Pour ceux qui ne connaissaient pas – comme moi – Jack Taylor, voici l’occasion qu’ils se rattrapent avec En ce sanctuaire*, le septième volet des aventures du détective privé le plus détesté de Galway. Ah Galway, dans le Connemara, sur la côte d’ouest de l’Irlande, ses lacs vert émeraude, sa nature sauvage, l’hospitalité  de la population, ses pubs joyeux, ses leprechauns…

Pardon, je m’égare, souvenir d’une année passée comme étudiante Erasmus sur les terres irlandaises, il y a combien de temps déjà ? Heu… bon, il y a prescription maintenant parce que l’Eire de Jack Taylor est plombée par des personnages sordides tant le pays est plongé dans une crise non seulement économique, mais aussi existentielle.

(suite…)

Commentaires fermés Jeudi 18 novembre 2010


Jeudi 4 novembre 2010, Pèlerin conviait ses lauréats du concours « Un patrimoine pour demain » au Musée de la Marine, à Paris.

(suite…)

Commentaires fermés Vendredi 5 novembre 2010


Un tantinet timides, les ados de Pina Bausch, la grande dame de la danse disparue en 2009. Parfois gênés, mais toujours volontaires, prêts à tous les efforts. Surtout sincères, sensibles.

Ils 15 ou16 ans, ne connaissent rien à la danse et répètent Kontakthof, l’un de ses ballets les plus renommés, à Wuppertal, en Allemagne, sous la direction de deux anciennes danseuses de la compagnie de Pina : Jo Ann Endicott et Bénédicte Billiet. Le spectacle, qui a pour thème la difficile séduction entre hommes et femmes, avait été créé en 1978, puis repris en 2001 avec des sexagénaires.

En 2008, la chorégraphe allemande imagine une version ado, aussi drôle et émouvante. La caméra les suit pendant leurs répétitions, capte les instants de grâce, regards, mains qui se frôlent, clins d’œil et larmes, aussi légère et tendre qu’une plume dans le vent.

Moments magiques : les apparitions de Pina Bausch, qui encourage, précise, remercie. C’est embué de larmes que nous quittons ces jeunes gens transfigurés ainsi que leurs trois fées, qui les ont menés au bout d’eux-mêmes. Avec l’ardent désir de voir ou de revoir sur scène les merveilleux pas dansants de la chorégraphe virtuose.

Muriel Fauriat

Documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Sortie : 13 octobre

Commentaires fermés Lundi 18 octobre 2010


Hector Obalk, l’auteur et réalisateur de l’émission d’art, Grand’Art, proposé sur Arte le dimanche à 20h10 revient sur les fondamentaux de son programme.

(suite…)

Commentaires fermés Jeudi 14 octobre 2010


Paris a un petit air de Florence depuis le 29 septembre. Treize musées florentins ont en effet accepté de prêter quelque 150 de leurs chefs-d’œuvre au Musée Maillol, à Paris, pour l’exposition « Trésor des Médicis », jusqu’au 31 janvier 2011.

Peintures, sculptures, mosaïques, outils scientifiques, instruments de musique, bijoux sont réunis au musée Maillol, à Paris, grâce aux bons soins des musées de Florence, jusqu’au 31 janvier 2011. Un inventaire à la Prévert, diriez-vous ? Tous ces objets ont un point commun : ils ont été vus, touchés ou commandés par un membre de l’illustre famille Médicis.

C’est un événement de voir tous ces chefs-d’œuvre réunis sous un même toit car ils sont l’illustration de l’influence d’une famille de banquiers sur tous les arts. C’est de cette manière d’ailleurs, que le clan Médicis va s’imposer bien au-delà de la sphère financière pendant plus de trois siècles. « L’argent ne fait pas le pouvoir, il y contribue en finançant les arts », telle pourrait être la maxime des Médicis.

(suite…)

Commentaires fermés Mercredi 13 octobre 2010


« Une terre, une famille » au parc de la Villette jusqu’au 3 janvier 2011

Le parc de la Villette, à Paris, accueille jusqu’au 3 janvier 2011 « Une terre, une famille », une installation de 22 photographies géantes de Reza, l’un des plus fameux photoreporter de la planète. Sur 55 hectares, le visiteur est convié à partager la vie de nos frères et sœurs en terres de conflit.

© Reza/Webistan

Dis Reza, comment va le monde, toi, qui le sillonnes inlassablement depuis plus de trente ans, de l’Europe centrale à l’Asie, de l’Afrique au Moyen-Orient ? Tu t’es fait un prénom dans le monde du photojournalisme en allant à la rencontre de l’autre et en partageant avec lui le poids des guerres, des génocides, des exils, des inégalités.
« Le monde pleure, il rit aussi. Bref, il vit », tu pourrais nous répondre. Une nouvelle fois, tu fais encore la démonstration de ton empathie à travers cette sélection de 22 photographies à découvrir dans l’immense parc de la Villette, à Paris. Pour l’occasion, tu nous invites croiser des destinées aux multiples visages.
Ton objectif témoigne des espoirs des inconnus, mais aussi des grands noms de la lutte pour la liberté. Tu es le photographe du regard. Que ce soit dans celui d’une jeune fille réfugiée qui fuit les massacres au Rwanda à l’instar de milliers d’autres, que de la pakistanaise Benazir Bhutto, première femme à être élue dans un pays musulman.

(suite…)

Commentaires fermés Jeudi 7 octobre 2010


Deux ans après son travail d’adaptation théâtrale des films de Raymond Depardon, documentaires en hôpital psychiatrique et dans un commissariat, c’est au monde du travail, à l’usine, que s’attaque littéralement Zabou Breitman en adaptant le roman de Lydie Salvayre, La Médaille .

La pièce se déroule lors d’une cérémonie de remise de médailles à quatre salariés, après trente-deux ans de bons et loyaux services au sein de l’entreprise automobile Buisson. Les cadres dirigeants profitent de cette sympathique petite fête pour louer les valeurs de l’entreprise, de cette grande « famille » où les travailleurs sont au fond remerciés pour leur abnégation et leur servitude.

Chaque récipiendaire est invité à prendre la parole. Maladroitement, avec hésitations, fous rires, ils nous livrent leurs tranches de vie sans fard, sans fausse pudeur. Se succèdent Auguste dit Gus, père et mari violent, Geneviève dont la vie sans la compagnie de son chien serait désespérée, la veuve Duchêne, qui reçoit la médaille de son mari à titre posthume et ne nous épargne rien de la curieuse maladie de son époux : il change peu à peu de couleur et devient noir… Quant au quatrième, il envoie une lettre brève mais crue sur les raisons de son absence.

Parallèlement à cette « gentille » réunion, un atelier se met en « mouvement ». L’inquiétude et la nervosité gagnent progressivement la direction. La petite musique bien ordonnée de ce rituel devient vite cacophonie, un cauchemar pour la direction.

(suite…)

Commentaires fermés Lundi 20 septembre 2010


Sur les colonnes Morris, c’est l’une des affiches les plus séduisantes de la rentrée théâtrale des salles privées parisiennes : Julie Depardieu y apparaît en déshabillé vaporeux dans une esthétique très Belle Époque. Après avoir monté la saison dernière Maison de Poupée avec Audrey Tautou, Michel Fau retrouve la scène du Théâtre de la Madeleine pour Nono de Sacha Guitry, première pièce de l’auteur écrite à 20 ans en 1905.

Jacques (Xavier Gallais), jeune homme fougueux, est l’amant de Nono (Julie Depardieu), cocotte inculte et insouciante. Exilé par son père, il confie sa maîtresse aux soins de son meilleur ami Robert (Michel Fau), poète raté et excédé par la présence envahissante de sa maîtresse jalouse, Madame Weiss (Brigitte Catillon).

Aucune surprise ou rebondissement spectaculaire dans cette comédie de boulevard qui mêle amour, désir et porte-monnaie. Les personnages sont caricaturaux, les situations sont minces. Tout repose sur des dialogues dans lesquels s’exprime déjà l’humour vachard de Sacha Guitry sur les femmes. Mais plus qu’une réelle aversion pour le genre féminin, la misogynie légendaire de l’auteur apparaît aujourd’hui comme un exercice de style, un prétexte bon enfant pour aligner jeux de mots et calembours.

(suite…)

Commentaire(1) Mercredi 15 septembre 2010


C’est avec une troupe de comédiens et de musiciens venus de différents pays – France, Algérie, Syrie – que le metteur en scène Marcel Bozonnet a choisi de nous conter l’une des plus célèbres épopées du monde arabe, Baïbars, le mamelouk qui devient sultan.

Personnage réel, Baïbars régna au XIIIe siècle sur l’Égypte et la Syrie. Sa vie donna lieu à de multiples récits transmis oralement au cours des siècles, par les conteurs des cafés du Moyen-Orient.

L’accomplissement de la prophétie, l’accession au pouvoir de Baïbars né soldat-esclave (mamelouk), sera un long chemin semé d’embûches, d’enlèvements, de croisades, et de rencontres cruelles. Les péripéties se succèdent dans différents tableaux reliés par des intermèdes musicaux, tambours djembés et grelots, et les chants envoûtants d’Houria Aïchi a cappella.

(suite…)

Commentaires fermés Mardi 10 août 2010


Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto

Propaganda @ Agathe Poupeney/Fedephoto

Pas de piste aux étoiles au Théâtre de la Cité internationale pour Simon Yates, Jo-Ann Lancaster et leurs enfants, juste une scène pour une simple installation de cordes, de filins, avec mât, trapèze et… plantes vertes !

La nouvelle création de cette drôle de famille australienne, la compagnie Acrobat, est résolument burlesque, ce qui n’exclut pas les prouesses acrobatiques originales.

(suite…)

Commentaires fermés Mardi 10 août 2010


Yves-Noël Genod

Il s’appelle Yves-Noël Genod, et hier encore, nous ignorions son existence. Quelle honte ! Longiligne, la voix sensuelle et les longs cheveux blonds d’un prince… mais avec quelque chose de subrepticement carnassier dans le sourire et une auto dérision constamment logée dans ses yeux ourlés d’un trait noir gothique : la classe d’un dandy ! Il citera d’ailleurs David Bowie désirant que s’accomplisse le miracle de la multiplication des roses pour honorer son public…

Comédien, plus justement performer, Yves-Noël Genod fait salle comble tous les jours dans la magnifique salle ronde de la Condition des Soies.

(suite…)

Commentaires fermés Dimanche 25 juillet 2010


Denis Podalydès dans "Richard" © Michel Gangne/AFP

Denis Podalydès dans "Richard II" © Michel Gangne/AFP

Ce vendredi soir, sur France 2, vous pourrez voir La Tragédie de Richard II , spectacle filmé lors de la représentation à laquelle nous avons assistée hier soir dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes.

Une fois n’est pas coutume, cette captation est – peut-être – le meilleur moyen d’apprécier ce spectacle. On y perdra certainement le très beau travail de lumières sur les murs imposants du Palais, mais on y gagnera certainement en qualité d’audition pour entendre la nouvelle traduction proposée par Frédéric Boyer.

Datant de la fin du XVIe siècle, cette tragédie de Shakespeare nous conte les derniers jours du règne de Richard II, souverain tyrannique trahi, destitué et assassiné par ses pairs, et l’accession au trône de son cousin, Bullingbrooke, qui deviendra Henri IV d’Angleterre.

(suite…)

Commentaires fermés Vendredi 23 juillet 2010


Ce soir, nous serons dans la Cour d’honneur pour la troisième représentation de Richard II. Les commentaires, partagés, saisis à la sortie des deux premières aiguisent notre impatience. En attendant voici trois spectacles à voir… ou pas.

"Pour l'amour de Phèdre"

Emballé par Je suis Ophélie, présenté par la Compagnie de l’Astre, nous avons vu leur deuxième spectacle : une pièce de Sarah Kane, Pour l’amour de Phèdre. La dramaturge anglaise a transposé dans notre monde contemporain la situation initiale et les personnages principaux du mythe antique.

En l’absence de Thésée, Phèdre tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte, jeune homme désabusé et cynique. Vient s’ajouter Strophe, fille de Phèdre, qui a déjà succombé aux charmes de ce héros triste.

Malgré les mises en garde de sa fille, Phèdre se jette littéralement sur Hippolyte qui, sans le moindre affect, lui répète inlassablement que le désir maintenant assouvi ne change rien à ses sentiments : il ne l’aime pas. D’ailleurs il n’aime personne. Phèdre l’accuse alors de viol avant de se suicider. Hippolyte accepte l’accusation et sa condamnation à mort.

« La vie est trop longue  », déclare Hippolyte. Sombre constat qui fait écho au destin de Sarah Kane qui se suicida à l’âge de 28 ans, en laissant derrière elle une œuvre fulgurante qui avait immédiatement choqué et bouleversé la scène théâtrale anglaise.

(suite…)

Commentaires fermés Jeudi 22 juillet 2010


Nouvelle salve de créations dans le festival « in » cette semaine. Après Baal hier, c’est au tour de Big Bang, de Philippe Quesne et, très attendu évidemment, La Tragédie de Richard II, avec Denis Podalydès, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, sans oublier un Délire à deux de Ionesco avec l’une de nos comédiennes préférées, Valérie Dréville. De quoi être impatient devant cet alléchant programme.

Apparemment tout le monde ne partage pas mon enthousiasme pour Baal et mon coup de foudre pour Clotilde Hesme. Quel dommage !

(suite…)

Commentaires fermés Mercredi 21 juillet 2010


Clotilde Hesme au premier plan, avec Thomas Landbo, Jeanne Tremsal et Mathieu Genet © Anne-Christine Poujoula/AFP

Encore un grand moment de bonheur au Cloître des Célestins avec la création, hier soir, de Baal de Bertolt Brecht.

Baal est un jeune homme qui rêve de gloire littéraire et se perd dans une quête effrénée de tous les plaisirs, une sorte de poète à la Rimbaud, assoiffé de vin, de femmes et d’étoiles, rejetant violemment les codes et les convenances de la vie bourgeoise.

Dès lors que, fonctionnaire à la ville, il est renvoyé de son petit travail d’écritures, sa vie bascule dans une vaine fuite en avant où tous les excès sont possibles, jusqu’au meurtre de son meilleur ami – et sans doute faut-il y voir une forme de suicide.

Écrite au lendemain du chaos de la Première Guerre mondiale, cette pièce de jeunesse de Brecht est ancrée résolument et avec justesse dans notre monde contemporain par le metteur en scène François Orsoni.

(suite…)

Commentaires fermés Mardi 20 juillet 2010


Jean-Luc Lagarce, décédé en 1995, est l’auteur contemporain le plus joué sur les scènes françaises. Il est entré au répertoire de la Comédie-Française, il y a deux ans, avec Juste la fin du monde, et ses textes sont aussi servis par les acteurs les plus en vue, comme Fanny Ardant qui n’hésita pas dernièrement à endosser le rôle de l’actrice vieillissante et ratée de Music Hall.

Cette saison, Laurent Poitrenaux (à l’affiche des pièces d’Olivier Cadiot dans le in) reprenait avec succès Ébauche d’un portrait, d’après le journal de Lagarce, témoignage palpitant d’un jeune homme des années 1980. C’est donc tout naturel de le retrouver à l’affiche de différents théâtres du festival off.

On ne s’étendra pas sur le (très) jeune acteur qui interprète le monologue Le Bain. En l’absence de véritable metteur en scène et malgré un texte émouvant, le potentiel du jeune comédien reste à révéler.

Alain Macé dans "L'Apprentissage"

Alain Macé dans "L'Apprentissage"

Peut-être qu’un jour, ayant acquis de l’expérience et fait les bonnes rencontres, parviendra t-il au niveau d’Alain Macé ? Dirigé par Sylvain Maurice, le comédien donne à entendre un autre monologue autobiographique de Jean-Luc Lagarce, L’Apprentissage.

Entubé et perfusé de toutes parts, ligoté sur son lit d’hôpital et incapable de communiquer avec son entourage, le personnage fait un retour progressif à la vie après une période de coma. C’est sa conscience qui s’adresse à nous, spectateurs, et qui nous fait partager son long éveil, des premiers battements de paupières à la première marche en dehors de l’hôpital.

Pas du genre à donner dans le pathos, Lagarce est constamment sur le registre de l’humour noir et d’une féroce lucidité à l’égard son entourage. Des infirmières infantilisantes et autoritaires à la famille haïe, tout le monde en prend pour son grade ! Cependant, reste  près de lui la présence mystérieuse et fascinante de celui qu’il nomme A.

(suite…)

Commentaires fermés Lundi 19 juillet 2010


« Quand il y a autant de retard un jour de première, c’est pas bon signe », me souffle ma voisine dans la file d’attente. Cassandre avait raison…

Un metteur en scène – Christophe Huysman, également auteur et comédien dans son spectacle L’Orchestre perdutravaille-t-il à ce point en autarcie pour ne pas anticiper un tel désastre ? Jamais le spectateur ne se sent concerné, à l’image du sentiment donné aussi par les comédiens. L’hémorragie du public est constante.

(suite…)

Commentaires fermés Dimanche 18 juillet 2010


Stanislas Nordey © Vincent Pontet/wikispectacle

Ils sont rares ces moments au théâtre où un spectacle vous donne un sentiment de plénitude, un sentiment de total abandon, un moment de grâce. Chaque année, on les traque, on tente de les découvrir dans les programmes foisonnants des théâtres.

On dissèque les programmations, on surfe sur Internet pour se renseigner sur tel auteur qu’on ne connaît pas, on retient ce jeune metteur en scène prometteur, on ne manquerait pas ce comédien qui mène une brillante carrière.

Avouons-le, les rendez-vous qu’on anticipe ne sont pas toujours, ne sont pas forcément les meilleurs. Trop d’attentes misées sur une distribution alléchante, déception pour un spectacle qui ne tient pas ses promesses. Ou simplement, son propre état de spectateur qui n’est pas disponible ce soir-là, trop de fatigue qui nous rend indisponible à une bonne réception du projet.

(suite…)

Commentaires fermés Vendredi 16 juillet 2010


"Trois vieilles"

Le bruit court par les rues d’Avignon : le 14 juillet est la date à partir de laquelle ça commence vraiment pour les spectacles du off ! Le public vient toujours après cette date. On y croit dur comme fer : le public viendra !

Les troupes ravivent ainsi leur courage, un peu altéré par la canicule et la fatigue – voire, déjà, la déception – des premiers jours survoltés. Alors on tracte et tracte encore, forçant l’enthousiasme, cette énergie des dieux…

Et d’aucuns avancent naïvement, lors de l’argumentaire plus ou moins ludique à l’adresse du festivalier plus ou moins attentif, les noms de Molière, Shakespeare ou Tchekhov comme garanties…

Tchekhov, justement. Des tapis poussiéreux, des guéridons de bois passé, un sofa – on échappe de justesse au samovar… Du vieux théâtre, donc, pour cette représentation d’ Ours suivie de La Folle Nuit et La Demande en mariage, trois comédies en un acte, dans une mise en scène de Benoît Lavigne.

(suite…)

Commentaires fermés Jeudi 15 juillet 2010


En guise de programme, la recette du falafel, lequel sera avec Menschel et Romanska, le héros du spectacle d’Olivier Balazuc pour la mise en scène et de Daniel Kenigsberg pour l’interprétation.

Le falafel, plat désespérément national selon le narrateur de la nouvelle de Hanokh Levin, cristallise les sentiments féroces d’un couple déchiré avant même d’être uni ! Les frustrations alternent avec les mesquineries cachant mal des solitudes douloureuses et exacerbées. On y rit beaucoup de la causticité de l’auteur porté par un acteur tout en nuances et en ruptures.

"La revue tragique" © Frédéric Cheli

Ruptures et contrastes également dans La Revue tragique mise en scène avec audace et maîtrise par Vincent Dussart. Les grandes figures de la tragédie grecque, échappées de textes de Sénèque, sont convoquées dans un décor de cabaret décadent à la Fassbinder.

Une meneuse de revue fait entrer en scène Hécube, Médée, Phèdre, Œdipe, quatre héros marqués par la fatalité du crime et de l’inceste. Chacun vient faire brillamment son numéro de tragédie dans des monologues à hauteur des Dieux, et régulièrement illustrés par des chansons sentimentales. Ce court-circuit unit avec pertinence la tragédie et la culture populaire.

(suite…)

Commentaires fermés Jeudi 15 juillet 2010


"Les 7 jours de Simon Labrosse"

« Il y a quelqu’un qui crie dans mon pancréas. » La confidence de Nathalie en dit long sur sa richesse intérieure ! En compagnie de Léo, poète incapable de prononcer le moindre mot positif, elle accompagne le quotidien de Simon Labrosse, héros de la dramaturge québécoise Carole Fréchette. Pour faire face à sa situation précaire dans un monde toujours plus dur, Simon va s’inventer quotidiennement des métiers improbables (finisseur de phrases, flatteur d’égo, etc.).

Le traitement décalé et poétique d’une réalité pesante est magnifiquement servi par la présence des trois comédiens. Leur virtuosité pour passer d’une situation délirante à l’autre est d’une efficacité redoutable. Ève Rouvière (Nathalie) est particulièrement remarquable en imposant des compositions brillantes et définitives de ses différents personnages.

(suite…)

Commentaires fermés Mardi 13 juillet 2010


"Papperlapapp" © Anne-Christine Poujoulat/AFP

« On ne fait pas le vin en pichet. Uniquement en bouteille à cause de l’hépatite A. » Ça c’est de la réplique, mais pas au théâtre… Ce que nous apprend d’ailleurs le théâtre, c’est que le théâtre est partout. D’abord dans les familles.

Dans  Les Langues Paternelles David Serge (alias Daniel Schneidermann ancien journaliste du Monde, aujourd’hui chroniqueur à Libération) dresse avec lucidité et tendresse le portrait de son père et de son éducation juive. Le texte est porté par un trio exceptionnel de comédiens belges (Hervé Piron, Vincent Sornaga, Renaud Van Camp). La mise en scène y est d’abord une circulation endiablée de la parole d’un personnage à l’autre interprété alternativement par tous les comédiens. Une partition pleine d’humour et d’émotions. C’est au Théâtre des Doms, qui confirme, cette année encore, la qualité de sa programmation dans le festival off.

(suite…)

Commentaire(1) Lundi 12 juillet 2010


Régulièrement, Luc Reyrolle, chef du service photo à Pèlerin, va nous faire part de ses impressions  à l’occasion de la 64e édition du festival d’Avignon, qui se déroule du 7 au 27 juillet.

Samedi 10 juillet.

Un éléphant et Catherine Deneuve

« Denis Polyades (sic) dans Richard III (resic), c’est trop moderne », assure péremptoire un jeune homme en terrasse.

Hé oui, tout le monde n’est pas fan de théâtre à Avignon ! Il y a même des cinéphiles, telle Edith Le Merdy, qui vante son spectacle Oh my god (mes hommages au cinéma) en jouant devant mes pâtes au pesto, un extrait de son spectacle, un dialogue en VO d’un film du japonais Ozu…

Pourquoi s’étonner quand, devant le Palais des Papes, un éléphant fait le poirier sur sa trompe ? (une oeuvre de Miquel Barcelo, photo)

« Pour Catherine Deneuve, entrez ». Non, la star n’en n’est pas encore à se produire dans le festival off. C’est juste l’auteur Pierre Notte qui se prend pour elle. Sa pièce Moi aussi je suis Catherine Deneuve est interprétée par une compagnie bordelaise. Ce sera mon premier spectacle (vite oublié…) de cette nouvelle édition qui s’annonce décidément loufoque.

(suite…)

Commentaires fermés Lundi 12 juillet 2010


Elles ont électrisé l’ambiance de la Croisette : Mimi Le Meaux, Dirty Martini, Julie Atlas Muz… Ces incroyables artistes américaines, fausses blondes et vraies séductrices, aux formes plus qu’arrondies, vedettes du quatrième film de Mathieu Amalric, prix de la mise en scène au  Festival de Cannes.

Le réalisateur s’y donne le rôle de Joachim Zand, un ex- producteur de télé qui a tout plaqué pour tenter sa chance aux Etats-Unis. Il revient en France, accompagné d’une troupe de strip-teaseuses, pour la tournée d’un spectacle de « nouveau cabaret burlesque ». De ville en ville, côté zone industrielle, dans des hôtels aseptisés et des salles un peu ringardes, les danseuses se donnent corps et âme, parfois crûment.

Le regard amoureux posé sur ces femmes généreuses (dans tous les sens du terme !), authentiques, affranchies de la dictature de l’apparence, est la grande réussite de ce film. Moins convaincants, les déboires du manager Joachim, incapable de se réconcilier avec son passé, et surtout – et c’est le moment le plus caricatural- pitoyable dans son rôle de père maladroit.
France Lebreton
Sortie le 30 juin. A partir de 14 ans .

Commentaires fermés Mercredi 30 juin 2010


Bien que les noms aient été modifiés, c’est bien de l’affaire Frédéric Bourdin et de ses usurpations d’identités dont s’inspire ce film attendu de Jean-Paul Salomé.

En 2000, un imposteur (Marc-André Grondin) prétend s’appeler Nicholas Mark Randall et avoir été enlevé quatre ans plus tôt par les membres d’une secte. Bizarrement, à son retour aux États-Unis, et malgré les soupçons de la police, sa mère et sa sœur affirment le reconnaître…

Ce drame aux accents de polar parvient à préserver l’opacité du personnage. Trop de scènes d’interrogatoire convenues, néanmoins, et des seconds rôles parfois caricaturaux.

L. D.

Le 23 juin. À partir de 13 ans.

Commentaires fermés Mercredi 23 juin 2010


Photo : Pacôme Poirier/Wikispectacle

Tout est illusion et magie dans les spectacles de Philippe Genty et ces « Voyageurs immobiles » ne dérogent pas à la règle. Dans une succession de tableaux visuels surréalistes, les compagnons de cette odyssée embarqués dans une barque de pacotille vont affronter l’enfer d’un océan déchainé. Engloutis par les flots, ils seront rejetés dans un paysage lunaire où ils n’échapperont pas à une recréation d’un monde toujours dominé par le travail, la finance, la guerre.

(suite…)

Commentaires fermés Lundi 7 juin 2010


La consigne était stricte : je ne devais pas chercher à interviewer les familles des moines. Cette séance parisienne leur était réservée, quatre mois avant la sortie en salles du film « Des hommes et des Dieux ».

Je m’assois donc incognito dans la salle, au milieu du public. Des hommes, des femmes de toutes générations. Le réalisateur Xavier Beauvois, accompagné du scénariste Etienne Comar, et de plusieurs comédiens du film, propose de se retrouver après la projection.

(suite…)

Commentaires fermés Lundi 31 mai 2010


Photo © Pacome POIRIER/WikiSpectacle

Perdues dans une petite ville au fin fond de la province russe, Olga, Macha et Irina, trompent leur ennui en tenant table ouverte pour les militaires de la garnison. Elles ont perdu leur père, le Général Prozorov, il y a tout juste un an et vivent entourées de domestiques dévoués, avec comme seul espoir commun, le rêve de retourner vivre à Moscou. Elles comblent leur solitude en créant artificiellement un joyeux tourbillon d’allées et venues dans leur maison bourgeoise.

Les années s’écoulent sans bouleversement capital pour la vie des trois héroïnes, spectatrices nostalgiques de leur propre existence. Cependant, loin de tomber dans les clichés mélancoliques de l’âme russe, le jeu des actrices – Florence Viala (Olga), Elsa Lepoivre (Macha), Georgia Scalliet (Irina), creuse avec intensité chaque variation d’humeur, assumant les rires comme les crises de nerfs, soulignant ainsi toutes leurs frustrations, cibles privilégiées de l’humour grinçant de Tchékhov. Ce trio est complété par Coraly Zahonero, la belle-sœur, seul personnage à s’inscrire dans un mouvement, en prenant le pouvoir sur la famille.

(suite…)

Commentaire(1) Vendredi 28 mai 2010


Le réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul a reçu la Palme d’Or pour son film

Étrange idée que d’avoir décerné la Palme d’or à Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Le moins que l’on puisse dire est que Tim Burton, le président du jury, si tant est que sa voix ait porté sur ce film, aime les grands écarts.

Car rien qui soit plus aux antipodes de son cinéma, que cette histoire d’un homme, au seuil de la mort, retrouvant les fantômes de sa vie passée (son fils, sa femme …).

(suite…)

Commentaires fermés Lundi 24 mai 2010


Déjà couronné du Prix oecuménique ( voir note précédente), Des hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, semble bien parti pour recevoir la récompense suprême. A Pèlerin, nous lui avons déjà décerné la « Palme du cœur ». Et si, pour une fois, le jury, la presse, et la « rumeur » cannoise se rejoignaient ? L’esprit de Thibirine va t-il souffler sur la Croisette ?

(suite…)

Commentaire(1) Dimanche 23 mai 2010