Eloge de la fraternité

Moment de bonheur, hier, à la projection des « Neiges du Kilimandjaro ». Le nouveau film de Robert Guédiguian était présenté dans la section officielle « Un certain regard ».

C’est un « Marius et Jeannette », deux décennies après l’original, qui avait sorti le réalisateur marseillais, ancien compagnon de route du Parti communiste, de la confidentialité et du cinéma purement militant.

 

Dans ces « Neiges du Kilimandjaro», référence directe au célèbre tube de Pascal Danel, Robert Guédiguian retourne dans son quartier d’enfance et d’inspiration de l’Estaque, en bordure des installations portuaires phocéennes. Le couple, à nouveau joué par Ariane Ascaride et Jean-Pierre Daroussin, a pris de l’âge.

Militant syndical, lui vient d’être mis en pré-retraite. Elle, est une aide ménagère très à l’écoute des dames âgées dont elle s’occupe. Et ils s’aiment comme au premier jour. Un fait divers va les toucher directement, les amenant à réviser leur projet de jours enfin tranquilles…

Dans ce film, Robert Guédiguian rappelle que la classe ouvrière bouge encore, mais dresse aussi un éloge de la générosité et de l’ouverture aux autres. Son récit, parsemé de scènes quotidiennes, peut passer pour simpliste, mais il est pétri d’une fraternité qui fait chaud au cœur.

La salle ne s’y est pas trompée. Elle lui a fait un triomphe. Parmi le public, les « acteurs » (dont José Bové) de « Tous au Larzac ». Ce documentaire, présenté peu avant, revient sur la lutte de militants alternatifs et de « locaux », dans les années 1970, contre l’extension d’un camp militaire sur le plateau aveyronnais. L’Estaque, le Larzac …

Une drôle de sensation a réuni le public dans cette salle, devenue, durant quelques heures, une sorte de havre pour les utopies. Passées ou à venir.

Ph. ROYER. Photo © Pierre Milon

 

15/05/2011

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