Le grand cri d’amour de Johnny

Johnny en scène !

Johnny en scène !

Peut-être y étiez-vous, ce samedi ? Au milieu des 80 000 spectacteurs du stade de France ou parmi les 5,4 millions de personnes installées devant TF1, le concert de la dernière tournée de Johnny Hallyday, ça ne se rate pas. Pour tous, il y avait beaucoup (trop?) d’attente sur ce concert de la tournée des adieux. Alors au début, c’était pas ça. La voix du vieux rocker résonnait dans le vide et certains spectateurs, sans doute était-ce l’effet stade de France, scandaient johnny, johnny, johnny Hallyday, comme en juillet 1998, on est, on est, on est en finale.

Il a fallu attendre que la nuit tombe sur Paris pour que la chaleur monte sur le stade. Diego, libre dans sa tête, derrière sa fenêtre, s’endort peut-être. Alors que le chanteur crie « je t’aime » à Michel Berger, son ami disparu, l’arêne s’embrase enfin.A cet instant (si vous y étiez, cela ne vous a pas échappé) les titres, soigneusement choisi dans 50 ans de répertoire, ne s’enchaînent plus que pour former un grand cri d’amour.

Chanson après chanson, l’homme pudique n’en finit plus d’ouvrir son coeur à tous ceux qu’il aime comme pour s’excuser de ne pas l’avoir fait assez durant toutes ces années. Chaque mot prend valeur de symbole.  » Oh Marie, j’attendrai qu’au ciel tu viennes me retrouver / Gabriel, dix ans de chaînes, c’était ma peine forçat de l’amour. » Et enfin, il s’adresse aussi à son public:  » Mon histoire te ressemble, dans ces chansons qui nous rassemblent, même si je pars, je ne te quitte pas. »

L’émotion est à son comble. Tout le monde pleure en écoutant ces adieux. De notre côté de l’écran, l’émotion aussi est palpable. Et l’on se demande comment notre johnny national va tenir durant les quelques mois que doit encore durer sa tournée, tant il semble se consumer sur scène. Tandis qu’il disparaît sous terre (encore un symbole?), par une trappe sur la scène, le vieux rocker a l’air bien fatigué.

Marie-Eve Gualbert