enjeux majeurs du vieillissement est la question du financement des retraites, cette problématique n’est pas abordée dans votre documentaire. Pourquoi ce choix ?
Je voulais m’intéresser à qui étaient ces gens-là et à ce qu’ils vivaient et ressentaient au quotidien. Je ne souhaitais pas entrer dans de longues digressions sur l’aspect économique même si aujourd’hui ce débat est central dans notre société. Je pense que les informations apportées dans le documentaire permettent de comprendre comment chacun subvient à ses besoins.

► Découvrez le résumé du documentaire Le mystère des centenaires.

Sarah Petitbon  -  Photo © Norbert Balit / Adamis Production

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Festival de Cannes 2011 : un palmarès en Or http://culture.blog.pelerin.info/2011/05/festival-de-cannes-2001un-palmares-en-or/ http://culture.blog.pelerin.info/2011/05/festival-de-cannes-2001un-palmares-en-or/#comments Mon, 23 May 2011 12:28:29 +0000 Philippe http://culture.blog.pelerin.info/?p=1597 Une fois n’est pas coutume, le jury, présidé par l’acteur Robert de Niro, a bien fait son travail, si l’on ose dire, en récompensant des œuvres incontestables que le public aura plaisir à découvrir.

Comme attendu … et souhaité, « L’arbre de vie »,  de Terrence Malick, a décroché la Palme d’Or. C’est une chance et une rareté pour la récompense suprême : le public a pu commencer à en goûter la splendeur avant la fin du Festival, l’œuvre étant sortie mercredi dernier. Seul regret, que le réalisateur ne soit pas venu chercher lui-même sa Palme, alimentant cette légende, un peu lassante, du génie invisible …

Pour le reste du palmarès, le jury n’avait que l’embarras du choix, ce que Robert de Niro a indiqué d’entrée, en début de cérémonie. Ce cru 2011 a été en effet assez exceptionnel, reflétant le regain d’inspiration du 7eme art. Avec des films « de cinéma », pleins de sensibilités et de parti pris esthétiques. Dans des genres les plus variés, quoique la forme du conte prenne le pas sur cette veine hyper-réaliste qui a longtemps fait florès. En un sens, c’est tant mieux.

Le palmarès témoigne de cette grande diversité d’inspiration, mais aussi de celle du jury, entre Olivier Assayas, Robert de Niro, Johnnie To, ou Mahamat Saleh Haroun. Action, méditation, épure, comédie … Chaque genre est servi.

Enfin, il est à noter, non sans un certain soulagement, que le jury n’a pas joué l’originalité et le décalage à tout crin, en montant en haut du palmarès tel ou tel film, au pire obscur, au mieux destiné à cénacle de cinéphiles. L’échec, en terme d’entrées, de la dernière Palme d’Or, le film thaïlandais « Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures », avait relancé l’interrogation sur la palme idéale : une œuvre capable de rencontrer le public, ou une « leçon » de cinéma ? En l’occurrence, « L’arbre de vie » concilie les deux.

Plusieurs thèmes forts ont traversé cette compétition, mais aussi les autres sections du Festival.

La spiritualité d’abord. Elle irrigue l’œuvre de Terrence Malick, ou emmène celle de l’Italien Nanni Moretti, « Habemus papam », hélas absent du palmarès. L’interprétation du Talmud sert même de fil conducteur à une comédie d’une grande finesse, « Footnote », de l’Israélien Joseph Cedar, récompensée à juste titre par le Prix du scénario. Sans oublier un Jeanne d’Arc (« Jeanne captive », de Philippe Ramos), plein de souffle et d’esprit, à la Quinzaine des réalisateurs.

Autre thème : un appel vibrant à la solidarité et à la fraternité, comme antidote à la dureté du monde. Aki Kaurismäki , dans « Le Havre » (oublié lui-aussi, mais une « mention spéciale » lui a été décernée par le Jury œcuménique), Robert Guédiguian, avec « Les neiges du Kilimandjaro » (dans la section Un certain regard), ou Le gamin au vélo » (Grand Prix ex-aequo), des frères Dardenne, ont magnifiquement relayé ce message.

Dans un registre proche, deux films ont mis en scène des femmes du Maghreb et du Moyen-Orient révoltées et unies contre les comportements machistes et belliqueux des hommes : « Et maintenant, on va où ? » (Un certain regard), de la Libanaise Nadine Labaki, et « La source des femmes », du franco-roumain Radu Mihaileanu, tourné dans un petit village marocain.

Enfin, le cinéma français a excellemment tiré son épingle du jeu. Jean Dujardin a parfaitement mérité son Prix d’interprétation, dans un film étonnant, « The artist », muet, en noir et blanc, qui sortira mi-octobre. Bravo l’acteur ! Quant à « Polisse », couronné d’un Prix du Jury, Maïwenn, sa réalisatrice, a accompli un travail courageux et réussi, en mettant en scène la Brigade de protection des mineurs (sortie annoncée le 23 octobre). Sans compter l’impressionnant nombre d’œuvres en lice, cofinancées par la France.

La saison cinématographique 2011 – 2012 sera riche de tous ces films cannois. Mais attention, cette année, leurs sorties commencent dès la mi-août,  avec « La piel que habito », de Pedro Almodovar, et « Melancholia », de Lars von Trier, avec l’actrice Kristen Dunst, Prix d’interprétation.

Bonnes séances ! Et à l’année prochaine …

Ph. ROYER

Le palmarès 2011

- Palme d’Or : «L’arbre de vie», de l’Américain Terrence Malick.
- Grand Prix ex-aequo : «Il était une fois en Anatolie», du Turc Nuri Bilge Ceylan, et «Le gamin au vélo», des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne.
- Prix de la mise en scène : «Drive», film américain du Danois Nicolas Winding Refn.
- Prix du scénario : «Footnote», de l’Israélien Joseph Cedar.
- Prix d’interprétation féminine: l’Américaine Kristen Dunst, dans «Melancholia», du Danois Lars von Trier.
- Prix d’interprétation masculine : le Français Jean Dujardin, dans «The artist».
- Prix du jury : «Polisse», de la Française Maïwenn.
- Prix du jury oecuménique : «This must be the place», de l’Italien Paolo Sorrentino.

Philippe Royer. Photo © AFP/Valery Hache.

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