Dernière ligne droite

Le Festival touche à sa fin. Aujourd’hui, samedi, les premiers prix vont commencer à tomber (avant le palmarès final, demain soir). Et il y en a des prix ! Presse internationale, France-Cultures, Société des auteurs compositeurs et dramaturges, Prix de la Cinéfondation.  Prix de ceci et prix de cela, sous l’étendard de telle ou telle marque… Et prix du Jury œcuménique, cet après-midi, dont nous vous informerons.

Les stands du Marché du film, ce monde des affaires qui s’étend sur plusieurs hectares, ont commencé à fermer. Les businessmen  rentrent au bercail : Chine, USA, Canada, Argentine, Russie, Maroc … Babel se vide.

Mais ce n’est pas terminé pour le cinéma. Le Festival nous a ménagé une belle surprise, ce matin : « La source des femmes », dernier film en lice pour la Palme, signé Radu Milhaileanu. L’on doit déjà à ce cinéaste franco-roumain  des films mémorables, emplis de fraternité et d’optimisme, comme « Le concert », ou « Va, vis et deviens ».

Tourné au Maroc, en dialecte, « La source des femmes » raconte la lutte de villageoises pour obtenir que l’unique source d’eau, au bout d’un chemin de montagne qu’elles s’épuisent à gravir, soit canalisée jusqu’aux maisons. Les hommes, oisifs et indifférents à leur peine, ne veulent pas en entendre parler. Elles décident alors de faire la grève de l’amour …

Tensions, rires, chants, ruses, palabres, sentiments … le film joue de tous ces registres avec un talent fou et beaucoup de générosité. Radu Milhaileanu a aussi réussi un magnifique travail mimétique, adoptant le rythme, la tonalité et surtout cette affectivité si singulière du cinéma et des contes arabes.

On pense, en le voyant, à la manière dont la révolte est née en Tunisie, dans un petit village, à la suite d’une injustice.

Belle réussite également de Lars von Trier, avec « Melancholia ». Sur deux sœurs assistant à la fin du monde ! Bien dommage que le cinéaste danois ait gâché la fête en proférant des propos odieux : sa sympathie pour le régime nazi. Ce qui lui a valu d’être tout bonnement « viré », du Festival. Une première dans l’histoire de la manifestation.

Suis sorti méditatif de « Il était une fois en Anatolie », du Turc Nuri Bilge Ceylan. Une trame de polar, pour en fait s’attarder longuement sur chacun des personnages qu’il implique, en particulier un procureur et le médecin légiste. C’est d’une très grande humanité.

Trois derniers coups de cœur, donc, dans une compétition 2011 plutôt très bonne. La tâche du jury va être ardue !

Ph. ROYER

 

 

21/05/2011

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