Séance de rattrapage : « Good Morning England »

Excellent bouche à oreille pour le film de Richard Curtis, sorti il y a un mois déjà. Mais comme les personnages de cette épopée des « Sixties », « Good morning England » résiste vaillamment au flot ininterrompu des sorties (enrichi par l’actualité cannoise). Il faut dire que sa bande originale est un atout génial, qui réunit dans les salles toutes les générations « rock ». Des sexagénaires d’aujourd’hui jusqu’à nos ados, dont la culture musicale est souvent époustouflante. L’histoire se passe au milieu des années soixante, âge d’or du rock, de la pop, de la soul… En Angleterre, cependant, la BBC ne diffuse, quotidiennement, que quelques minutes de cette « musique de sauvage ». Jeunes et moins jeunes se branchent donc avec passion sur les ondes moyennes, à l’écoute des radios pirates émettant depuis le large, en mer du nord.

Rompu à l’exercice du film « choral », le réalisateur de « Love actually », fait le portrait, sur un de ces rafiots clandestins, d’un groupe de flibustiers excentriques et rebelles à toute autorité : les DJ de Radio Rock ! Et raconte leurs aventures à travers les yeux candides d’un jeune « passager ». « Good morning England », ou comment une bande d’ingérables énergumènes, ne jurant que par la transgression et la provocation, finiront par donner à cet adolescent une formidable leçon de convictions, de solidarité et de courage !

Un coup de chapeau côté interprétation à Bill Nighy (le directeur de la station) et à Kenneth Branagh, qui s’est visiblement régalé à interpréter le rôle d’un ministre britannique conservateur en diable. Le film dure plus de 2 h, mais on ne s’ennuie pas une seconde et on en sort avec l’envie d’acheter le CD de sa BO.

Estelle Warin