Le bonheur selon « Plus belle la vie »

Le plateau de PBLV (photo : France 2)

Le plateau de PBLV (photo : France 3)

Mardi 16 juin. Le dernier épisode de la soirée spéciale de « Plus belle la vie » s’achève sur France 3, laissant les fidèles du feuilleton à succès de la chaîne sur une impression plutôt joyeuse. Les scénaristes ne sont visiblement amusés à écrire cette nouvelle salve d’inédits, suivie dans « Ce soir ou jamais » – phénomène « PBLV » oblige – d’une discussion sur la façon de vivre et de parler du bonheur dans la société actuelle.

Autour de Frédéric Taddéi, « qui ne regarde pas la télé » sont réunis, sur le plateau, un philosophe, un économiste, un neurobiologiste, un metteur en scène de théâtre… et Laurent Kerusoré, qui joue dans la série le rôle de Thomas, fils de Roland (le patron du bar du Mistral). Le débat s’annonce pointu. L’amitié du public envers ce petit microcosme marseillais réinventé chaque soir au petit écran vient-elle de son côté bon enfant ? Pas forcément, répliquent les « spécialistes ». La vie n’est pas un long fleuve tranquille au Mistral. Et les intrigues ponctuées de complots, de crimes, de jalousies…, sont là pour rappeler au téléspectateur que l’homme est un loup pour l’homme.

Au bout de quelques minutes, un sentiment domine néanmoins. A l’exception de deux d’entre-eux, divertis et bienveillants, les intellectuels invités ne connaissent pas le feuilleton. Trop populaire pour eux. Sans doute ont-il vaguement jeté un coup d’œil à l’épisode de la veille, en prévision du lendemain… Certains affirment d’ailleurs bien haut et bien fort leur volonté de ne jamais regarder « Plus belle la vie ». Ils ne sont pas faits de ce bois-là ! Dis-moi ce que tu regardes et je te dirai qui tu es… En attendant, sur le canapé du salon, le spectateur sourit. Lui, n’a probablement que faire de cette querelle « identitaire ».

Dans quelques minutes, lassé, il ira sans doute se coucher avec un bon livre. Car le spectateur de PBLV sait aussi lire. Et peut-être même se replonge-t-il parfois dans quelques classiques du feuilleton romanesque auquel la télévision doit beaucoup. Sans doute, aussi, aime-t-il le théâtre, et se montre friand de bonnes émissions quand l’air du temps y rencontre une vraie réflexion sociologique ou philosophique.

En attendant, une question reste en suspend. La jolie Samia va-t-elle enfin tomber dans les bras de son collège policier, Jean-Paul Boher (à ne pas confondre avec Jack Bauer de la série « 24 h ») ? Borné, limité à l’origine, le personnage, vit depuis quelques mois une évolution sympathique, vers un profil plus ouvert, plus touchant, plus généreux. Tous les professionnels du feuilleton vous le diront. Il n’y a pas des centaines de façon de faire bouger et durer un rôle. Le gentil devient méchant. Le méchant devient gentil… Quant-à Boher, il mériterait bien, aujourd’hui, une petite idylle. Le public en serait heureux.

Estelle Warin