L’écrivain haïtien Lyonel Trouillot « se bonifie, grâce à l’autre »

L’écrivain, natif de Port-au-Prince, est l’une des figures de la société haïtienne. Il vient de publier « La belle amour humaine », aux Editions Actes Sud ; 176 p.

La quête d’identité d’une jeune femme qui se rend en Haïti sur les traces de son père pour tenter de comprendre qui il était.

Très engagé dans la reconstruction de sa ville depuis le séisme de 2010, il nous confie ses émotions et ses convictions.

La dernière fois que vous avez ri ?
Hier, après-midi, lorsque ma fille a fait le pitre. C’est sa façon de se montrer généreuse.

La dernière fois que vous avez pleuré ?
Je ne me rappelle pas la dernière fois. En revanche, je me souviens très bien de mes larmes, le jour de la mort du poète haïtien René Philoctète, en 1995. Il comptait beaucoup pour moi.

Votre principale qualité ?
La disponibilité. C’est essentiel de donner du temps aux autres.

Votre principal défaut ?
Face à l’indifférence, je deviens acerbe.

Votre péché mignon ?
Ma fascination pour la beauté qui peut m’entraîner très loin.

Une raison d’espérer ?
L’amour. Parfois, on a besoin de bras, de tendresse et d’intelligence pour avoir envie d’être encore là le lendemain matin.

Un regret ?
Ne pas avoir pu travailler plus longtemps avec René Théodore, l’ancien secrétaire général du Parti unifié des communistes haïtiens. Il a été emporté par un cancer en 2003.

Qui voyez-vous au paradis ?
Les gens qui me sont chers, malgré leurs défauts…

Pour vous l’enfer, c’est quoi ?
Etre incompris.

Un geste d’amour ?
Le faire, déjà.

Ce qui vous rend meilleur ?
Je crois en la capacité de l’homme à se bonifier, mais pas tout seul. Alors je dirais l’autre, qui peut vous comprendre, partager des moments avec vous, vous faire changer aussi.

Ce qui vous met en colère ?
La bêtise humaine, lorsqu’on ne fait pas un bon usage de sa présence au monde. C’est d’ailleurs le sujet de mon dernier livre.

La dernière fois que vous avez demandé pardon ?
Parce que j’avais mal agi. Il m’est même arrivé d’écrire pour demander pardon. A travers « Le livre de ma vie » (non publié en France), je m’excuse auprès d’une femme dont je n’avais pas compris la décision de ne pas avoir d’enfants

Un souhait, un vœu ?
Participer à une grande fête où chacun aurait à manger en abondance et serait heureux.

Recueilli par Faustine Prévot

27/09/2011

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