Jeanne d’Arc, les pirates et le Talmud


Jeanne captive – Prochainement au cinéma

Pour ce samedi soir, le Festival de Cannes a semé la « fièvre ». Les badauds vont se bousculer au pied des marches pour assister à leur montée par deux des acteurs les plus glamour de cette édition : Johnny Depp et Penelope Cruz !

Ce matin, la presse a pu se régaler du quatrième volet des aventures (en 3D) de « Pirates de Caraïbes », « La fontaine de jouvence », présenté hors compétition, avant sa sortie en salles mercredi prochain, le 18 mai. La formule parvient à peu près à se renouveler. De diaboliques sirènes ont remplacé les armées de squelettes des précédents épisodes. Mais les morceaux de bravoure, souvent drôles, ne gomment pas la relative faiblesse des transitions, et une impression de déjà-vu. Dont un emprunt criant à « La ruée vers l’or », de Chaplin : l’épisode de la maison en équilibre au bord d’une falaise.

Avant et après le samedi soir, Cannes, c’est tout autre chose. Hier, Jeanne d’Arc a hanté la salle de la Quinzaine des réalisateurs. Dans « Jeanne Captive », Philippe Ramos revient sur les derniers mois de la Pucelle. De sa captivité dans le château de Jean de Luxembourg, qui la livre au Anglais, jusqu’au lendemain de sa mort sur le bûcher.

Le réalisateur, dont c’est le deuxième long métrage, a eu beaucoup de cran, pour s’attaquer à un personnage qui a tant marqué l’histoire du cinéma, avec les Jeanne de Dreyer, de Robert Bresson, ou de Jacques Rivette.

Différemment d’eux, Philippe Ramos ne s’attache pas tant à l’Histoire, avec un grand « H », qu’aux réactions qu’elle suscite autour d’elle : respect, compassion, haine, ou mépris. Jeanne d’Arc (jouée avec profondeur par l’actrice Clémence Poésy) fait « bouger les lignes », pour employer un langage imagé. Le cinéaste installe de magnifiques atmosphères de piété à la Tarkovski, l’auteur russe d’Andreï Roublev, dans un Moyen-Age baignant dans le sacré, où chacun guette et se saisit de signes divins, pour s’en effrayer ou s’en réjouir.

Le religieux, encore, avec une comédie israélienne en compétition, « Footnote » (qui signifie « note en bas de page »), de Joseph Cedar. Un père et son fils, tous deux chercheurs reconnus à l’Université Hébraïque de Jérusalem, vivent dans une sourde rivalité professionnelle, qui éclate au grand jour lorsqu’un des deux est choisi pour recevoir une prestigieuse récompense décernés par leurs pairs.

Difficile de croire jusqu’alors qu’on pouvait inventer autant de situations fines et drôles autour des études talmudiques !

Ph. ROYER

14/05/2011

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