Vendredi 16 juillet. Fosse d’orchestre

« Quand il y a autant de retard un jour de première, c’est pas bon signe », me souffle ma voisine dans la file d’attente. Cassandre avait raison…

Un metteur en scène – Christophe Huysman, également auteur et comédien dans son spectacle L’Orchestre perdutravaille-t-il à ce point en autarcie pour ne pas anticiper un tel désastre ? Jamais le spectateur ne se sent concerné, à l’image du sentiment donné aussi par les comédiens. L’hémorragie du public est constante.

(suite…)

Lundi 12 juillet. Simon, Judith et les Acrobates

"Les 7 jours de Simon Labrosse"

« Il y a quelqu’un qui crie dans mon pancréas. » La confidence de Nathalie en dit long sur sa richesse intérieure ! En compagnie de Léo, poète incapable de prononcer le moindre mot positif, elle accompagne le quotidien de Simon Labrosse, héros de la dramaturge québécoise Carole Fréchette. Pour faire face à sa situation précaire dans un monde toujours plus dur, Simon va s’inventer quotidiennement des métiers improbables (finisseur de phrases, flatteur d’égo, etc.).

Le traitement décalé et poétique d’une réalité pesante est magnifiquement servi par la présence des trois comédiens. Leur virtuosité pour passer d’une situation délirante à l’autre est d’une efficacité redoutable. Ève Rouvière (Nathalie) est particulièrement remarquable en imposant des compositions brillantes et définitives de ses différents personnages.

(suite…)

Dimanche 11 juillet. Patrick Juvet et des Papes

"Papperlapapp" © Anne-Christine Poujoulat/AFP

« On ne fait pas le vin en pichet. Uniquement en bouteille à cause de l’hépatite A. » Ça c’est de la réplique, mais pas au théâtre… Ce que nous apprend d’ailleurs le théâtre, c’est que le théâtre est partout. D’abord dans les familles.

Dans  Les Langues Paternelles David Serge (alias Daniel Schneidermann ancien journaliste du Monde, aujourd’hui chroniqueur à Libération) dresse avec lucidité et tendresse le portrait de son père et de son éducation juive. Le texte est porté par un trio exceptionnel de comédiens belges (Hervé Piron, Vincent Sornaga, Renaud Van Camp). La mise en scène y est d’abord une circulation endiablée de la parole d’un personnage à l’autre interprété alternativement par tous les comédiens. Une partition pleine d’humour et d’émotions. C’est au Théâtre des Doms, qui confirme, cette année encore, la qualité de sa programmation dans le festival off.

(suite…)

Luc Reyrolle fait son festival à Avignon

Régulièrement, Luc Reyrolle, chef du service photo à Pèlerin, va nous faire part de ses impressions  à l’occasion de la 64e édition du festival d’Avignon, qui se déroule du 7 au 27 juillet.

Samedi 10 juillet.

Un éléphant et Catherine Deneuve

« Denis Polyades (sic) dans Richard III (resic), c’est trop moderne », assure péremptoire un jeune homme en terrasse.

Hé oui, tout le monde n’est pas fan de théâtre à Avignon ! Il y a même des cinéphiles, telle Edith Le Merdy, qui vante son spectacle Oh my god (mes hommages au cinéma) en jouant devant mes pâtes au pesto, un extrait de son spectacle, un dialogue en VO d’un film du japonais Ozu…

Pourquoi s’étonner quand, devant le Palais des Papes, un éléphant fait le poirier sur sa trompe ? (une oeuvre de Miquel Barcelo, photo)

« Pour Catherine Deneuve, entrez ». Non, la star n’en n’est pas encore à se produire dans le festival off. C’est juste l’auteur Pierre Notte qui se prend pour elle. Sa pièce Moi aussi je suis Catherine Deneuve est interprétée par une compagnie bordelaise. Ce sera mon premier spectacle (vite oublié…) de cette nouvelle édition qui s’annonce décidément loufoque.

(suite…)